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Taxe carbone : la déception |
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| 15-09-2009 01:07 - 1398 visites - Flux Ecologie, Animaux, Nature - Ecrit par fabien - Lire son flux RSS | |
La taxe carbone a défrayé la chronique, semant la zizanie à peu près partout sur l'échiquier politique. Nicolas Sarkozy a rendu les "arbitrages" finaux cette semaine, confirmant notre pressentiment d'une occasion ratée.
1/ Il s’agit de se préparer à une augmentation irrémédiable du prix des énergies fossiles, en lissant cette augmentation, plutôt que de laisser les ménages, et notamment les plus pauvres, se débrouiller tout seuls en cas d’augmentation brutale des prix. 2/ L’énergie n’est pas payée à son juste prix, alors que la consommation de matières premières rejetant du CO2 a des conséquences nuisibles pour l’économie (c’est ce qu’on appelle des « externalités négatives », c’est-à-dire des effets indirects non pris en compte dans le prix payé). La journaliste Jade Lingaard rappelle que contrairement aux idées reçues, le poids de la fiscalité par litre de carburant a légèrement diminué entre 1960 et 2006. « Depuis 50 ans, résume-t-elle, le bas prix de l'énergie a dicté notre modèle de développement en le rendant dépendant du pétrole, et a piégé les classes moyennes dans des banlieues pavillonnaires de plus en plus éloignées des centres-villes. C'est ce mode de vie et de travail qui entre aujourd'hui en crise, même sans la taxe carbone » (1). 3/ Le renchérissement du coût du carbone a pour but de modifier nos comportements, afin de « décarboner » l’économie : il s’agit d’un outil à notre disposition pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Non seulement les ménages sont incités à moins consommer, pour réduire leur taxe, mais cela peut potentiellement les encourager à faire travailler les entreprises spécialisées dans le secteur des économies d’énergie.
Pour qu’elle soit juste, il fallait compenser la perte du pouvoir d’achat, notamment pour les plus défavorisés, et ceux qui n’ont pas le choix de leur consommation (ceux qui habitent en zone rurale ou périurbaine, par exemple). La meilleure solution consistait en un « chèque vert » forfaitaire, c’est-à-dire un montant moyen et identique reversé à chaque ménage, et en une baisse des cotisations sociales pour les entreprises concernées par le dispositif. Contrairement à ce qu’ont pu dire certains à gauche, un montant forfaitaire ne serait pas inéquitable, mais au contraire redistributif : des prévisions réalisées par l’Ademe (2) montrent ainsi que les 20% des ménages les plus pauvres habitant en zone rurale toucheraient plus d’argent que ce que leur coûterait la taxe, ce qui serait aussi le cas pour la moitié des ménages urbains. Par ailleurs, la mise en place d’une telle taxe devrait s’accompagner d’une politique plus forte en faveur des transports collectifs sobres en énergie (réhabiliter les lignes ferroviaires transversales permettrait par exemple de désenclaver certaines zones). Or, la redistribution annoncée par Nicolas Sarkozy semble encore floue, mélange de chèques et de réductions d’impôt (même pour ceux bénéficiant du bouclier fiscal ?), et surtout d’exonération de taxe professionnelle pour les entreprises assujetties, ce qui s’assimile à un coup de poignard dans le dos des collectivités locales, qui y trouvent là une source importante de financement. Un calcul plutôt mauvais, car les collectivités sont celles qui participent le plus aux investissements publics pouvant soutenir l’activité en ces temps de crise économique…
Commentaires (8)
ANDREA a dit:
Veritas a dit:Veritas a dit:
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Veritas a dit:
fabien a dit:
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