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Pagès fait-il son BHV (par le vide) ? |
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| 10-02-2010 22:02 - 3129 visites - Flux People, Jet Set - Ecrit par Jef Tombeur - Lire son flux RSS | |
Sous le titre « BHL
victime d’un auto-entartage », Frédéric Pagès, du Canard enchaîné, revient, et à la une, s’il vous plait et
excusez-le du peu, sur la bourde de BHV (Bernard-Henri le derviche en extase de
lui-même, dit aussi Bazar de l’Hôtel de Ville, annexe de la place des Vosges).
Eh bien, s’attribuer à soi seul Jean-Baptiste Botul, c’est un peu court, jeune
homme…
Recenser les méfaits de faiseur de BHV est fastidieux. Je n’en
retiens finalement qu’une, qui donne la mesure du personnage : faire
traduire un texte anglais et falsifier la version française pour se mettre en
valeur (dans Qui a tué Daniel Pearl ?,
livre qui vaut à Bernard-Henri ce commentaire finalement assez amène et tout en
understatement de Mariane Pearl,
veuve du journaliste, pour qui le personnage est doté d’un ego qui « détruit son intelligence »). Bref,
BHV tire toute la couverture à lui, l’inventant au besoin pour s’en draper. Et
Frédéric Pagès ?
On le sait, tel le Linus de Snoopy, BHV s’est pris le pied
dans sa doudoune, en citant un proto-kantien supposé (par lui-même),
Jean-Baptiste Botul. Pagès relève l’incohérence des fictifs néokantiens d’un
désormais mythique congrès paraguayen de 1945 que le fumiste a revisité dans l’un
de ses apparentements sauvagement anachroniques. Effectivement, Pagès le relève
à juste titre, La Vie sexuelle d’Emmanuel
Kant, signé Botul, est paru en 1999. De fait, le mal documenté (quand il ne
s’invente pas des documents), n’a rendu hommage qu’
Mais Pagès, auquel les lignes sont peu comptées, aurait fort
bien pu ne pas se rengorger en solitaire. Président des Amis de Botul, Pagès n’est
pas le seul auteur des diverses botuleries et là, il se fait vieux beau
regonflé au Botox (qui lui doit, certes, beaucoup). Lui moins qu’un autre ne
peut ignorer que Botul est un alias collectif, et s’il signale qu’« en
deux clics d’Internet » chacun peut savoir que Botul est un auteur
imaginaire, il n’en faut pas trois pour retrouver Jacques Gaillard, Bertrand
Rothé et Christophe Clerc, pour ne citer que ceux que deux clics de simple
requête font remonter à
Il se trouve que j’avais
mentionné Botul dans ma présentation de la Lettre aux politiciens, aux juges,
aux citoyens, de Guy de Quercy, paru ici-même,
sur C4N, le premier février 2010, et
que je m’abstiens fort bien de lire BHV. La place ne m’est pas comptée, et j’avais
omis de mentionner Pagès parce que, dans le contexte, cela m’avait paru
inessentiel. BHV étant insignifiant, mais non Frédéric Pagès, il ne me serait
pas venu à l’idée d’évoquer son De la
guerre en philosophie, fort dispensable. Et j’aurais donc aussi glissé sur
son esbroufe. Pagès vaut beaucoup mieux, tout comme Botul (lui-même et d’autres),
et je me serais volontiers dispensé de relever qu’au Canard d’antan « on a
démissionné pour moins que cela… ». Il serait dommage que le Canard se prive de Pagès et puis, autres
temps, autres mœurs. Mais grâce à Pagès, « nombre de confrères peuvent exercer leur droit à la rigolade ».
Renvoyer à sa seule personne l’ascenseur, n’est-ce pas aussi faire preuve d’un
ego – et c’est une litote – qui amenuise l’intelligence ? Il l’est au
moins, en intelligence, avec lui-même. Mais les Roux et Combalusier, les Otis
ont leurs ratés. Et si l’on sait bien qu’en tant que philosophe, Bernard-Henri
Lévy est inexistant (alors qu’en sa qualité de montreur de marionnettes et
ventriloque, j’avais noté, au siècle dernier, « il a de petites mains, et les agite bien »), Pagès, en tant qu’inestimable
confrère de la gendelettres, ou Premier Paris balzacien, existe fort bien.
Il vient de le magistralement démontrer. Tiens, pour un peu, on irait bien voir chez Marc-Édouard Nabe s’il n’a pas reçu un « pan sur le bec ». Pour la liste d’Allamand et Schindler (ou de Liftman et Botox), c’est gagné, pour le Jourde & Naulleau, encore un effort ! Il suffit de deux clics pour se rendre compte que Pagès n’a pas tiré la couverture autour de lui seul qu’en une du Canard enchaîné. Cela ne retire rien à l’agrément de son Idiot de la Sorbonne (éd. Maren Sell) mais il aurait bien mérité une notule dans L’Idiot international (disparu en 1994). Après Fred Zeller, distingué pour sa fatuité, nous lui décernons bien volontiers la rosette de l’Ordre de la Peau de cervelas. Fallait pas la mériter ! ![]()
Commentaires (1)
Jef Tombeur a dit:
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