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Roumanie : l’argent sale de Roia Montan |
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| 28-01-2012 17:05 - 598 visites - Flux Ecologie, Animaux, Nature - Ecrit par Jef Tombeur - Lire son flux RSS | |
De Timisoara (ouest) où se sont réunies dans un vent glacial plus de 2 000 personnes à l’appel de l’opposition ce samedi, à Constanţa, près de la Mer Noire, le symbole de la lutte contre le projet d’exploitation aurifère et argentifère de Roșia Montană orne les pancartes et les drapeaux. Au-delà de l’aspect écologique, c’est le coût humain et le parfum de corruption entourant le projet qui sont dénoncés. Après trois semaines de contestation continue exigeant en vain la démission du président roumain et de nouvelles élections, la société civile roumaine aura au moins obtenu que le ministère de l’Environnement revoie l’impact du projet d’exploitation minier à ciel ouvert qui générera, en 15 ans, d’énormes masses de résidus cyanurés…
Il y a l’aspect archéologique : le bourg de Roșia Montană est la plus ancienne implantation romaine de l’ancienne Dacie, en Transylvanie, entre Cluj et Alba Iulia. Mais c’est le coût patrimonial général (les diverses églises protestent contre la destruction de huit lieux de culte et neuf cimetières) et surtout le coût humain qui mobilisent les mécontents.
L’enjeu, c’est 300 tonnes d’or et 1 500 d’argent extraites en 15 ans, par environ 250 ouvriers locaux et employés venus de l’extérieur.
C’est aussi des kilomètres carrés rasés, des maisons détruites, un barrage et un lac artificiel couvrant 600 ha, emplis de résidus toxiques…
L’écologie est souvent un prétexte pour dénoncer les édiles locaux et la corruption des élus nationaux. Sur ce projet, les revirements ont succédé aux autorisations accordées, mais sans grande transparence. Si les sommets de l’État roumains n’ont rien à envier à ceux de la France (voir les différentes affaires : Woerthgate, Takieddine…), la corruption gangrène la société roumaine, classes moyennes hautes incluses (magistrats, professions libérales), et par nécessité, jusqu’aux infirmières et aux maîtres d’écoles. La création, ce samedi, d’un comité interministériel pour réétudier le projet, risque de ne pas apaiser la contestation : ministres et députés sont conspués tous les jours…
La manne européenne a été dilapidée, négligée ou largement sous-employée, la Roumanie a dû se tourner vers le FMI et a opté pour des réductions drastiques de traitements, le relèvement de la TVA, et le maintient de l’impôt sur le revenu au taux unique thatchérien de 16 %. Les températures ne se radouciront pas de sitôt en Roumanie, mais la rue continue de « chauffer ». Les prochaines semaines risquent d'être décisives, et pas que pour Rosia Montana…
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Il y a l’aspect écologique, indéniable. En février 2000, près de Baia Mare, à la suite de la rupture d’un barrage de déchets cyanurés, la Timis, la Tizsa hongroise, et même le Danube jusqu’à Belgrade, avaient été lourdement pollués.
Aussi, dès 1997, la Minvest s’était rapprochée de la canadienne Gabriel Ressources, dont le fondateur et patron, Frank Timis, s’est taillé déjà une réputation sulfureuse en Ukraine.
Lutte emblématique
Le sigle vert et rouge des opposants à l’exploitation orne le pan jaune des drapeaux roumains et de nombreuses pancartes brandies dans tous les rassemblements ou presque. Le slogan des manifestations locaux, « nous crevons de faim sur une montagne d’or », pourrait être repris par toutes et tous.
