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Mercredi des Cendres, les djeuns ! |
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| 09-03-2011 07:09 - 2219 visites - Flux Culture, Livres, Poésie - Ecrit par Jef Tombeur - Lire son flux RSS | |
Eh non, ce n'est pas aujourd'hui plus qu'hier ou moins que demain le jour des éditions des Cendres de Marc Kopylov (cherchez). Ni la fête des Cendrine (bonne fête aux Françoise). Mais c'est peut-être le bon jour pour lire Le Gai Savoir de la mort, de Jérôme Peignot. Histoire de présager que son retour en poussière sera révélation de « la splendeur du monde ».
Eh non, je ne vais pas vous parler non plus du livre de Jérôme Peignot, descendant d'une illustre famille de créateurs de caractères typographiques, dont son préfacier, Jacques Sojcher écrit qu'il exprime « l'espérance hyperbolique, espérance plus païenne que chrétienne, plus cosmologique que de résurrection. ». Mais du mercredi des Cendres.
Vous vous prénommez Sandrine ? Votre fête est le 2 avril, car Sandre est à Alexandre ce que Totor est à Hector. Vous êtes une protectrice de l'humanité ou une résistante, selon l'acception étymologique. Les Alexia sont vos « cousines ». Vous vous prénommez Cendrine ? Alors, vous devez être (majoritairement à vous toute seule) une jeune trentenaire ou quarantenaire, ne vivant pas forcément sur les rives de la rivière homonyme, affluent du Loir dont les eaux rejoignent la Loire par la Maine. Et votre fête est le… hmm… continuez peut-être à penser que c'est aussi le 2 avril.
Ce mercredi, vous pourriez vous rendre dans une église catholique romaine ou orientale. Sur votre front, depuis environ 590, on vous apposera un peu de cendre provenant de la crémation des rameaux bénis le 28 mars 2010, dimanche des Rameaux et de la Passion (le prochain est le 17 avril), second dimanche de la Passion. Des rameaux de buis ou laurier, de saule ou d'olivier, mais aussi, comme aux origines, de palmier, selon les pays ou les continents, ou les îles, comme la Corse. Tous les rameaux ne finissent pas en cendres.
Si ces rameaux (des branches de palmier foulées par les sabots de l'âne chevauché par le Christ entrant à Jérusalem) sont une référence biblique, les Cendres doivent tout à Grégoire, premier du nom, pape qui tenta de départager les rêves dus au régime alimentaire ou à la famine de ceux inspirés par les démons ou les saints, voire d'inspiration divine. Avant lui, ont brûlait les rameaux selon les besoins, pour marquer les excommuniés ou les bannis, symboliquement, à vie. Puis on préférera les vouer au sac et aux cendres pour une simple quarantaine (les jours du Carême) ou une plus longue période. Ils ne devaient ni se couper les cheveux, ni se raser le crâne, ni même se laver : ce qui facilitait peut-être l'abstinence charnelle.
Revenons au Carême. La Croix m'indique qu'on peut s'y associer via l'Internet, avec les bénédictines de Prailles (« concrètement, vous recevrez deux courriels par semaine »), tandis que le sanctuaire de Paray-le-Monial est plus ambitieux (« recevez chaque jour par courriel une médiation de carême »), et que Notre-Dame du Ouaibe (du Web : ndweb.org), n'est pas plus en reste que les frères dominicains de Lille, dont le site est « désormais accessible sur smartphone »). Sainte Françoise Romaine serait la patronne des automobilistes, pour les internautes, je n'ai trouvé qu'une catalane sainte Tecla (sainte Touche, en traduction littérale osée) dont la chapelle virtuelle ne désemplit pas. Vous pouvez lui communiquer « tous les problèmes informatiques qui vous empêchent de naviguer (...) elle s'en chargera… » (adaptation libre, la troisième personne ayant été préférée à la seconde, par exemple). Voilà de quoi entamer en toute confiance, sous l'égide de sainte Touche (dont je ne sais pas grand' chose, si ce n'est qu'elle délivra Este de la peste, et qui n'est autre que sainte Thècle d'Iconium, actuelle Konya, en Turquie), un chemin de croix. Méditation en ce premier jour de Carême : les racines chrétiennes de la France sont fort lointaines, pas forcément blondes.
Mais puisque nous sommes en rubrique « Culture, livres et ciné », retour sur Jérôme Peignot. Sans détour, no, il a précédemment publié Les Cent sonnets de Ker Borny (encore aux éditions des Cendres). Regardez les petits oiseaux du ciel… (plutôt en formation de vol que nichés, car ils sont assourdissants). Son Gai savoir incite à « travailler notre mort ». C'est du Montaigne dans la prose de Ronsard. Comme l'écrit Jacques Sojcher (auteur du collectif Où va Dieu ? aux éds Ah!, éditeur de la Revue de l'université de Bruxelles, ou aux éds Complexe) il nous mène « dans l'avant-après du toujours qui peut rire de et avec la mort… ». Consultez peut-être quelques extraits sur le site Ensimismamiento (entrer en soi, au féminin… pluriel sous-entendu). Tentez peut-être de lire au préalable, toujours aux éditions des Cendres, le Laure, une rupture (correspondance de Laure Peignot avec Boris Souvarine, Georges Bataille, Simone Weil… et d'autres…).
Commentaires (10)
Jef Tombeur a dit:
liberti(n)us a dit:Mozarine a dit:Mozarine a dit:
Mozarine a dit:NIHILE a dit:Mychelle a dit:Jef Tombeur a dit:
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Je ne sais trop ce qu'entendait Nicolas Sarkozy en revenant par deux fois (déc. 2007, mars 2011) sur « les racines chrétiennes de la France ». Bah, saint Pierre entendit trois fois le coq avant de se raviser. Puis, excédé par ce gallinacé, il l'aurait envoyé d'un formidable coup de pied au sommet d'un clocher, où il resta juché. Nicolas Sarkozy nous la chante clair, mais on ne sait trop sur quel ergot il dansera bientôt.