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Ressuscitons le gosplan pour 5 mois |
par noreply@hautetfort.com (lolik) 486 hits son flux
flux Politique
Notre grand visionnaire de président, GVNS (1), parle déjà d'aménagement du territoire, d'éducation, de formation professionnelle, de recherche, de santé et d'innovation, tandis que notre geek de premier ministre, GFF (1), cible le numérique, les logiciels, les nanotechnologies, les biotechnologies, les écotechnologies et la voiture du futur ; les partenaires sociaux, les parlementaires et les représentants du monde de l'économie, de la recherche, de la culture seront invités à venir avec leurs idées afin d'être bien certain que les grands projets d'avenir irrigueront de leurs bienfaits tous les coins de France (et surtout que leurs chapelles soient bien défendues). Voila qui va faire plaisir à Angela et à Barroso qui saura tout de suite quoi faire de leurs recommandations à 3%.
Comment peut-on proposer d'augmenter encore la dette publique, même au travers d'un grand emprunt national, alors que cette dernière devrait avoisiner les 80 % du PIB en 2009 ? (120% si l'on compte les retraites des fonctionnaires !). Cela m'échappe et est peut-être un des grands paradoxes de GNVS qui fait un discours à Versailles sur l'impérieuse nécessité de réduire les déficits mais s'empressent de l'augmenter avec un grand emprunt tout en insistant sur les économies à faire sur les dépenses de fonctionnement. Sans parler de GFF qui passe son temps à jouer le père fouettard de la dette et qui cautionne une augmentation astronomique de la dette...Ou alors, c'est peut-être de la tactique électorale : si l'emprunt est un succès, comme il sera lancé début 2010, notre GVNS disposera d'une approbation des français, bien utile pour préparer les régionales de mars. Mais là, ça fait chère la victoire électorale et c'est donné un prix bien plus élevé que ce qu'il est à l'opposition...
Ce grand emprunt revient aussi à dire que l'augmentation de la dépense publique est la seule réponse valable à cette crise : or avons-nous besoin de magnifiques plans conçus par des cerveaux visionnaires, de grands projets décidés par l'autorité centrale ? Sommes-nous sûrs que leurs décisions d'investissement seront meilleures que celles qui auraient été prises par chacun des investisseurs en toute liberté de décision ? La dépense publique atteint déjà 54% du PIB : n'y a-t-il vraiment que l'Etat qui sache mieux que tout le monde (entreprises, citoyens) comment dépenser et investir l'argent que nous gagnions et qu'il nous prend?
Celui-là même qui depuis 35 ans est pris, année après année en flagrant délit d'incapacité de ramener les dépenses publiques à un niveau compatible avec des prélèvements supportables, ose maintenant en réclamer davantage ! Doit-on rappeler la gabegie des politiques publiques depuis de trop longues années, comme par exemple les 40 milliards déversés depuis 10 ans sur les plans banlieue en pure perte ou encore les milliards dans la politique contre le chômage, contre l'exclusion, pour la réduction du temps de travail, pour l'emploi des jeunes...? D'ailleurs comment des fonctionnaires sauraient-ils où il faut investir et combien depuis leurs beaux bureaux parisiens, eux qui ne savent pas à quoi ressemble une entreprise ou même la France passé le périphérique ? Même avec une concertation de 5 mois de toute la représentation nationale et surtout de toutes ses corporations...Car ce sont encore ceux qui exercent les lobbys les plus puissants qui se feront entendre le mieux : au hasard, les écologistes (pour l'enjeu électoral), les syndicalistes (pour la paix sociale), les fonctionnaires (on ne peut pas se les mettre tous à dos, faut bien que la machine tourne), les plus grandes entreprises françaises (faudrait pas qu'elles délocalisent) ; alors que ce sont les PME qui alimentent depuis des années les créations d'emploi et que ce sont elles qui innovent et que justement elles ne bénéficient pas des capacités de nuisance ou d'influence des premiers puisque par définition elles ne sont pas organisées en corps constitués ! Encore une fois, l'argent des français servira à créer des rentes et à payer leurs représentants qui auront crié le plus fort...à l'inverse de l'intérêt général...encore et toujours...
Comme pour ma part, je pense que l'Etat n'est pas le mieux à même de décider où investir, tant pis pour Guaino dont par ailleurs j'apprécie le discours bonaparto-souverainiste à rebours de nos élites européistes, je vous invite à aller signer la pétition pour une relance durable, mise en ligne par un collectif d'associations de la société civile.
(1) Ces pseudos seront surement ceux choisis par le président et le premier ministre dans le cadre de la proposition d'un sénateur qu'une autorité publique régule l'utilisation des pseudos sur internet...
Lire la suite : http://lolik.hautetfort.com/archive/2009/06/30/ressuscitons-le-gosplan-pour-5-mois.html. Ne manquez pas aussi:
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Nous avions déjà un déficit structurel du budget (cela fait 35 années que la France n'a pas réussi à réaliser un seul excédent budgétaire !), la crise nous a dotés d'un déficit conjoncturel avec les dépenses de relance et maintenant nous allons pendant plus de 5 mois chercher à nous créer un déficit de dépenses d'avenir ! C'est en gros la feuille de route : le déficit budgétaire atteindrait, selon les dernières prévisions d'E.Woerth 125 milliards d'euros, dont 40 milliards de structurel et 85 de déficit de crise. Ceci ne suffisant pas, il faudra donc ajouter le coût des « grands projets d'avenir » définis comme prioritaires qui permettront de « dessiner la France de demain » (ou peut-être la France d'après...) et qui feront l'objet d'un grand emprunt national début 2010 !

