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Tabarkagate : la Carmagnole, version tunisienne |
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| 03-02-2011 15:44 - 2443 visites - Flux People, Jet Set - Ecrit par Jef Tombeur - Lire son flux RSS | |
Le précédent Besson n'a pas trop réussi à l'ex-ministre des expulsions. Il avait produit à Bakchich des factures et des relevés de carte de crédit pour tenter d'établir qu'il avait bien réglé de ses deniers son escapade matrimoniale à Capri. Avec ce qui est désormais son Tabarkagate, MAM n'est pas allée aussi loin. Dans un premier temps, elle ne sait plus qui a réglé la note de ses séjours tunisiens, ni sous quel nom, dans un second, qui tarde à se concrétiser, elle jure faire toute la lumière sur ses relations tunisiennes. N'empêche, depuis, le soir, dans les villas de Sidi Bou et Gammarth, on parodie La Carmagnole en évoquant une certaine MAM-la-gaffe.
Une autre hypothèse franco-tunisienne, qui justifierait la dénomination Tabarkagate, calquée sur Woerthgate ou Karachigate, serait que MAM aurait profité de son séjour pour ramener, tel un Sarkozy de Tripoli ou de Brasilia, des montages pour fourguer soit des Mirage, soit des Rafale, à l'armée de l'air tunisienne. Soit qu'elle se serait elle-même missionnée pour trouver les bons intermédiaires. Ne ramener qu'une commande de matériels militarisés de maintien de l'ordre est, par comparaison, un fiasco, mais c'était déjà cela de pris. En fait, rien ne le prouve, rien ne l'établit. Mais la rue tunisienne, privée si longtemps d'informations fiables, bruisse désormais des rumeurs les plus fantaisistes. D'ailleurs, pas que la rue tunisienne, celles des quartiers et banlieues françaises où se disperse la communauté tunisienne de France, ne sont pas en reste.
En fait, tout comme Carla B., à laquelle Frédéric Pagès, du Canard, attribue (à la hussarde), cette phrase qui collera aux basques de Carla Bruni-Sarkozy, « Frédéric Mitterrand m'avait convaincue que le bénalisme était un humanisme », MAM passe surtout pour une sotte, internationalement. Rien n'est plus faux pour Carlita, ainsi décrite par le porte-manteaux de haute couture Tasha de Vasconcelos, d'Aide mondiale orphelins réconfort, dans son autobiographie Beauty as a weapon : « une machine infatigable, terriblement efficace, à la précision d'une armée de robots. ». Et elle en rajoute : « Avec elle, pas d'états d'âme, pas de sentimentalité superflue, les affaires, rien que les affaires… » (adaptation de mon cru que je préfère à d'autres). C'est vraiment stupide d'avoir nommé une gourde telle Alliot-Marie et non pas une flêche, telle Carla Bruni, aux Affaires étrangères.
On oublie un peu trop facilement qu'Ollier, et quelques autres, avec Éric Raoult, président du Groupe parlementaire d'amitié France-Tunisie (mais aussi de l'Association des élus amis d'Israël, et ce rapprochement n'est nullement fortuit), ne sont pas seulement des amis de Ben Ali. Ollier préside, lui, le Groupe d'amitié France-Libye et Kadhafi était plus qu'ami-ami avec Ben Ali, ils étaient aussi en affaires (dans l'import-export, notamment). Évoquer un Tabarkagate, du nom de la seconde ville de résidence tunisienne du couple Ollier-MAM, n'est pas tout à fait inexact, ce n'est sans doute qu'un exagérée extrapolation. En tout cas, Patrick Ollier qui, en France, veut absolument faire sauter le quota d'un cinquième de logements sociaux dans les communes, était au mieux avec les promoteurs immobiliers tunisiens. Fillon a assuré MAM de sa confiance, tout comme il l'avait fait pour Éric Woerth. Cela augure mal de la suite. Il serait bon, en effet, de faire un exemple symbolique. Car sinon, le déballage pourrait continuer. Le JDD de Lagardère rapporte les propos de Ridha Kefi, redchef de Kapitalis : la proximité entre les pouvoirs sarkozyens et benaliens « est politique, elle est dans les affaires, dans tous les secteurs. C'est la licence Orange accordée à un proche de Ben Ali. C'est Carrefour, c'est Géant… ». On peut comprendre que MAM ait eu aussi envie d'être gourmande. Ridha Kefi estime aussi que MAM aurait dû démissionner car « à ce niveau là, on ne peut pas se laisser prendre la main dans le sac… ».
C'est en fait à ce niveau qu'il faut situer le véritable Tabarkagate. Comment les chancelleries pourraient-elles encore prendre au sérieux une telle truffe. Sa démission n'est pas qu'une question de morale, mais d'efficacité. Baroin a estimé que le Tabarkagate était clos avant même d'avoir été ouvert. En France, peut-être. À l'étranger, malheureusement, il croît et enlaidit. Même de (relativement) petits titres comme le Schweizer Fernsehen vont finir par se payer la trombine de MAM. Certes, quand Salman Al Khalifa, souverain du Bahreïn est reçu à l'Élysée, MAM est conviée encore à faire la plante verte dans le décor. Mais la voit-on encore mener des discussions sur des sanctions contre l'Iran, pour ne citer que cet exemple ? Ce n'est pas en raison d'une éventuelle forfaiture (mensonge d'un fonctionnaire ou ministre), qui, si tant était qu'elle aurait existé risquerait de n'être jamais établie, que Michèle Alliot-Marie doit démissionner. C'est parce qu'elle n'est plus crédible, nulle part, même pas sans doute dans les cercles dirigeants de l'UMP. Mais revenons au précédent Besson… Que Michèle Alliot-Marie produise donc son bon de réservation sur Tunisair pour elle, son Roméo et les siens. Qu'on sache si c'est Amex, une autre agence, elle-même ou l'une de ses secrétaires qui l'auraient passé. Cela ne changerait rien au fond de l'affaire mais au moins, démissionnaire, pourrait-elle partir plus crédible se faire réélire à Biarritz, et débarrasser la scène internationale de sa personne .
Commentaires (2)
Jef Tombeur a dit:peu_importe a dit:
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Les Tunisiennes et Tunisiens prononcent le français, au moins pour la majorité de celles et ceux appartenant à la classe moyenne ou un peu supérieurement éduquée, beaucoup, beaucoup mieux que, ce n'est qu'un exemple, Nicolas Sarkozy. N'empêche, en lisant à haute voix le surnom attribué par Le Canard enchaîné à Michèle Alliot-Marie, MAM-la-Gaffe, ils n'ont plus s'empêcher de s'entendre dire « Madame Lagaffe ». Et c'était parti… 