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Séguin, Mano Solo, Rohmer... un adieu groupé |
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| 13-01-2010 22:24 - 2098 visites - Flux Tribune libre - Ecrit par Kyna - Lire son flux RSS | |
« C'est comme s'ils ne voulaient pas partir tous seul, comme s'ils avaient décidé de partir ensemble », c'est ce que m'a dit une copine alors que je lui faisais part de ces trois départs qui m'avaient touchée en ce début d'année... Ce sont trois dates qui resteront dans les archives de ce mois de janvier 2010 où se sont éteintes trois personnalités françaises, de tranches d'âge, et de métiers très différents. Politicien, chanteur et cinéaste, de 66, 46 et 89 ans respectivement. Un point commun les reliait : la notoriété publique. Et si j'osais le dire (pourquoi pas ?)..., un deuxième point commun serait de l'ordre de l'estime et la sympathie suscitée parmi les gens. Cette idée que chacun d'entre eux aurait été moins seul en partant m'a réconfortée. Séguin fut le premier, avec son franc-parler énergique. Ce fut le choc d'une mort subite et inattendue. Suivit ensuite Mano Solo avec ses chansons déchirantes. Ce fut le choc d'une mort qui ne semblait plus tout à fait aux aguets. Puis enchaina Rohmer, avec ces films-bijoux. Ce fut le choc d'une troisième mort dans la foulée, celle de quelqu'un qu'on croyait devenu immortel. J'écoute « je suis venu vous voir », en boucle, depuis ce dimanche fatidique où Mano Solo nous a quittés. Je verse des larmes et parfois même je me laisse sangloter en l'écoutant. Je ne suis pas allée à son dernier concert en novembre à l'Olympia de Paris, me disant que j'irais à la prochaine occasion. On lui aurait trouvé ce jour-là une énergie et un enthousiasme remarquables. D'après un des plus fervents de ses fans que je connaisse, il eut des fois, il a des années de cela, où Mano chantait assis comme pour reprendre sa voix qui tremblait, en plein milieu d'un concert, il faisait vibrer un public fidèle qui retenait son souffle. J'ai découvert le dernier film d'Éric Rohmer (Les Amours d'Astrée et de Céladon) seulement l'année dernière. Une fresque que j'ai trouvé limpide de nature, verdure et simplicité... des dialogues empreints de magie solennelle, comme au théâtre, mais avec un décor bucolique, en vrai !... Et tout ça, sur mon écran de télé. Surprenant, touchant, voire déroutant pour ceux qui connaissaient ses films précédents. Difficile de croire que c'est du Rohmer m'a confié un admirateur inconditionnel de son œuvre, dont le film préféré est Conte d'été . Une découverte sans cesse renouvelée pour qui décide de revenir sur l'ouvre d'une vie, sur un demi-siècle de cinéma « roméhrien ». Fabrice Luchini, dans son dernier spectacle Le point sur Robert, raconte avec une certaine aigreur comment la finesse, la richesse et la délicatesse de Perceval le Gallois étaient en quelque sorte restées inaccessibles à une certaine catégorie de public, lors de sa sortie. Je n'ai pas reconnu tout de suite la voix de Luchini à la radio, le lendemain de la mort de Rohmer... je l'imaginais ému comme jamais, à l'autre bout du fil.
Voici trois phrases, dénichées pour vous, lecteurs, qui avez été touchés, comme moi, par ces trois départs. Elles sont attribuées à ces trois hommes, respectivement :
«...je vous laisse le pire, les larmes qu'on verse sur la mort d'un homme.Adieu mes amis, priez pour moi. » [Mano Solo] - Je suis venu vous voir - extrait de l'album « Je sais pas trop ». « Tout être vit dans l'incomplétude. Et c'est seulement l'amour qui lui permet de se réaliser pleinement. » [ Éric Rohmer ] - Dialogue du film Pauline à la plage
Commentaires (4)
SOPHY a dit:
Eleina a dit:Kyna a dit:Ecrivez un commentaire
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