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Téléphone portable : la mise en garde de vingt éminents scientifiques |
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| 16-06-2008 15:26 - 3173 visites - Flux Ecologie, Animaux, Nature - Ecrit par Olivier Bonnet - Lire son flux RSS | |
"Nous
sommes aujourd’hui dans la même situation qu’il y a cinquante ans pour
l’amiante et le tabac. Soit on ne fait rien, et on accepte un risque,
soit on admet qu’il y a un faisceau d’arguments scientifiques
inquiétants" : Thierry Bouillet, cancérologue à l’hôpital Avicenne de Bobigny, a signé l’Appel des vingt contre le portable, coordonné par David Servan-Schreiber, professeur de psychiatrie à l’université de Pittsburgh, dans le Journal du dimanche qui le résume ainsi : "Dans leur liste de dix précautions à prendre, "basiques" selon
eux mais tout de même radicales, ils vont jusqu’à demander aux parents
d’enfants de moins de 12 ans d’interdire tout accès aux portables à
leur progéniture, sauf en cas d’urgence.
Le noyau dur des cancérologues rassemblés pour cet appel connaît le psychiatre David Servan-Schreiber depuis la sortie d’Anticancer. "Il nous avait réunis pour nous présenter son travail, poursuit Thierry Bouillet. Pour ne pas qu’on le détruise dans la presse sans savoir ce qu’il en était. On partait tous avec un mauvais préjugé, c’est quelqu’un de très controversé. Mais nous avons été conquis." Dès aujourd’hui, on peut retrouver sur Guerir.fr, le site de David Servan-Schreiber, un comparatif du niveau des ondes électromagnétiques émises par les différents modèles de portables." Au nom du principe de précaution "Les champs magnétiques émis par les téléphones portables doivent être pris en compte en matière de santé, écrivent les vingt scientifiques, parmi lesquels le président de la Ligue nationale contre le cancer, le professeur Henri Pujol. Les études disponibles mettent en évidence une pénétration significative des champs électromagnétiques des téléphones portables dans le corps humain, divers effets biologiques des champs électromagnétiques même en dessous des seuils de puissance imposés par les normes de sécurité européennes, une association probable avec certaines tumeurs bénignes (neurinomes du nerf acoustique) et certains cancers du cerveau, plus marquée du coté d’utilisation de l’appareil. Dans l’attente de données définitives portant sur des périodes d’observations prolongées, les résultats imposent que l’on fasse part aux utilisateurs des mesures les plus importantes de précaution".
Quels sont ces "dix commandements" ?
communiqué commun : "Les associations se félicitent d’une telle prise de position et appellent le ministère de la Santé à agir en conséquence.
Selon les associations, ce premier appel lancé à l’initiative de
membres éminents du monde médical français sur les risques liés à la
téléphonie mobile, constitue une alerte de plus qui nécessite une
réponse immédiate des autorités publiques en charge de la santé. Les associations constatent avec amertume que la loi-cadre Grenelle demeure quasi muette sur ce sujet de santé publique.
Depuis plusieurs années déjà, Priartem et Agir pour l’Environnement
tentent d’obtenir des pouvoirs publics le lancement de campagnes
d’informations sur les risques potentiels liés à l’usage du portable,
l’interdiction de la commercialisation des téléphones portables
spécifiquement destinés aux enfants, l’interdiction des campagnes
promotionnelles des opérateurs à destination des jeunes ainsi qu’un
abaissement des normes réglementaires actuellement en vigueur. Malgré
les promesses électorales du Président de la république concernant,
notamment la commercialisation des portables destinés aux enfants,
aucune mesure n’a été prise, hormis la diffusion d’un communiqué de
presse, le 2 janvier sur la nécessité d’appliquer le principe de
précaution. Pour les associations, une simple communication
institutionnelle ne peut pas se substituer à l’action politique. Les
associations considèrent que la comparaison qui revient de plus en plus
systématiquement dans l’expression des scientifiques avec le tabac
incite à mobiliser des moyens analogues de sensibilisation aux risques
afin de favoriser l’adoption d’une consommation plus raisonnée du
portable. Un certain nombre de spécialistes constatent, en effet, déjà
la multiplication des conduites addictives au portable, tout
particulièrement chez les adolescents. Une recherche récente d’un
spécialiste du sommeil (G. Brade, Suède) a montré que cette addiction
semblait avoir des répercussions sur l’équilibre comportemental de
ceux-ci (troubles du sommeil, irritabilité et agressivité, conduites à
risques). Seules des campagnes officielles, relayées dans les milieux
scolaires par des programmes appropriés du type de ceux qui ont été
réalisés sur le tabac ou la nutrition par exemple, pourront permettre
de retourner cette tendance. Priartem et Agir pour
l’environnement appellent les ministres de la santé et de l’écologie à
tout mettre en ouvre pour éviter que le téléphone portable soit le
prochain et plus important scandale de santé publique."
Quels sont les dangers ?
