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RSF: La Tunisie Ennemi d'Internet |
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| 13-03-2008 19:58 - 994 visites - Flux International - Ecrit par noreply@blogspirit.com (TUNISIA Watch) - Lire son flux RSS | |
La politique du président Zine el-Abidine Ben Ali est toujours très stricte en matière de filtrage du Net et l'autocensure semble être la règle parmi les blogueurs de la Toile tunisienne. Il existe une instance publique de régulation, l'Agence tunisienne d'Internet (ATI), qui loue la bande passante aux fournisseurs d'accès du pays. Le Réseau s'est sensiblement étendu, passant d'un taux de pénétration de 1 à 9,3% de la population en cinq ans (2001- 2006). En 2007, près de 6 000 sites Internet étaient recensés en Tunisie. S'il existe aujourd'hui dans le pays près d'une douzaine de fournisseurs d'accès à Internet, l'opérateur Planet.tn, propriété de l'une des filles du président Ben Ali, continue de détenir la plus grosse part de marché. De nombreux sites d'opposition au pouvoir sont bloqués par les autorités. Depuis qu'il a publié, en février 2007, des articles du journaliste tunisien Taoufik Ben Brik très critiques envers le Président, le site du quotidien français Libération est inaccessible. Les responsables du journal en ligne Kalima, dont la version imprimée est interdite, font régulièrement l'objet de mesures répressives, allant de simples tracasseries administratives à des menaces. Le filtrage des sites Internet est une pratique répandue face à la popularité du cyberespace auprès des Tunisiens. Les 281 « Publinets » - accès publics à Internet - sont les lieux privilégiés des 18-25 ans. Les sites les plus connus en matière de défense de droits de l'homme ainsi que les principaux proxies comme Anonymizer (http://www.anonymizer.com/ ) et Guardster (http://www.guardster.com/ ) sont inaccessibles. Le site Internet de partage de vidéos Dailymotion a également été bloqué en avril et en septembre 2007. L'ATI avait déclaré ne pas être au courant de mesures contraigantes alors que le fournisseur d'accès TopNet avait reconnu filtrer le site sur son ordre. Les connexions privées de certains journalistes et opposants sont coupées pour "des problèmes techniques" ou alors, leur débit est diminué afin d'augmenter le temps de téléchargement des pages Internet et réduire ainsi leur capacité à consulter des sites. Ces procédés découragent petit à petit la blogosphère, qui ose moins critiquer la politique du gouvernement. Certains blogueurs abandonnent même. L'avocat et défenseur des droits de l'homme Mohammed Abbou a été libéré en 2007 après avoir passé près de trois ans derrière les barreaux pour avoir publié un article sur Internet dans lequel il comparait les tortures infligées à des prisonniers politiques en Tunisie aux exactions des soldats américains à Abou Ghraib, en Irak. Les menaces à son encontre n'ont pas disparu pour autant et, dans leur volonté de contrôler la diffusion des informations, les autorités lui ont refusé la sortie du territoire en avril 2007 Une surveillance généralisée Un arsenal de consignes s'ajoute au filtrage systématique des sites d'opposition. Les cybercafés sont surveillés. Selon la loi tunisienne, leurs gérants sont responsables des activités de leurs clients et il est parfois nécessaire de présenter une pièce d'identité pour se connecter dans un café. Il n'est pas rare non plus que leurs propriétaires demandent de ne pas naviguer sur certains sites jugés "subversifs". Une consigne le rappelle d'ailleurs clairement sur les murs des cybercafés. Tous les mois, les données personnelles des abonnés à Internet sont transmises à l'ATI, qui gère toute la messagerie électronique en Tunisie. Sur le plan légal, le code de la Poste de 1998 autorise l'interception du courrier électronique portant " atteinte à l'ordre public et à la sécurité nationale". Liens Sites internet
RSF - 12 - Mars 2008
Lire la suite sur: http://tunisiawatch.rsfblog.org/archive/2008/03/13/rsf-la-tunisie-ennemi-d-internet.html.
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