Le 25 février, un juge bloquait la construction du barrage hydroélectrique de Belo Monte dans la forêt amazonienne brésilienne, car il estimait que cet ouvrage d'art ne respectait pas les normes environnementales.
En effet, alors que les permis de bâtir de l'usine hydroélectrique n'ont même pas encore été accordés, l’Institut Brésilien de l’Environnement et des Ressources Naturelles Renouvelables (IBAMA) avait donné son feu vert pour la déforestation du site et la préparation du terrain. Heureusement, à la fin du mois passé, la justice ordonnait la suspension de cette autorisation partielle tant que 29 mesures préalables, établies par l'IBAMA lui-même, ne seraient pas réalisées.
Mais, selon la BBC, une cour supérieure de justice a annulé cette décision en jugeant qu'il n'était pas nécessaire de respecter toutes les normes pour commencer les travaux ! Ainsi, ces derniers vont reprendre alors que les critiques affirment qu'ils mettent en péril la faune et la flore, et, ce qui est plus grave, qu'ils vont également déplacer des milliers d'Indiens en les chassant de leurs terres ancestrales (on estime le nombre d'indigènes déplacés par ce projet à 25.000).
Même si le projet a déjà été stoppé à trois reprises, dont une en avril 2010 pour inconstitutionnalité au regard des dispositions nationales protégeant les territoires des Indiens amazoniens — mais ce jugement avait été cassé le jour même — on peut craindre que les protestations des écologistes et des Indiens risquent de ne plus être entendues, car la construction du barrage de Belo Monte est la pierre angulaire du programme de la nouvelle présidente Dilma Rousseff qui veut renforcer et moderniser l'infrastructure énergétique du Brésil.
Le barrage de Belo Monte avec sa production maximale de 11.233 mégawatts (MW) via 72 turbines et ses six kilomètres de longueur devrait être le troisième plus important complexe hydroélectrique du monde.
Si la construction du barrage de Belo Monte est menée à son terme, le lac servant de réservoir devrait couvrir 500 kilomètres carrés et la production d'électricité de Belo Monte devrait alimenter 35 millions de foyers.
La construction de ce barrage devrait également fournir du travail à environ 18.000 personnes de manière directe et à 80.000 de manière indirecte ; après la fin des travaux, le nombre d'emplois permanents devrait être de 2 000.
Il faut savoir également que ce projet devrait assurer de l'emploi en France puisque le groupe d’ingénierie et de transport ALSTOM vient de signer un contrat portant sur la fourniture d’équipements pour environ 500 millions d’euros avec la compagnie brésilienne Norte Energia responsable de la construction du barrage, travaux qui devraient être achevés en 2019.
Encore une fois nous avons deux visions du monde qui s'affrontent et si l'ancien président Luiz Inacio Lula n'avait pas brillé pour ses efforts dans le domaine de la protection de la forêt amazonienne, sa successeure Dilma Rousseff semble favoriser le développement économique plutôt que la protection de l'environnement et des populations indigènes. Le jeu en vaut-il la chandelle ?
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Je ne suis pas assez documenté pour apporter une opinion, sinon de dire qu'à chaque fois que l'homme a blessé ou détruit la nature, celle-ci s'est toujours vengée en reprenant tôt ou tard ses droits, et en détruisant la vie de milliers d'êtres humains. Que je sache, les habitants de cette forêt amazonienne respectent et honore Dame Nature. et cette Dame Nature les a toujours nourris et protégés. Une leçon pour les autres humains?