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Photo du jour : « Justice pour tous ! » |
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| 14-12-2009 21:34 - 4025 visites - Flux Tribune libre - Ecrit par Jef Tombeur - Lire son flux RSS | |
Cette photo a été
prise à Valencia (Valence, Espagne) fin novembre. On voit un homme sexagénaire
ayant accroché à son cou une corde de pendu et qui maintient un panonceau
proclamant : « La justicia es
para todos ». Je n’ai pas été voir à leurs sièges si les quotidiens
locaux (Las Provincias, Qué !) ont fait état de ses
doléances. Leurs sites sont muets sur son cas. Mais une vidéo de lui sur place
(face à l’ancien palais de justice de Valencia) a été déposée sur YouTube dès
le 2 novembre 2009. Toute similitude avec des situations existantes ou ayant
existé serait bien sûr fortuite et indépendante de la volonté des institutions
judiciaires et des organes de
Je lui ai dis que je comprenais mal le castillan, nous nous
sommes serrés la main, j’ai ajouté ¡ànimo ! (courage !)
et je suis reparti. Depuis 32 ans, il demande à être entendu et que ses
arguments soient réellement reconnus. « Nous nous sommes retrouvés, moi et mes enfants totalement ruinés sans
recours judiciaire, » conclut
Hier soir, j’ai rencontré Stephan Pascau, docteur ès lettres, auteur d’un remarquable Écrire et s’enfuir, dans l’ombre des Lumières – Henri-Joseph Dulaurens (1719-1793) pour la collection des « Gueux littéraires » de l’éditeur Les points sur les i. Sa mère a été assassinée par son second conjoint, de nombreux démêlés judiciaires s’ensuivirent, car en première instance, selon Serge Pascau, l’expertise psychiatrique effectuée par Michel Dubel, expert renommé près la cour de cassation, avait lourdement pesé en faveur de l’accusé. Un nouveau procès a tenu compte des conclusions d’une seconde expertise (« Un collège d'experts l'a considéré responsable de ses actes au moment des faits et déclaré accessible à une sanction pénale, » avait-il confié à La Dépêche du Midi) et l’assassin, Eugène Ricaud, avait été cette fois condamné. Mais la suite est d’une complexité judiciaire dont Stephan Pascau n’arrive pas à se dépêtrer, l’héritage de la maison de sa mère lui est « confisqué » à la défaveur d’une insolite argutie notariale, &c. Il a été contacté par d’autres personnes ayant pâti d’expertises diligentées par Michel Dubec (récemment condamné, en première instance, à trois mois avec sursis d’interdiction d’exercer par le Conseil de l’Ordre des médecins). La plupart se sont découragés, ayant tenté de multiples démarches.
Et puis, on voit aussi, sur la Toile, le type de supplique reproduit ci-dessous. Elle émane de Brigitte Brami, condamnée pour la seconde fois à plus d’un an de détention pour harcèlement à l’encontre de Michel Dubec. Après un premier appel, elle avait vu sa peine réduite à huit mois, dont six effectués à Fleury-Mérogis ; elle a interjeté appel du second jugement et attend une convocation pour enfin comparaître ; pour le moment, elle se soustrait aux poursuites…
« J'ai avant tout
besoin d'argent mais aussi :
Pourquoi ai-je si
froid ?
Pourquoi me
recherche-t-on au fait ?
J'ai simplement voulu
combattre mes crises de spasmophilie il y a 14 ans en allant chez Dubec.
Pourquoi ai-je si peur
de retourner en prison ?
Pourquoi est-ce que je
pleure en marchant ?
Pourquoi est-ce que
personne ne peut vraiment m'aider ?
Pourquoi cette prise
de conscience si tardive de la saloperie du monde ?
Pourquoi je n'ai plus
envie de vivre ?
Pourquoi ai-je dû
quitter mon quartier, mes voisins, mes habitudes et mon studio ?
Pourquoi ai-je dû
abandonner ma chienne ?
Pourquoi je compte mes
sous comme une clocharde pour payer des hôtels sordides ?
Pourquoi mon affaire
parfois intéresse internautes et associations mais que ma situation concrète se
dégrade de jour en jour ?
Pourquoi je me sens si
lasse ?
Pourquoi les lettres
recommandées avec AR pleuvent-elles ?
Pourquoi ce décalage
entre l'innocente que tous les pores de ma peau crient que je suis et la condamnation
qu'on a décidé à mon encontre ?
Pourquoi des flics ont
joué les shérifs en débarquant chez ma mère de 80 ans en menaçant de défoncer
la porte ?
Pourquoi Marie-Thérèse
n'est plus là pour me comprendre et me soutenir ?
Comment je vais faire
pour payer l'hôtel demain ?
Pourquoi même mon
frère qui m'a tant soutenue vient d'abdiquer violemment ?
Pourquoi tout le monde
trouve ma situation très injuste mais tout le monde reste impuissant ?
Je ne comprends plus
rien, c'est quoi ça ? Aidez-moi ! »
Mais le cas est « complexe », l’autorité de la chose jugée pèse plus lourd d’un côté de la balance, le cas est difficile à exposer. Alors, on s’éloigne. On ne comprend pas, ou on comprend trop bien et on renonce, ou on s’abstient de s’exposer à comprendre…
Des associations féministes ont soutenu Brigitte Brami, certaines – très peu – tentent encore de lui apporter, non pas des moyens de se soustraire à l’action judiciaire, mais qu’elle soit entendue. Peut-être que la majorité de ces associations féministes se satisfait d’une si lourde peine qui pourrait faire jurisprudence et servir la cause des femmes harcelées ? On tente de trouver des explications. Ou pas, ou plus…
Ou on se donne bonne conscience et on croit qu’en ayant tendu la main une fois, rapidement, à Juan Blanquez Roman, l’homme au nœud coulissant de la photo, on est quitte, avec soi-même si ce n’est avec lui et tant et tant d’autres…
Commentaires (5)
AgnesB a dit:
victimededubec a dit:
brigitte brami a dit:
brigittebrami a dit:
BRIGITTEBRAMI a dit:
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