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Ô ministres voyous, conseillers véreux… |
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| 19-08-2011 18:00 - 2038 visites - Flux Société, Education - Ecrit par Jef Tombeur - Lire son flux RSS | |
« Serviteurs » de vous-mêmes, qui pillez la maison commune… La France avait un Victor Hugo, elle s’en remet aux Bernard-Henri Lévy ! Comment ne pas comparer la cinglante condamnation de la classe dirigeante britannique par le quotidien conservateur The Telegraph à la suite des émeutes en Angleterre et notre lénifiante presse dominante qui, après les Karachigate, Woerthgate et autres affaires Tapie ou Takieddine, officie encore en ordonnatrice des menus plaisirs de la Sarkozye ?
Oh, bien sûr, même Le Figaro finit par faire état des enquêtes de Mediapart, du Canard enchaîné ou à l’occasion de Marianne (moins, quand il s’agissait du défunt Bakchich, disparu après avoir épinglé Éric Besson), mais avec quelle distanciation.
Aujourd’hui, Libération reprend : « Takieddine a reçu 7 millions d’euros de Total, selon Mediapart ». Des gisements reniflés ?
Comme a pu par exemple le faire Le Canard enchaîné pour l’affaire de l’hippodrome de Compiègne (cédé avec célérité par Éric Woerth à un investisseur privé), Mediapart publie des documents. Il les place intégralement en ligne. La plus récente affaire Takkiedine évoque très fort les fameux « avions renifleurs » d’Elf Aquitaine, autre groupe pétrolier, qui avait défrayé la chronique sous Valery Giscard et la présidence d’Albin Chalandon, ancien ministre, pdg d’Elf. Mediapart y fait allusion : « comme au bon vieux temps du groupe Elf, le dispositif de versement des commissions du groupe Total est en place. ». Total, qui affirme « il n’y a pas eu de corruption », a perdu totalement 6,9 millions d’euros, perte déduite des bénéfices imposables, somme qui aurait été répartie entre peut-être le clan Kadhafi et assurément le Franco-Libanais Ziad Takieddine, « fil conducteur de la part d’ombre d’un clan : celui du chef de l’État. ». Faux-vrais ou vrais-faux gisements, ou plutôt gisements peu rentables, réputés tels, dès le début de l’opération ? L’Espagnol Repsol devant être associé au projet Total, il faudrait « creuser » de ce côté pour voir à quel point cette ex-entreprise nationale (privatisée en 1997) accordait du crédit aux prévisions d’exploitation des deux gisements. On se rappelle que le fils Kadhafi, dès le début de l’actuelle guerre civile libyenne favorisée par diverses assurances (et aides, et armements) données aux dirigeants de Benghazi, avait proclamé détenir des preuves d’un financement libyen de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy. Les preuves sont toujours attendues, mais cette nième affaire Takiedinne laisse fortement supposer que le clan Kadhafi a pu servir d’alibi à l’intermédiaire habituel d’une faction du RPR puis de l’UMP. La décision la plus scandaleuse Éric Woerth menaçait de poursuivre Le Canard enchaîné et Le Courrier Picard au sujet de la vente de l’hippodrome de Compiègne. On attend. Christine Lagarde n’a pas pour l’instant décidé de traîner Mediapart et François Bayrou devant les tribunaux. La presse française dominante ne s’en étonne même pas. Pourtant, quand François Bayrou, à propos de l’affaire Tapie qui a permis à l’ancien ministre de François Mitterrand d’empocher 304 millions d’euros, évoque « la décision la plus scandaleuse des dernières décennies », il ne prend pas de gants. Il estime que « c’est l’arbitrage tout entier qui est soupçonné de constituer un faux avec la complicité des responsables de l’État, et aux frais du contribuable. ». Soupçon n’est pas preuve mais François Bayrou ajoute que « des illégalités, des complicités (…) au sein même de l’État », ce qui revient à des accusations formelles de prévarication et de forfaiture. Woerth a « une tête d’honnête homme », selon ses dires. Philippe Bilger, pour Marianne, réplique que Christine Lagarde aurait fort bien pu « copiner » avec Bernard Tapie autant qu’avec un « président de la République dont les premiers pas n’ont pas brillé par le raffinement ! ». Ne confondons pas raffinement et raffinage, opération parfois « extrêmement facile » comme l’écrivait Jules Vernes à propos du « blanchissage », non de l’argent, mais du suc d’érable. Mais voyez comme il est parfois « extrêmement facile » de remplir les poches de ses proches de nos jours. Magistrat, Philippe Bilger reprend a son compte l’analyse de Jean-Louis Debré : Christine Lagarde a été « exfiltrée » au FMI pour éviter d’avoir à démissionner ou plutôt sans doute, de se voir contrainte de fournir des explications avant la présidentielle de 2012. « Il y a-t-il encore un citoyen pour soutenir que tout cela est dérisoire parce que la France aurait d'autres chats à fouetter ? » conclut Philippe Bilger. Des émeutes exutoires ? Une fausse nouvelle n’est « fausse », selon la loi française, que si le fait dénaturé ou inventé est « de nature à troubler la paix publique ». Bref, pas de manifestation émaillée d’incidents violents, pas de bris de vitrines, de véhicules incendiés, pas d’information « de nature à causer une atteinte ou du tort à quelque intérêt public », comme le précise la loi canadienne, moins restrictive. Évidemment, si quelques « sauvageons » argumentaient, de manière trop évidente pour être tue par la presse, que