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Woerthgate : noyez-le, il remonte… au galop |
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| 20-07-2010 18:54 - 3092 visites - Flux Ecologie, Animaux, Nature - Ecrit par Jef Tombeur - Lire son flux RSS | |
Étonnant article, ce 20 juillet 2010, sur le site du Monde. Nabil Wakim développe – et étaye – en deux pages la thèse qu’Éric Woerth aurait fait céder par les Domaines la partie de la forêt de Compiègne acquise par la Société des courses de Compiègne en toute légalité et à un prix avantageux. Ce n’est pourtant pas tout à fait l’avis de Pascal Mureau, du Courrier Picard. On en retiendra qu’Éric Woerth, qui avait été épinglé par la Cour des comptes de Picardie en 1992, aura retenu la leçon…
Non, Nabil Wakim n’a pas reçu 400 000 euros des nouveaux patrons du Monde pour rédiger un article complaisant et écarter les menaces pesant sur l’imprimerie du quotidien (Le Monde Imprimerie, LMI, qui a perdu l’impression du quotidien de Bolloré Média, Direct Matin, et qui risque de perdre celle du Journal du dimanche de Lagardère). Oui, l’ex-comptable de Liliane Bettancourt a bien reçu 400 000 euros de « prime de départ » de la part de la fille de l’héritière de la majorité des parts de l’Oréal. Parce que Nabil Wakim n’avait vraiment rien d’autre à dire que de compiler les arguments déjà avancés ailleurs pour laver Éric Woerth de tout soupçon de favoritisme ?
Alors que, quoi que puisse en dire son avocat, l’ex-comptable aurait eu des choses nouvelles à dire qu’elle taisait jusque là ? Non, pas plus qu’on pourrait accréditer que Nicolas Sarközy aurait menacé de remettre en cause les aides publiques destinées à LMI, on ne peut croire que, chez « ces gens-là », les consciences s’achetassent si facilement. Nabil Wakim voudra sans doute nonobstant admettre de bon gré qu’au final, son article donne l’impression que ces faits ne sont pas des maladresses, mais qu’ils auraient été dictés par les circonstances. C’est un article « équilibré » et seul le titre, qui n’est pas forcément du rédacteur, mais sans doute d’un secrétaire de rédaction ou d’un redchef, prête à controverse.
Pourquoi donc l’État ne pouvait-il envisager de relever le loyer (45 000 euros annuels) que la Société des courses de Compiègne acquittait, et obtenir un bien meilleur rendement locatif qu’un taux annuel de 2 % ? Quel est au juste le taux annuel que la Société des courses obtenait de son sous-locataire, le golf jouxtant l’hippodrome ? Citer Philippe Marini, sénateur-maire UMP de Compiègne, par ailleurs très lié à l’univers des casinos, des jeux, qui estime que « le microcosme local » trouvait le prix de cession trop élevé, c’est tout à fait normal. C’est une opinion, il en est d’autres. Tout est sans doute, finalement, légal, comme l’estime un avocat spécialiste du droit public. Mais dire que « les gens susceptibles d’acheter un hippodrome en appel d’offres se comptent sur les doigts d’une main, » opinion de Michel Chavet, expert forestier, est quelque peu réducteur. Même sur les doigts d’une main, si on peut y compter Sheldon Adelson, « empereur des casinos » (selon Le Monde Magazine), patron du Venetian Macao qui génère un chiffre d’affaires d’un million de dollars (ou d’euros) à l’heure, cela ne vaut-il pas la peine de sonder d’autres acheteurs potentiels.
On ne saura jamais qui aurait pu être approché pour s’intéresser au domaine de Compiègne. Il est possible que l’Aga Khan, qui a déjà beaucoup fait pour l’hippodrome, ait décliné l’offre, car il semble impensable qu’il ait été tenu totalement à l’écart de cette vente et aucunement informé de sa future réalisation rapide.
