Rattachisme et divorce belge

09-06-2010 00:04 - 2242 visites - Flux Tribune libre - Ecrit par Pierre Remy - Lire son flux RSS
Votes:  3 avis  

Dimanche, les Belges votent. Les nationalistes flamands sont annoncés victorieux. Certains Wallons demandent le rattachement de la Wallonie à la Flandre depuis plus de 15 ans.1893939305_small_1.jpg Le 10 juillet 1996, le rattachement de la Wallonie à la France suscitait pour la première fois l’attention entière de la Chambre des Représentants. En effet, c’est à ce moment précis de la vie politique belge, lorsque les députés planchaient sur un projet de loi-cadre ayant attrait à la réforme de la sécurité sociale, que certains élus flamands issus des rangs du VLD (libéraux flamands) et de la Volksunie chantèrent leur sempiternelle rengaine de la « Wallonie boulet pour la Flandre » et ce, sur l’air de la communautarisation de la sécurité sociale. Air connu. Ce qui provoqua l’ire de Claude Eerdekens, le chef de file des socialistes francophones à la Chambre, qui déclara qu’une partie de l’opinion flamande était atteinte du syndrome de Karadzic et de Mladic. Fustigeant ceux qui voulaient scinder la sécurité sociale et ainsi, mener au séparatisme, le bouillant bourgmestre d’Andenne annonça que « maintenant, demain ou après l’an 2000, le PS refusera la communautarisation de la sécurité sociale et si une majorité de Flamands pensent ainsi, alors les heures de ce pays sont comptées. (...) Car nous, Wallons, sommes fiers de nous trouver à côté d’un grand pays comme la France. Si vous voulez que la France se trouve aux portes de Bruxelles, alors, allez-y » L’émoi fut grand dans une presse et une opinion publique peu habituées à pareil langage. Pourtant, le rattachisme, cet irritant néologisme, n’est pas à proprement parler une idée neuve. Dès, le début de l’Etat belge, il a cahoté, agité, ébranlé certains cœurs et esprits wallons qui magnifiaient une France perdue en 1815. Aujourd’hui, c’est le nationalisme flamand qui, par ces excès et ses dérives, a poussé bon nombre de Wallons dans les bras de Marianne. Car l’illusion d’une Belgique perdurant dans ses structures francophones du début est morte au fur et à mesure des revendications flamandes. Revendications qui, rappelons le, étaient au départ motivées par l’exigence de pouvoir parler la langue flamande dans les tribunaux, les administrations, les écoles et les universités. Quoi de plus légitime ? Mais aujourd’hui, le désir d’autonomie est plus économique que culturel. Un nationalisme de nantis comme le qualifiait Bernard Remiche dans les colonnes du Monde Diplomatique. Cependant, l’idée du rattachement de la Wallonie à la France qui est, somme toutes, une forme élaborée de séparatisme, ne s’attire pas que des sympathies. Et écrire cela, c’est presque faire un pléonasme. En effet, il existe en Belgique des forces centripètes qui militent pour le maintien du royaume dans ses structures fédérales actuelles, voire pour un retour vers le passé, vers l’unitarisme. Leurs motivations sont diverses. Mais surtout, elles sont caractérisées, comme dans le cas de la marche blanche ou du décès du roi Baudouin, par une mystification à caractère émotionnel des événements. « Dès qu’un sentiment s’exagère, la faculté de raisonner disparaît », écrivait Gustave Le Bon dans Hier et Demain. La Belgique, c’est aussi ça, même si le séparatisme a un coût qui, si l’on en croit les experts du groupe Coudenberg, serait économiquement dur pour la région wallonne. Des arguments de cœur, d’autres de raison.

Comme plus de 6000 personnes, recevez gratuitement tous les articles de C4N chaque jour par mail

Aidez C4N à rester indépendant: Faites un don

Inscrivez vous pour publier vos articles et toucher vos droits d'auteur

Pour rester en contact permanent avec C4N, installez notre barre d'outils 

Devenez également fan de notre page Facebook

Rejoignez notre groupe Facebook et invitez y tous vos amis 

Suivez les derniers articles sur Twitter

Partagez cet article sur vos réseaux sociaux préférés en cliquant sur les boutons correspondants

Abonnez vous gratuitement au flux RSS des articles

Commentaires (2)

Vive la révolution a dit:

...
La France nous rachète combien? (en EURO s'il vous plaît)
 
[Abus]
[Avis -]
[Avis +]
14 June 2010
Votes: +0

Anti1150 a dit:

...
La France prendrait à sa charge la dette publique de la Belgique française (Wallonie-Bruxelles), qui n'est pas triste. Elle hériterait, en outre, de toutes les obligations de la Belgique française, en matière de sécu notamment.

Mais surtout, elle nous offrirait un Etat digne de ce nom, qui protège ses citoyens contre les exactions des Serbes du Nord.
 
[Abus]
[Avis -]
[Avis +]
05 July 2010
Votes: +1

Ecrivez un commentaire
Réduire l'éditeur | Agrandir l'éditeur

busy
  

 

Depuis 2007 un euro gagné par article exclusif publié sur C4N

 

S'inscrire ici

Trouver un article publié sur C4N


 

Entreprises & commerces: publiez vos communiqués sur C4N

 

Cliquez ici

Qui écrit sur C4N ?

Infos Reporters

les revenus publicitaires sont reversés aux reporters, commentateurs et à des associations humanitaires.

54800 euros déjà reversés

Prochain versement des droits d'auteurs:

29 février

Sondage

Qui sera en tête du premier tour de l'élection présidentielle ?