Pourquoi alors un tel laisser-faire de la part de l’État ? C’est que les opérateurs influencent les experts pour proclamer une dangerosité nulle : "En France, le travail de l’Afsset, l’agence publique qui a réalisé les deux derniers rapports officiels sur le sujet, a été désavoué par ses ministères de tutelle, rappellent Yann Philippin et Soazig Quemener dans leur article du JDD. Quatre des dix experts du rapport de 2005 avaient des liens directs ou indirects avec des opérateurs, tandis que des experts du rapport de 2003 avaient plaidé pour le faible danger du mobile dans un supplément publicitaire d’Impact Medecine financé par France Télécom." Dissimulation des dangers potentiels par les opérateurs et complicité des pouvoirs publics : combien de tumeurs dans vingt ans ? PS : L’illustration "forfait tumeur" vient du blog de Laurent Vermot-Gauchy.
Olivier Bonnet est journaliste indépendant, blogueur de Plume de presse et auteur de Sarkozy, la grande manipulation (Editions Les points sur les i, mai 2008).
Commentaires (12)
Vartan a dit:
VAUTIER a dit:new reporter a dit:
new reporter a dit:
ginko a dit:
new reporter a dit:
Veritas a dit:
Olivier Bonnet a dit:new reporter a dit:Annie H a dit:
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"Nous
sommes aujourd’hui dans la même situation qu’il y a cinquante ans pour
l’amiante et le tabac. Soit on ne fait rien, et on accepte un risque,
soit on admet qu’il y a un faisceau d’arguments scientifiques
inquiétants" : Thierry Bouillet, cancérologue à l’hôpital Avicenne de Bobigny, a signé l’Appel des vingt contre le portable, coordonné par David Servan-Schreiber, professeur de psychiatrie à l’université de Pittsburgh, dans le Journal du dimanche 

communiqué commun : "Les associations se félicitent d’une telle prise de position et appellent le ministère de la Santé à agir en conséquence.
Selon les associations, ce premier appel lancé à l’initiative de
membres éminents du monde médical français sur les risques liés à la
téléphonie mobile, constitue une alerte de plus qui nécessite une
réponse immédiate des autorités publiques en charge de la santé. Les associations constatent avec amertume que la loi-cadre Grenelle demeure quasi muette sur ce sujet de santé publique.
Depuis plusieurs années déjà, Priartem et Agir pour l’Environnement
tentent d’obtenir des pouvoirs publics le lancement de campagnes
d’informations sur les risques potentiels liés à l’usage du portable,
l’interdiction de la commercialisation des téléphones portables
spécifiquement destinés aux enfants, l’interdiction des campagnes
promotionnelles des opérateurs à destination des jeunes ainsi qu’un
abaissement des normes réglementaires actuellement en vigueur. Malgré
les promesses électorales du Président de la république concernant,
notamment la commercialisation des portables destinés aux enfants,
aucune mesure n’a été prise, hormis la diffusion d’un communiqué de
presse, le 2 janvier sur la nécessité d’appliquer le principe de
précaution. Pour les associations, une simple communication
institutionnelle ne peut pas se substituer à l’action politique. Les
associations considèrent que la comparaison qui revient de plus en plus
systématiquement dans l’expression des scientifiques avec le tabac
incite à mobiliser des moyens analogues de sensibilisation aux risques
afin de favoriser l’adoption d’une consommation plus raisonnée du
portable. Un certain nombre de spécialistes constatent, en effet, déjà
la multiplication des conduites addictives au portable, tout
particulièrement chez les adolescents. Une recherche récente d’un
spécialiste du sommeil (G. Brade, Suède) a montré que cette addiction
semblait avoir des répercussions sur l’équilibre comportemental de
ceux-ci (troubles du sommeil, irritabilité et agressivité, conduites à
risques). Seules des campagnes officielles, relayées dans les milieux
scolaires par des programmes appropriés du type de ceux qui ont été
réalisés sur le tabac ou la nutrition par exemple, pourront permettre
de retourner cette tendance. Priartem et Agir pour
l’environnement appellent les ministres de la santé et de l’écologie à
tout mettre en ouvre pour éviter que le téléphone portable soit le
prochain et plus important scandale de santé publique."
"Les scientifiques s’accordent sur deux choses, explique le JDD : il
n’y a pas de preuve formelle de la nocivité du portable, mais un risque
existe qu’il favorise l’apparition de cancers en cas d’exposition à
long terme. On constate en revanche des divergences profondes entre
chercheurs sur le niveau de ce risque, qualifié de "faible" par le ministère de la Santé. Une étude suédoise montre que le risque d’avoir une tumeur cancéreuse du côté où l’on téléphone est multiplié par deux au bout de dix ans. Le rapport américain BioInitiave ajoute qu’il y a également un risque significatif d’augmentation des leucémies infantiles et des troubles neurologiques
(dont l’Alzheimer). Des résultats contestés par les partisans du risque
faible, qui les estiment pas assez rigoureuses. Les chercheurs comptent
sur Interphone, la première étude épidémiologique de grande ampleur
menée dans 13 pays. Son volet français a déjà conclu qu’il y a "une tendance générale à un risque accru de gliomes (tumeurs cancéreuses) chez les gros utilisateurs", mais précise que ces résultats ne sont "pas statistiquement significatifs". Les résultats définitifs, attendus cette année, devraient permettre d’y voir plus clair."
