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Mon village en Sarkoland |
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| 11-01-2012 14:03 - 1303 visites - Flux Tribune libre - Ecrit par Christian Navis - Lire son flux RSS | |
"Tu as la chance, me disent mes amis, de résider dans un endroit calme, loin du bruit, de la pollution et de la délinquance vermiculaire. A proximité de l'océan et de ses immenses plages de sable blanc. De quoi te plains-tu ?"
Des services aux sévices ! En 2007, nous avions un tribunal d'instance à 30 Km où, depuis Napoléon, un juge débonnaire et un greffier serviable contribuaient au réglement des petits litiges. C'était facile pour peu qu'on sache lire et écrire, pas besoin d'avocat, c'était une vraie justice de proximité rapide et facile d'accès. Depuis 2009, il faut se rendre à la grande ville. Y passer la journée. Et souvent y revenir car la juridiction naguère surchargée, étouffe aujourd'hui sous ses dossiers. Les renvois d'audience y sont fréquents. Sans compter que les "juges de ville" n'apprécient guère les impudents qui ont la prétention d'exposer seuls leur cause. Alors, même si leur plaidoirie se résume à évoquer la sagesse du tribunal au civil et sa bienveillance au pénal, il faut payer au minimum 1000 à 1500 euros pour être dignement représenté.
En 2007, nous avions une navette intercommunale, minibus utile pour les personnes trop âgées pour conduire, ou trop pauvres pour s'acheter une nouvelle voiture ou faire réparer la leur, une fois leur vieille caisse HS, soupapes mortes grâce au super sans plomb, merci les écolos.
En 2007, nous avions aussi un service de bus quotidien pour les 2 villes moyennes à environ 70 Km, et également pour la grande ville à 100 Km. A quoi bon se diront certains quand tout le monde a sa voiture ? C'est oublier le jeunes, les vieux, les pauvres sans voiture et les couples impécunieux qui n'en ont qu'une avec deux lieux de travail différents, et ceux à qui l'Etat a sucré le permis quand ils ont oublié 3 fois d'attacher leur ceinture. Or les spécialistes et les hopitaux se trouvent, de tout temps, dans ces villes. L'Etat voulait tout regrouper dans la seule conurbation, mais il a hésité. Pour cette fois. En toute hypothèse, la suppression des moyens de transport a un double impact négatif sur les dépenses de santé : la plupart des malades renoncent un peu plus à se soigner, aggravant leur cas. Et ceux qui ont une bonne mutuelle et un médecin sympa utilisent des ambulances alors qu'ils sont valides.
Lourdes restrictions pour cause de gestion plombée
Ces services existaient depuis des décennies et, quand ils avaient du mal à boucler leur budget, ils étaient aidés par le conseil général en raison de leur aspect social. La rénovation des logements et bureaux des juges et des postiers par exemple, les subventions aux concessionnaires de transport ou aux mairies quand la navette était intercommunale.
Mon plaisant village est disloqué. Les vieux se laissent mourir ou se suicident. Les jeunes partent sans espoir de retour. Les derniers commerces baissent le rideau. Les gens simples sont désespérés. Le PIB, les AAA, la BCE, tout cela n'évoque pas grand chose pour eux. Mais ils ont noté que Monsieur le maire, président du syndicat de communes, flamboyant élu UMP naguère, fait profil bas. Aux dernières cantonales, il s'est présenté comme "défenseur des intérêts locaux". Dans ma riante campagne, on a honte d'avouer qu'on a pu être, un jour, sarkozyste.
Commentaires (18)
Ludo a dit:
zelectron a dit:
Christian Navis a dit:
zelectron a dit:charly12 a dit:Christian Navis a dit:
Christian Navis a dit:
zelectron a dit:Christian Navis a dit:
zelectron a dit:Christian Navis a dit:
Ludo a dit:Christian Navis a dit:zelectron a dit:Christian Navis a dit:
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