Worthgate : l'hippodrome de Compiègne bradé ou pas ?

21-01-2012 15:55 - 831 visites - Flux Société, Education - Ecrit par Jef Tombeur - Lire son flux RSS
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Comparez les titres. Mediapart : « Éric Woerth a bien bradé l'hippodrome de Compiègne ». Mais dans Le Monde, cela donne « Éric Woerth aurait bien bradé… ». Il est vrai qu'il ne s'agit que de l'avis des experts désignés par la Cour de justice de la République. Le Monde les a certainement contactés pour user ainsi du conditionnel. « Bizarrement », Valérie Pécresse, approuvant la cession d'une parcelle forestière récemment, a suivi scrupuleusement toute la procédure dont s'était affranchi l'ancien ministre du Budget Woerth, l'un des maillons du Woerthgate.

Reportons-nous donc à l'original, sur Mediapart, plutôt qu'à la version du Monde (on attendra, lundi, celle de Le Huffington Post, pour comparer). Michel Deléan, de Mediapart, suit les prolongements du Woerthgate. Il signalait déjà, en décembre, que Florence Woerth avait été entendue par la CJR.
Parce qu'elle avait créé, en 2008, « une écurie très sélect, qui regroupait des femmes ayant en commun la passion hippique, un certain attrait pour la défiscalisation, et une sensibilité UMP ».
Les deux derniers termes vont rarement l'un sans l'autre…
Pour le reste, soit la passion pour les chevaux, Deléan relevait que Florence Woerth et l'épouse de Philippe Marini, l'élu UMP de l'Oise, lié, lui, au PMU et à France Galop, étaient au mieux.
Et Antoine Gilibert, le bénéficiaire de la vente de l'hippodrome de Compiègne, était au mieux avec Marini (aussi avec les résidents du Cap Nègre, résidence de la mère de Carla Bruni-Sarkozy…).

Cette fois, Mediapart, fort de la conclusion des experts devant la Cour, affirme. Les 58 hectares et le domaine de Compiègne valaient bien entre huit et dix millions d'euros. Contre 2,5 selon la police d'assurances de bons procédés entre amis d'Éric Woerth, Marini, Gilibert et consorts. Mettons neuf, pour faire simple – cadeau de l'État UMP, 6,5 millions d'euros aux frais du contribuable, qu'il faut à présent taxer pour compenser les affaires Tapie, Woerth, Bettencourt, &c.

Mais bien évidemment, cette expertise, menée par un géomètre, un forestier et un spécialiste de l'évaluation de l'immobilier, appelle une contre-expertise, si possible après les élections présidentielles, d'où le conditionnel du Monde. Car selon le conseil des Woerth, Me Le Borgne, cette affaire est « entièrement fantasmée ». Finalement, l'État aurait dû céder le tout pour l'euro symbolique, et Woerth a ferraillé pour obtenir un petit quelque chose, dirait-on.

L'argumentaire, c'est que le loyer était trop faible. La faute à qui ? Pas à Éric Woerth, mais il a eu quelques prédécesseurs RPR ou UMP au Budget. Gaymard (vous vous souvenez de la surface du gaymard, dans les 750 m²), à l'agriculture, pourtant lui aussi UMP, avait refusé la vente. « On » veut à présent lui faire dire le contraire. Pas d'estimation révisée, pas d'appel à la concurrence, et, contrairement à Pécresse à présent, une procédure accélérée effectuée en toute discrétion, soit à la discrétion du ministre Woerth.

Pourquoi ? Pas forcément pour se faire graisser la patte. Selon Mediapart, « Éric Woerth ne voulait pas contrarier son influent voisin du département de l’Oise, » le sénateur-maire de Compiègne, Marini. Heureusement que Sarkozy n'avait pas de visées sur les forêts des Landes ou des pinèdes dans les Alpes-Maritimes ou en Corse. Ou que Bernard Tapie n'avait des envies de cabanes dans les arbres…

Cela n'a rien à voir, bien sûr. Mediapart titre aussi sur des investitures de l'UMP « au mépris du terrain ». Mais non, mais non. Marini et Woerth sont fort bien implantés. Le terrain, c'est leur dada. Tiens, et Arno Klarsfeld, une petite écurie ne lui siérait-elle pas ? On devrait lui céder les Buttes-Chaumont pour entraîner ses pur-sangs.

Mais, pour l'avocat de Woerth, Me Jean-Yves Le Borgne, Mediapart aurait arrangé sa présentation des sommes. C'est en fonction des bâtiments que le terrain vaudrait trois fois la valeur du montant de la vente. Bâtiments qui auraient été édifiés par la Société des courses : « on n'allait pas faire payer deux fois l'acquéreur », conclut-il. Ah bon, la Société des courses pouvait se payer, sans aides, sans rien, ni subventions, ni prêts aidés, &c., de tels bâtiments pour une telle somme ? Damned, dans ce cas, elle aurait pu proposer une somme supérieure pour le terrain, non ? 






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