En titrant, ce 20 juillet, « Woerth-Gilibert, le ticket gagnant ? » (ni Pascal Mureau, ni Didier Louis, son redchef, ne se mouillent vraiment avec un tel titre, mais c’est courageux), Le Courrier Picard enfonce cependant quelques clous dans le tapis. Antoine Gilibert est un proche de Philippe Marini. Il se défend de connaître personnellement Éric Woerth. Mais si on lit entre les lignes de l’article, on s’étonne que l’ex-trésorier de l’UMP ne l’ait pas sollicité pour son Premier cercle, celui des donateurs privilégiés, régulièrement honoré de visites présidentielles. On comprend que Gilibert n’a pas seulement côtoyé par hasard la fondatrice de l’écurie Diam’s, Florence Woerth. On se doute que ce « particulier », estimé être propriétaire de deux centaines d’appartements « rien qu’à Compiègne », n’est pas étranger à l’univers de l’immobilier, de la gestion des fortunes. Il dirige sept sociétés immobilières et directement ou par le biais de sociétés diverses, dont celle de sa sœur, Anne-Marie Ligier-Gilibert, la Sofipari (rien à voir avec le PMU, c’est une société financière d’investissement), il gère des maisons de retraites très huppées. Le prix du domaine regroupant hippodrome et golf, acquis 2,5 millions d’euros, est estimé « frisant l’indécence » car il est situé « à deux pas du “triangle d’or” de l’orée de la forêt de Compiègne, où la moindre parcelle s’arrache… à prix d’or. ». Ou de diamant ou platine car en fait, les limites du marché sont sans cesse relevées. On paye, comme à Saint-Nom-la-Bretêche, la proximité des grands et des puissants de l’industrie, de la finance, du grand commerce, de l’import-export, et ce qui semblerait « hors de prix » est en fait un sûr investissement.
Au golf de Compiègne, comme à celui de Chantilly, garer un 4x4 Logan, trop peu cher, pour aller prendre un apéritif au club house serait le plus sûr moyen de se voir décliner une adhésion (il n’y a que 550 adhérents pouvant parcourir les 36 trous à l’année du Club des Lys, mais si la cotisation était passée, en 1997, de 50 000 à 25 000 francs, elle n’est ni négociable, ni acquise d’office). Édouard de Rothschild vient s’y détendre en voisin, on n’y a pas admis André Rousselet (taxis G7), ni même Yves Saint-Martin (jockey célèbre), et François Mitterrand a été diplomatiquement dissuadé d’adhérer. Les règles se sont, depuis, largement démocratisées, mais point trop n’en faut. Or, scandale, ce lieu privilégié serait menacé.
Il n’est pas sûr que le prochain président de l’association du Club des Lys soit, comme le suppute Pascal Mureau, « un ami d’Antoine Gilibert » (ni d’Éric Woerth ou du sénateur Marini).
En fait, pour savoir si, oui ou non, Éric Woerth aurait commis des indélicatesses (au sens large, légal ou moral, couvertes ou non par le « bouclier moral »), autant s’en remettre à Paul le Poulpe. Selon des internautes blagueurs, il aurait été sollicité par le procureur Courroye pour déterminer l’implication d’Éric Woerth dans le Woerthgate. Une certaine presse en ligne ne recule devant rien. C’est donc bien sûr pour nous en indigner que nous produisons ce photomontage indécent (mais l’information de nos lectrices et lecteurs l’exige : il faut rendre compte de ces excès inspirés peut-être par des Eva Joly de tout crin que Florence Woerth poursuit en diffamation pour faire éclater la vérité). Remettons-en nous plutôt à Claude Guéant, secrétaire général de l’Élysée, qui a procédé au commentaire des dépositions de Patrice de Maistre lors de sa garde à vue.
On saura, demain mercredi, à l’issue du conseil des ministres, s’il est vraiment indispensable ou totalement qu’Éric Woerth soit entendu en garde à vue pour faire valoir sa version des faits. Penser qu’il soit intervenu pour que Liliane Bettencourt ne soit imposée qu’au taux de 9 % est parfaitement incongru : c’est parfaitement légal, nulle intervention n’était nécessaire. Et puis, finalement, Paul le Pouple ne s’est certainement pas trompé en innocentant formellement Éric Woerth… Imaginer le contraire relève de la pure mauvaise foi. Chevaux ou autres, les animaux sont nos plus fidèles amis, et ceux du couple Woerth aussi…
Commentaires (7)
Jef Tombeur a dit:
Jef Tombeur a dit:Veritas a dit:Jef Tombeur a dit:
lavandou tribune a dit:Ecrivez un commentaire
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