A quelques jours de la réunion du G20 qui réunira les plus grosses puissances économiques, la position française est assez cocasse à moins qu'elle ne soit voulue, histoire de créer un écran de fumée bien fumeux au cas où Londres ne décide de pas grand chose.
Alors c'est sur que le parachute doré de 3,5 millions d’euros du PDG de Valéo n'a pas lieu d'être mais avait-il plus lieu d'être l'an passé et l'année d'avant ? Il y a bien de l'hypocrisie à sembler découvrir une politique de rigueur dans tous les grands groupes monopolistiques français.
Un décret se prépare qui n'évoluerait pas en loi, nous dit on, question de délai et d'efficacité.
Question de jurisprudence aussi peut-être non ? Car enfin s'il devient possible de calibrer la rémunération d'un chef d'entreprise au prétexte que son entreprise soit soutenue par de l'argent public, le raisonnement ne sera t'il bientôt élargi à tous les utilisateurs d'argent public ? Et pourquoi pas aux politiques qui sont les plus gros consommateurs de cet argent béni sans besoin réel de rendre quelques comptes que ce soit.
A l'heure où, à droite comme à gauche il est de bon ton de s'accorder sur des hausses d'impôts, n'y a t'il pas moyen d'envisager une loi incitant les élus trop gourmands et peu efficaces à renoncer à leurs stock-options, bonus, ou parachutes dorés à eux, c'est à dire leurs rentrées supplémentaires d'argent public ?
Il y a urgence à légiférer car honnêtement cette idée que toute la crise pourra se régler par investissement ultra-massif de l'argent des contribuables inquiète un brin par son simplisme et sa finalité. Avec un doute : la montée du chômage, la baisse du pouvoir d'achat va bien finir par influer aussi sur les rentes de ces collectivités multiples et des barons qui les gouvernements. Ce ne peut être un puits sans fond.
Alors, finalement elle est dangereuse cette loi sur les rémunérations des patrons par les interprétations qu'on pourrait lui donner. Mieux vaut se contenter d'un texte modeste et inexplicable afin de calmer les foules en attendant le sujet suivant d'indignation.
A ce rythme là on peut très bien imaginer que l'été ne sera pas encore survenu que nos gouvernants marcheront en rangs serrés les jours de manif avant d'aller occuper les bureaux de quelques patrons voyous. Car seuls les patrons sont désormais voyous, les banlieues ont leurs racailles, les métropoles ont leur milieu tandis que les politiques, eux, sont hyperactifs, omniprésents, clairvoyants, volontaires... jusqu'à même avoir la banane. Chacun son style.
Et oui, la crise offre un terrain de jeu étendu à ceux élus en des temps plus apaisé... nul doute que cela monte à la tête de certains et autorise toutes les digressions sans contrôle particulier. Et encore ne nous plaignons pas trop car l'article 16 n'est pas enclenché, pour le moment, celui qui dit "Lorsque les institutions de la République, l'indépendance de la Nation, l'intégrité de son territoire ou l'exécution de ses engagements internationaux sont menacées d'une manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu" Voire...
Au plan local, elle est l'occasion de bien des initiatives coûteuses dans des domaines aussi variés que le soutien aux entreprises, le rayonnement culturel ou la recherche de formations miracles. En toute impunité et sans obligation de résultat autre que de ne pas se planter à l'approche de prochaines et lointaines élections. Il n'y a pas de loi contre cela et c'est certainement plus dommageable que de clouer aux piloris quelques dirigeants inconscients. Mais il s'agirait de remettre en cause toute une culture, toute une caste peu encline à se remettre en cause et à renier sa position hégémonique.
Jusqu'à plus ne pouvoir donner des leçons d'économie...