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Paul Biya réélu : une tragédie pour le Cameroun, une honte pour la France |
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| 24-10-2011 16:16 - 1164 visites - Flux Tribune libre - Ecrit par kamsylvelass - Lire son flux RSS | |
Sans surprise, Paul Biya, dictateur camerounais depuis 1982, s’est accordé vendredi 21 octobre une victoire électorale en trompe-l’œil. « Le scrutin du 9 octobre était truqué dès le départ et son déroulement n’a fait que confirmer les craintes émises de toutes parts », déplore Eva Joly. Même les Etats-Unis sont sortis de leur réserve diplomatique pour estimer que l’élection était entachée « d'irrégularités à tous les niveaux ». Qui peut croire à ce score de 78 % au premier tour, avec une participation des deux tiers, pour ce roi fainéant, ce pilier de la Françafrique, qui ne fait plus illusion qu’à l’Elysée ?
Alain Juppé a osé dire le 11 octobre à l’Assemblée nationale que ces élections s’étaient déroulées « dans des conditions acceptables ». « Acceptables », l’interdiction des manifestations publiques, les votes mutliples, les scrutateurs expulsés de certains bureaux de vote? "Acceptables", la commission électorale soi-disant indépendante mais nommée par le président, les deux tiers des électeurs potentiels non-inscrits sur les registres électoraux, le déséquilibre immense dans les moyens de mener campagne avec un président mobilisant toute son administration ? « Acceptable », la répression féroce de la rue, comme en février 2008, quand Paul Biya a fait tirer sur une foule désarmée, tuant près de 150 personnes, sans déclencher la moindre critique de Paris ? Les réserves exprimées par le quai d’Orsay au sujet des « nombreuses irrégularités » constatées, légères et bien tardives, n’empêchent pas notre gouvernement de reconnaître le régime en place à Yaoundé. Paul Biya, une fois de plus, a gagné avec la bénédiction de la France, qui le porte à bout de bras depuis 1982. Comment en est-on arrivé là ? D’abord par une guerre coloniale puis néocoloniale, causant sans doute plus de 100 000 morts, menée entre 1955 et 1970 par l’armée française pour venir à bout des indépendantistes camerounais. Ensuite par un soutien constant à Ahmadou Ahidjo puis Paul Biya dès lors qu’ils accordaient leurs faveurs aux grands groupes industriels français, au premier rang desquels Elf, Total et Bolloré.
Commentaires (3)
Nordi a dit:
Maurice Defao a dit:
Mireille Zong a dit:
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