15 Jun 2008
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Rejet du Traité de Lisbonne, l'invraisemblable réaction des politiciens français et néerlandais...

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Face au rejet du Traité de Lisbonne par le peuple irlandais :, les politiciens français et néerlandais se prononcent pour la poursuite du processus de ratification (officiel)

“Ils” sont vraiment incroyables. Lors du référendum du 13 juin dernier, les Irlandais ont rejeté à la majorité des voix le nouveau traité dit de Lisbonne et remettent donc en cause irrémediablement son entrée en vigueur le 1 janvier 2009, puisque la seule légalité est l'unanimité surtout en matière constitutionnelle. L'Irlande est le seul pays, où le traité doit être approuvé par référendum national. Dans les autres pays, il a été ratifié par les parlements. Et les deux pays qui avaient repoussé le traité Constitutionnel l'ont vu re-rentrer par la petite porte, grâce à des politiciens de droite et de gauche qui n'ont pas craint de violer la volonté majoritaire de leur peuple.

Non contents d'avoir agi ainsi, ces politiciens dont les peuples ont refusé le Traité Constitutionnel, à savoir le peuple français et néerlandais, devant le refus du traité dit de Lisbonne par le peuple irlandais, tiennent des propos incroyables.Ils font ce faisant la démonstration que l'Europe n'est pas reformable, (outre le fait qu'eux-mêmes doivent être impérativement renvoyés) quelle est alors la solution ?
Les réaction à Paris :

Nicolas Sarkozy a estimé que « les autres pays devaient continuer à ratifier le traité, de façon à ce que cet incident irlandais ne se transforme en crise ». Alors qu'il s'apprête à prendre la présidence de l'Europe, Nicolas Sarkozy veut tirer les leçons du référendum : « Le « non » irlandais est une réalité politique et on doit l'accepter. » « Ce vote n'est ni un hasard ni une surprise mais un appel à faire davantage, mieux et différemment. Beaucoup d'Européens ne comprennent pas la façon dont on construit l'Europe en ce moment. Notre devoir est d'être plus efficaces au service de la vie quotidienne des Européens. » Le Président « pense à une politique européenne de l'immigration et à une réponse européenne à l'augmentation du prix du pétrole ».

Jouyet : « Revoter »

Le secrétaire d'État aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, estime qu'il n'y a pas d'autre solution, pour sauver le Traité de Lisbonne, qu'un nouveau vote des Irlandais. « Il faut que le processus de ratification aille à son terme et, pendant ce temps, laisser aux Irlandais le temps de la réflexion, savoir si moyennant quelques médiations, ou demandes de leur part, ils peuvent revoter. » Jean-Pierre Jouyet pense à une « adaptation » du texte pour ce seul pays, dont il rappelle qu'il a un statut neutre.

LA HAYE, 14 juin (1) La Hollande est déçue de ce que les Irlandais aient voté contre le Traité de Lisbonne, pourtant elle envisage de continuer le processus de ratification, a annoncé samedi Jan Peter Balkenende, le premier ministre des Pays-Bas, à l'issue du référendum en Irlande.

“Le “non” irlandais ne signifie pas que nous-mêmes et les autres pays membres de l'UE doivent cesser le processus de ratification du Traité de Lisbonne. Il n'y a aucune raison pour le faire”, a déclaré aux journalistes M. Balkenende.

Le Traité de Lisbonne a été approuvé le 5 juin dernier par la chambre basse du parlement hollandais. Bientôt, il sera examiné par la chambre haute. (2)

Face à un tel déni de droit quelle solution reste-t-il ?

Ces politiciens se rendent-ils compte à quel point ils font la démonstration par leur mépris du vote des peuples que l'Europe n'est pas réformable, à quel point il s'agit d'un montage anti-démocratique qui toujours s'opposera aux exigences des peuples pour le profit d'une minorité.

Face à une telle attitude la seule solution est de se conformer au sens réel des votes des peuples: il faut sortir de cette Europe, ne plus appartenir à des institutions qui non seulement ont pour objectif de démanteler les protections sociales, les services publics, de peser sur les emplois et le pouvoir d'achat, de développer des politiques xénophobes et bellicistes, mais également affirment haut et fort que quelque soit la volonté des peuples il en sera toujours ainsi.

Toute République, toute démocratie, à partir du moment où elle récuse le droit divin comme base du pouvoir, repose nécessairement sur le droit à l'insurrection d'un peuple dont on ne respecte pas la volonté. C'est la base de toute la réflexion de la modernité, s'il n'existe plus ce droit à l'insurrection comme ultime recours, la violence légitime de l'Etats devient tyrannie. Donc la seule réponse démocratique devant un tel déni est l'insurrection. L'insurrection est le fait de s'élever contre le pouvoir établi en visant à l'abolir, les formes de l'insurrection sont diverses. Notre révolution française héritière des Lumières et de toute la réflexion sur la “modernité” a établi dans sa Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1793 , ce doit, il est énoncé en son article 35 :« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ».

L'équivalent de l'insurrection serait dans ce d' imposer la sortie de ce mauvais lieu, de ce coupe gorge et par exemple d'exiger ce choix du parti politique auquel on adhère ou que l'on soutient.

Danielle bleitrach




(1)- RIA Novosti.
(2) Le Traité de Lisbonne est le document de base qui détermine les principes du fonctionnement de l'Union européenne. Il est censé remplacer la Constitution européenne, rejetée suite aux “non” des Français et des Néerlandais lors des référendums nationaux de 2005.

Le Traité de Lisbonne a déjà été ratifié par 18 pays: l'Allemagne, l'Autriche, la Bulgarie, le Danemark, la Finlande, la France, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, Malte, la Pologne, le Portugal, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie, l'Estonie, la Grèce. Pour que ce document entre en vigueur, il doit être ratifié par tous les Etats membres de l'UE (27 pays).

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