Et le parti socialiste

Elle est repartie à la conquête de son parti dont la plupart des ténors ne veulent pas d’elle, quelle obstination à vouloir faire avancer ses convictions qui portent en elles une évolution moderne de notre vie politique, mais c’est à vous d’en juger la pertinence. Il faut aimer en prendre plein la figure de commentaires acerbes impolis circulant sur le Net pour ne pas baisser les bras.
Quel sacrifice, quelle abnégation, pour arriver à quoi ? Etre présidente de la république, une femme, mais nous n’en sommes pas encore à cette maturité. Regardez l’investiture américaine chez les démocrates Hillary Clinton se bat becs et ongles pour cette investiture, et si elle l’emporte, ce n’est pas gagné pour autant face à Mac Cain, elle est loin derrière.
Certains diront que le sexe n’a pas d’importance, ce sont des hypocrites, et on les rencontre beaucoup plus chez les femmes que chez les hommes, combien de fois ai-je entendu “c’est une femme”, je ne voterais pas pour elle sans même prendre connaissance de ce qu’elle propose, l’influence de la religion catholique est tellement séculaire, ancrée dans notre culture, que tout progrès doit être arraché avec ses dents, ce n’est donc pas encore fait. Et puis, c’est forcément une cruche puisque c’est une femme !!!
Qu’a telle de moins que les autres ténors du PS ? Elle n’a pas occupé de hautes fonctions ministérielles, aussi hautes que Laurent Fabius, Lionel Jospin, Dominique Strauss-Kahn, Jack Lang, voire Martine Aubry et combien d’autres, comme elle, qui voudraient aussi être éclairés, Pierre Moscovici, Arnaud de Montebourg, Jean Christophe Cambadélis ces nouveaux qui pointent leur nez.
Est-ce une raison suffisante pour dire qu’elle est bonne à rien ? Quand on analyse la politique de Sarkozy, on reste perplexe devant tant de promesses non tenues, de cadeaux à ses amis, la réduction à 50 % des prélèvements obligatoires CSG et CRDS comprises va nous coûter cher en rigueur, devant la misère qui ne cesse de s’accroître, n’oublions pas qu’il était l’un des membres influent sur la politique du précédent gouvernement, de comportements irrespectueux, devant son atlantisme inconnu, et ses copinages avec le monde du show-biz, et j’en passe.
Bien entendu Ségolène n’aurait pas d’un coup de baguette magique réduit la misère des pauvres gens, mais je crois qu’elle aurait fait une politique plus proche des français, elle n’a pas les mêmes intérêts que Sarkozy à défendre.
Alors la lutte va être dure d’autant que le PS vient de reprendre du poil de la bette avec sa victoire aux municipales, les appétits sont à nouveau aiguisés, qui prendra le leader ship de ce parti ?
Bertrand Delanoë qui pour certains le voient le plus apte à succéder à François Hollande, il est vrai qu’il occupe une position forte d’autant qu’il vient d’être réélu à la mairie de Paris, mais c’est curieux, je ne vois pas en lui le meneur d’hommes, je ne lui vois pas le punch de Ségolène, de Sarkozy, et puis le veut t’il ?
Jusqu’à maintenant il ne s’est pas exprimé, il ne s’est pas montré comme un opposant critique comme Ségolène, Hollande ou Fabius. Il en faut de la force de conviction pour emporter la présidence et Ségolène en a.
D’autre part, elle à participé très ardemment au soutient des socialistes aux municipales, près de 150 déplacements et combien de lettres de soutient, ce que les autres ténors n’ont pas fait, elle était disponible !
Elle a de la force, et sa politique de rapprochement avec des personnalités du centre est une évolution normale eu égard à la composition de la carte électorale des Français. L’exemple de Bertrand Delanoë en refusant tout accord avec le centre, malgré l’appel de Marielle de Suarez, lui a fait perdre le 5ème arrondissement gagné de peu par Jean Tiberi, ce sectarisme n’est pas bon. Bien entendu, il y avait l’accord avec les Verts, il n’avait donc pas besoin des voies du centre se réclamant du Modem, il n’avait donc rien à perdre, mais ce n’est pas de cette façon que l’on avance, et il vaut mieux convaincre que de rejeter.
