Il y a déjà les chiffres de vente des poupées. La société d’études NPD Group a dévoilé récemment dans son étude « Jeux et jouets » que le marché des poupées mannequins (la famille des poupées Barbie) a connu une baisse de 10,5 % en 2008. La plus forte chute dans la grande famille des poupées.
Concurrence de nouvelles venues : les poupées Bratz, dont le style volontairement trash entend donner un coup de vieux à la très policée Barbie… Et voilà que Barbie et Bratz s’affrontent par leurs fabricants interposés devant la justice… Pauvre Barbie, elle à qui ses concepteurs ont pourtant fait un joli cadeau d’anniversaire : un musée dédiée à la star, à Malibu, qui prend la forme d’une maison de plus de 300 m², avec, bien-sûr, New Beetle rose dans le garage. Et un magasin géant de 3800 m² à Shanghaï, histoire de lui faire rencontrer plein de nouvelles amies : les petites filles chinoises, qui ne la connaissent pas encore vraiment.
Concurrence, aussi, d’autres types de jeux, Internet, consoles et compagnie ?
Pas forcément : dans le même temps, les poupées à pouponner ont progressé de près de 8 %, et les figurines de plus de 20 %.
Le problème est plus symptomatique d’une évolution de la société. Ce n’est pas que « le jouet poupées » serait devenu ringard; globalement le marché des poupées est stable.
L’explication du déclin de Barbie est plus à rechercher du côté d’une tendance de fond, qui donne la part belle aux histoires toutes faites plutôt qu’aux histoires à construire.
Comparons. Une poupée à pouponner : l’histoire est fournie avec l’objet, elle consiste à pouponner un point c’est tout, pas besoin de chercher plus loin. Les figurines ? Elles sont attachées à des personnages de dessins animés, de séries télé; là aussi, l’histoire est fournie avec, il suffit de reproduire ce qui est passé à la télé. Avec Barbie, par contre, c’est différent : aucun scénario tout fait n’est fourni ; tout est à construire, l’histoire est à élaborer de A à Z à partir des accessoires et costumes. Un avatar de la société de consommation ? Sans doute.
Mais le pire est venu de l’Active Life Movement, une organisation qui lutte contre l’obésité : elle a adapté la morphologie de Barbie au monde d’aujourd’hui. Et voilà ce que ça donne.
Bon, Superman et d’autres y ont également eu droit, mais pas sûr que cela console Barbie et ses concepteurs.
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