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Jean-Luc Mélenchon ? |
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| 13-02-2012 11:16 - 771 visites - Flux Présidentielle 2012 - Ecrit par Chrisrub - Lire son flux RSS | |
Certes, beaucoup de ses analyses me semblent justes, intéressantes ou utiles au débat politique. Mais il y a quelque chose de gênant. Des lignes sont franchies qui, tout à coup, invalident l’humanisme que tant d’hommes et de femmes de gauche (non exclusivement bien sûr) ont incarné.
Le détail est souvent révélateur. Quand dans un débat télévisé des années 80, la plupart des participants ne regardaient même pas le petit employé qui apportait un verre d’eau, une Huguette Bouchardeau en arrière-plan se retournait pour remercier avec un vrai sourire.
Si l’on fait le bilan des interventions de Jean-Luc Mélenchon, plusieurs questions se posent, sur le fond et sur la forme – peut-être révélatrice du fond. Rien de définitif dans ce qui va suivre : des interrogations, des agacements, des tentatives d’explication ou de jugement ; mais le débat reste ouvert, si quelqu'un considère avec du recul et davantage d'informations, que les attitudes mentionnées sont positives et souhaitables. Et si les propos qui suivent choquent malgré tout, on peut également considérer qu'ils ne sont que des répliques à ceux qui les ont inspirés. Les agressions verbales régulières exposent leur auteur à des réactions vives.
![]() http://www.youtube.com/watch?v=_-d6PAvsIh4 2°) Plus incroyable encore, pourquoi un tel revirement face à Laurence Ferrari ? Il la traite de « perruche » gagnant « un million d’euros », de femme vendue au grand capital... puis, une fois face à elle, il se répand en excuses, en minauderies, en sourires d’enfant voulant se faire pardonner. Mais les mots ne peuvent rendre l’effet produit par l’image, littéralement sidérante :
Est-ce cohérent pour un homme qui dit vouloir protéger les faibles et attaquer les puissants de faire rigoureusement le contraire dans la vraie vie ? Le jeune apprenti journaliste ne méritait-il pas plus que Laurence Ferrari un sourire encourageant et du respect ? La journaliste symbolisant tout ce qu’il veut attaquer ne méritait-elle pas davantage le tutoiement, les insultes, la recherche des paroles les plus blessantes ?
On pourrait objecter que J.-L. Mélenchon est issu d’un milieu populaire (ce qui est faux : dans les années 60, une mère institutrice et surtout un père receveur des postes conféraient un statut proche de celui d'une famille de notables : le site de la poste, dans son historique, rappelle que le receveur était "le plus souvent une personnalité locale") ou que sa verve correspond à son besoin de révolte.
Réponse à cette objection :
Robert Hue rappelait récemment que même Georges Marchais (dont les dérapages ont été en tout genre et à qui Mélenchon est souvent comparé) était « plus humaniste » et « moins agressif ». On peut lui laisser la parole (interview parue dans Var Matin) : « La stratégie de Jean-Luc Mélenchon qui consiste à opposer une gauche à une autre n'est pas bonne. D'ailleurs, une partie de l'électorat communiste doute de sa candidature.Qu'on le compare à Georges Marchais, ça vous agace ?
À la grande différence de Jean-Luc Mélenchon, Georges Marchais était communiste, Mélenchon vient de passer quarante ans au Parti socialiste ! Marchais était d'une grande radicalité, mais il était constructif, il ne cassait pas, n'était pas brutal. Personne ne peut sérieusement les comparer. »
Parmi ces hommes qui ont incarné le combat politique à gauche du PS, on peut noter qu’aucun n’a adopté une telle attitude : ni Robert Hue donc, ni Marie-George Buffet, ni Olivier Besancenot, ni Arlette Laguiller dont la gentillesse a toujours ravi même ses adversaires de débat, ni même Alain Krivine, qui a parfois été diabolisé mais qui semblait plein de retenue et de délicatesse à y bien regarder. Souvenir personnel d’une fin de meeting à Besançon où l’homme proposait aux vingt personnes présentes dans son public d’aller boire un pot, avec la timidité et la gentillesse d’un homme véritablement humble. De même Bernard Thibault, ancien cheminot ayant gravi les échelons de la représentation syndicale à la CGT, a tendance à répondre de façon posée et respectueuse aux questions qui lui sont posées.
D’ailleurs, J.-L. Mélenchon n’est plus, depuis les années 70, un petit employé (en fait journaliste puis dessinateur...) à la Dépêche du Jura puis au journal catholique La Croix Jurassienne à Lons-le-Saunier (où il a également été professeur de français). Il a rapidement presque immédiatement été porté dans les hautes sphères du PS et a été ministre, entre autres.
Si l’on observe sa façon de s’adresser aux autres, le fait d’invectiver méchamment des jeunes en les tutoyant ne ressemble-t-il pas davantage au style d’un petit patron sûr de lui ou d’un petit chef ironique, plein de mépris et de suffisance, plutôt qu’au style d’un ouvrier ou d’un fils d’ouvrier davantage habitué au respect, à la discrétion et à la modestie ?
Et puis prenons-le au mot : il veut une réorganisation de la société, qu'il juge injuste, avec des exploités et une caste loin au-dessus d'eux ? Pourquoi ne pas aller lire le superbe livre de Frantz Fanon, les Damnés de la terre, évoquant les luttes de décolonisation. La transposition ne serait pas si stupide. L'idéal du Martiniquais devenu Algérien de coeur, c'était une réorganisation par et pour le peuple : tout le contraire, selon lui, d'une organisation descendante. Si seulement ce patron des militants pouvaient réfléchir à cela, se dire que son rôle n'est pas de faire descendre de l'estrade un militant qui ne partage pas ses idées et qui doit malgré tout respecter ses ordres mais, au contraire, d'être uniquement un porte-parole modeste et attentif...
3°) Pourquoi ne revient-il pas plus souvent sur son action en tant que ministre (de 2000 à 2002) ? Une question au passage : le « lycée des métiers » qu’il a mis en place à l’époque ("réforme Mélenchon" de 2000) était-il tellement à gauche ? Cela n’a-t-il pas consisté, dans les faits, à offrir au patronat sur un plateau d’argent la destinée de beaucoup de lycées d'enseignement technique et professionnel ? 4°) Pourquoi refuse-t-il toute alliance avec le PS ?
Est-ce par calcul politique ? Non puisque ce refus de l’alliance peut avoir comme conséquence directe de faire gagner la droite.
Est-ce par opposition radicale ? Il a appartenu pas moins de quarante ans à ce parti.
Est-ce par rancœur personnelle ? Cela voudrait dire que pour une revanche personne contre ses anciens camarades, il prend le risque de compromettre les chances de la gauche et qu’il risque au passage de détruire ce qu’il reste du PCF, résistant tant bien que mal à l’érosion ces trente dernières années grâce à sa position comme satellite du PS, avec les accords de désistement. http://www.youtube.com/watch?v=D_qY2F77kxs
Commentaires (13)
fredoni a dit:
Chrisrub a dit:
poissonrouge a dit:
Bob_Mazol a dit:
Greed Hoacfunt a dit:
Hasta Siempre a dit:
Odile68 a dit:
M.T. a dit:
Jacques a dit:
républica49 a dit:
Chrisrub a dit:
Chrisrub a dit:
Odile68 a dit:
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