Bien entendu, l’ouverture politique ne veut pas dire de renoncer à ses convictions mais c’est reconnaître ce qui existe, et vouloir se cantonner à la bonne vieille gauche qui perds ses poils n’est pas la bonne solution. Il n’y a plus d’ouvriers ou presque, la lutte des classes est dépassée; alors il faut évoluer vers le socialisme démocratique qui fait le compromis entre le capitalisme pur et dur écrasant tout sur son passage et le socialisme prenant en compte la vie des gens eu réduisant autant que faire se peut leur misère.
L’ouverture au centre est logique à la condition qu’il soit clair, fidèle dans ses convictions, ce qui n’est pas le cas pour tous les responsables du Modem.
Alors Ségolène, la voila repartie avec ses débats participatifs.

Ségolène Royal lors d’un débat à Grenoble, en 2007.(Photo Figaro/ Marmara)
Elle part donc à l’offensive, d’aucuns diront que c’est trop tôt, peut être mais elle ne doit pas être seule à avoir pris cette décision. Elle aussi est le fruit de ces proches François Rebsamen, Vincent Peillon, Michel Sapin, qui ont contribués à la construction du questionnaire qu’elle a dévoilé dans Le Monde vendredi 04/04. Elle compte l’envoyer aux 160.000 adhérents du PS, et les réponses lui permettront peut être de faire une synthèse de ce qui est bon pour les socialistes à condition qu’ils veuillent bien y répondre. Mais répondre c’est déjà reconnaître la justesse de son engagement.
Le questionnaire se présente sous la forme de 10 questions formulées
Comment le congrès du parti socialiste peut t-il être utile aux français?
Un site internet sera mis à la disposition des adhérents dans les prochains jours.
Une telle aventure n’est pas sans dommage c’est squeezer la direction du PS, elle ne peut aimer. D’autre part, ceux qui ne veulent pas d’elle peuvent répondre aussi sur le Net mais dans un autre contexte que celui du parti, en d’autres termes, lui en mettre plein la figure pour être poli.
C’est donc dangereux.
De plus, c’est afficher à l’opposition ses premières cartouches, aucun responsable politique n’a eu recours à ce genre d’investiture, les primaires américaines se font au grand jour pour les deux partis, ce qui n’est pas le cas chez nous. Elle bouscule les règles et les français m’aiment pas.
C’est donc un pari courageux qui bien souvent déçoit celui qui en est l’auteur. Voici les 10 questions posées aux adhérents socialistes:
- 1. Il faut sortir du fossé entre un discours pseudo révolutionnaire dans l’opposition et un conformisme économique au pouvoir : de quelle façon ?
- 2. Le socialisme ne peut pas se contenter d’aménager le capitalisme financier à la marge : comment produire et répartir autrement la richesse ?
- 3. Que reprendre des modèles progressistes des autres pays et que rejeter?
- 4. Il faut pousser l’agilité des entreprises, le goût du risque et l’esprit d’entreprendre, tout en améliorant la situation des salariés et leurs sécurités sociales. Avec quel compromis ?
- 5. Il faut rééquilibrer le rapport de force entre le travail et le capital par une meilleure répartition du profit. Quels contre-pouvoirs dans l’entreprise ?
- 6. Comment rompre avec la redistribution passive et bureaucratique comme principal moyen de s’attaquer aux injustices sociales ?
- 7. Comment améliorer le projet européen pour ne pas oublier les intérêts des peuples et des pays ?
- 8. Les peuples du Nord doivent être protégés de la concurrence internationale sans que les peuples du Sud ne soient victimes du protectionnisme. Avec quelles nouvelles règles ?
- 9. Les Etats et le marché doivent assurer la sauvegarde écologique de la planète : quel nouveau modèle de développement ?
- 10. Le Parti socialiste doit intégrer toutes les nouvelles formes de militantisme et d’engagement citoyen, ainsi que les réussites du travail des élus locaux. Il doit aussi décider efficacement, avec le sens de la discipline collective. Quelles nouvelles règles communes pour y parvenir sereinement ?
Les réponses ne vont pas être aisées, la réponse à la première question demande de la réflexion, c’est donc un travail de fond.
Et la première des réponses pourrait être, si elle à besoin de nos réponses pour nous diriger, c’est qu’elle ne sait pas ce qu’il faut faire, c’est méchant
Voudront t’ils s’y atteler d’autant qu’ils risquent que leur travail ne soit pas payé ?
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