leurs agissements reflètent ceux de la classe dirigeante que dénonce l’éditorialiste du Telegraph, on pourrait risquer de voir quelques journaux mal-pensants se faire trouver des poux dans la tête. Ce serait pire encore s’il s’agissait d’agriculteurs en colère (mais la FNSEA veille à ce que de tels arguments, fallacieux, forcément fallacieux, ne soient pas avancés). Car bien sûr, en France, ce n’est pas ce que dénoncent Mediapart et d’autres qui est scandaleux. C’est leur « acharnement » a ne pas traiter leurs enquêtes sur un mode dérisoire, alors que la France a « d’autres chats à fouetter » (l’immigration, la faiblesse du pouvoir d’achat, les incivilités, &c., selon les unes ou les autres), qui frise l’impiété, sème la dissension, vise à provoquer une indignation aussi tardive à venir qu’une insurrection générale. « Rarement tous ceux dont on prononce le nom à tort ou à raison sont atteints, car le secret du corrupteur est souvent de viser si haut que la révélation des complicités menace les institutions mêmes, si l'on décide de sévir, » écrivait l’avocat Maurice Garçon en… 1933. Radio PTT (l’ancienne La Poste) venait d’inaugurer la télévision française. Le Francisme, ancêtre spirituel du Front national actuel, allait profiter, comme le Parti communiste, du scandale politico-financier de l’affaire Stavisky. Un Charles Maurras, dans L’Action française, allait écrire trois ans plus tard : « il ne faudra abattre physiquement Blum que le jour où sa politique nous aura amené la guerre impie qu'il rêve contre nos compagnons d'armes italiens. » (soit les mussoliniens). En face, la gauche était à peine moins virulente. Mais tout glisse à présent sur le cuir endurci des Françaises et des Français qui, en matière de scandales, en ont vu depuis tant d’autres. Seuls, quelques batailles rangées entre bandes des banlieues ou les propos de Brigitte Bardot sur un toutou un peu trop sauvage, des faits aussi notoires et démesurément commentés qu’un pipi de Depardieu dans une travée d’avion, peuvent encore les émouvoir. Impavide Nicolas Sarkozy Soupçonné, à tort, d’avoir déserté lors de la Grande Guerre, décrit comme un homosexuel quelques mois après la mort de son épouse, le ministre Roger Salengro se suicide en laissant pour viatique à la postérité « s’ils n’ont pas réussi à me déshonorer, du moins porteront-ils la responsabilité de ma mort. ». Gentiment chahuté parfois par la presse, Nicolas Sarkozy lui fait peut-être porter la responsabilité de devoir arborer ses Rolex uniquement dans l’intimité. Au-dessus des lois communes, comme le fut son prédécesseur au cours de sa mandature, il téléphone parfois aux patrons des chaînes de télévision si des propos le chagrinent. Les sanctions suivent. Un Bayrou peut bien implicitement le viser, il n’en a cure. Certes, sur cette nouvelle affaire Takieddine, la presse, y compris L’Express (Éric Mettout, son redchef, ne l’exclut absolument pas), finira par répercuter plus amplement les informations de Mediapart. Un peu, peut-être, comme il finira par être écrit que le pouvoir de Benghazi emploie les mêmes méthodes que celui de Tripoli. Hormis, par exemple Le Figaro, qui n’a pas trop à ménager les sensibilités fortement opposées du lectorat de titres généralistes moins nettement positionnés, l’ensemble des titres de presse écrite reprendront l’essentiel en appuyant quand même là où il convient. Le quotidien dirigé par le sarkozyste Étienne Mougeotte ne passera pas toutes les informations incontournables à la trappe. Mais Mougeotte a fait passer la consigne : le traitement de l’affaire sombre dans l’outrance, et révèle une « démarche éminemment policière de Mediapart, un travail de juge d'instruction aux pratiques très particulières. ». Un peu comme le traitement de l’affaire DSK, rétorqueront ceux qui restent persuadés qu’il ne peut s’agir que d’un complot. Mais Arrêt sur images relève par exemple que, hormis les petites phrases des politiques d’opposition, l’affaire ne suscite pas (encore) « d’articles qui puissent empêcher de dormir Guéant, Sarkozy ou Copé. ». Alors même « que l'avocate de Takieddine a indiqué à Paris Match que l'homme d'affaires ne portera pas plainte… ». Pourtant, pourtant, Jérôme Cahuzac, qui préside la Commission des finances de l’Assemblée nationale, a annoncé qu’il entendait exercer son contrôle, notamment sur la situation fiscale de Takieddine (grosse fortune, non imposable, semble-t-il). Comme l’énonçait Peter Oborne, peu de ces fortunes « s’embêtent à payer des impôts. ». Surtout tant que, comme Liliane Bettencourt, aucune anicroche devenue publique vient chambouler la donne et… la bonne entente avec les ministres intègres et les conseillers vertueux…
Commentaires (8)
Jef Tombeur a dit:
NicoAix a dit:Jef Tombeur a dit:
Jef Tombeur a dit:
isa3 a dit:Ecrivez un commentaire
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10 juin
Les critiques les plus virulentes de la caste dirigeante et du gouvernement britannique à la suite des émeutes de Londres et d’autres villes anglaises sont venues de là où on ne s’y attendait guère. Peter Oborne, l’éditorialiste du Daily Telegraph, a estimé que la criminalité urbaine « ne peut pas être dissociée de la désintégration morale des plus hauts rangs de la société. » De son côté, le Daily Mirror revenait sur les comportements de vulgaire petit malfrat de l’actuel Premier ministre, 