Santé: un paradoxe de plus.

03-12-2012 11:38 - 2806 visites - Santé, Bien être - Ecrit par Jacques Monnet

 

 Santé: un paradoxe de plus

Paradoxe à la française.

    Cet art consommé de faire tout et son contraire, en même temps ou en différé, est une coutume bien de chez nous. A croire que nous nous en sommes fait une spécialité dont on n’arrive pas à se défaire.

     La suggestion de Marisol Touraine est l’occasion d’en décrire une. Pour doter les déserts médicaux, la Ministre propose de payer jusqu’à concurrence de 4 600 euros le débours éventuel de qui s’y installera.

    S’affrontent deux logiques provenant de deux réalités.

 

 

     D’une part le mouvement qui expédie le rural vers les villes. Inexorable à cause de la mécanisation et de l’extensivité de l’agriculture. Depuis cinquante ans le tropisme urbain est continu. Nos campagnes se vident sans appel. L’Etat dans sa logique comptable prend les dispositions qui conviennent, si l’on peut dire. D’autant que les moyens de transport concourent à l’exode. Ainsi supprime-t-on la Poste, puis l’école, remplacée par un ramassage des écoliers. L’église n’a plus de curé, donc le café d’en face ferme ! Les quelques magasins mettent la clé sous la porte les uns après les autres, jusqu’à ce que, parfois, ne demeurent que les derniers agriculteurs et leurs parents, et les éventuels occupants des résidences secondaires.

     Toutefois les habitants de ces oasis méritent quand même qu’on porte attention à leur santé. Avec, pieux souhait, un égal accès aux soins, comme on l’affirme en langue de bois.

     Donc, d’autre part, l’Etat cherche à remplir sa fonction sanitaire et veut encourager moyennant finances, l’installation au cœur des oasis. La contradiction est patente. Comment un médecin (sûrement jeune) pourra-t-il accepter de s’installer là où les services publics ont disparu, où la vie culturelle et sociale est quasi inexistante. Certes, il existe des médecins par vocation. Mais nous avons choisi la liberté d’installation pour cette corporation. Comme pour chacun d’entre nous, « faire sa vie » importe. Qu’elle soit réduite à la verdure du cadre, serait-il magnifique, est un peu court. La femme du médecin et les enfants à venir doivent pouvoir se réaliser tout comme on espère « en ville ». Psychologiquement, c’est la quadrature du cercle campagnard.

    Que reste-t-il des personnages symboliques de « la femme du boulanger » ? Rien bien sûr. Peut-être faut-il relire le médecin de campagne. Nous ne reviendrons jamais en arrière car on prévoit que bientôt 85 % des humains de la planète vivront en ville.

    L’idée de Mme Touraine en vaut bien d’autres. Ce problème de santé médicale a des aspects insolubles. Force est de constater que les pour et les contre s’équilibrent. Où est la solution ?



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