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Marine Le Pen : « la majorité silencieuse, c'est ma pomme ». |
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| 10-12-2011 22:27 - 1516 visites - Flux Politique - Ecrit par Jef Tombeur - Lire son flux RSS | |
« Cette majorité silencieuse, c'est moi qui la représente, » confie Marine Le Pen au Journal du dimanche. Admettons qu'elle en exprime nombre d'inquiétudes, et même de ressentiments. Rejet du fédéralisme européen incarné, avec des variantes qui ne retiennent guère son attention, par Hollande ou Sarkozy, condamnation de la mondialisation, et appel à une « révolution pacifique » sont les points forts de cet entretien.
Il doit s'agir, sans doute, du peuple européen.
« Le droit de vote est le dernier droit qui reste aux Français, » disait-elle voici peu, vaillante sous la pluie, brandissant la question des cantines scolaires et du vote des Moldaves et Monténégrins orthodoxes, des Islandais bouddhistes végétariens. « Non à la charia ! », scandait l'assistance. « Comment peut-on changer d'avis sur un sujet si fondamental, consubstantiel de notre liberté ? », lançait-elle à l'endroit de Nicolas Sarkozy. Le redira-t-elle ce dimanche à Metz, où elle tient un grand rassemblement au parc des Expositions (5 euros, gratuit pour les moins de 18 ans) ou pas ? Ou se concentrera-t-elle sur les mariages blancs ? À temps pour ce meeting, le projet présidentiel de Marine Le Pen sera disponible, imprimé. Il était resté longtemps, en ligne, avec des trous. Le chapitre « Famille » comporte encore une phrase sur l'opposition au mariage homosexuel ou à l'adoption par des couples homosexuels. Ouf, sans remise en cause du Pacs (trop d'hétérosexuels l'adoptent, sans doute). Ouf, par ailleurs, elle laisse à Bertrand Duteheil de la Rochère le soin de dénoncer la pièce Golgota Picnic « qui n'est qu'une provocation contre le christianisme » (ce qui ne semble vraiment établi que par les manifestants catholiques n'ayant pas pris la peine d'y assister).
Après le picnic de l'Eurogeddon de Bruxelles, il y a peut-être des sujets plus cruciaux. Faute de signatures de maires ou élus, Marine Le Pen rajoute à son site un autre, marinelepen2012.fr (en fait, les contenus sont les mêmes), cela lui fait deux adresses pour recueillir des signatures. Elle s'y entretient, exclusivement, avec elle-même, au coin du feu, avec, en décor, une statuette de JMJ (Jésus-Marie-Joseph), bretonne, semble-t-il. « Une parité un euro, un franc, c'est possible ». Sans forcément exclure une dévaluation qui, selon Louis Alliot, ne serait pas forcément nécessaire, mais que le programme de sa compagne estime (pour les autres, pour le futur franc aussi, on ne sait) souhaitable si compétitive. On peut y croire. De toute façon, et elle n'a pas forcément tort, la fin de l'euro, c'est une question, pour la voix d e la majorité silencieuse, selon les micros, de « quelques semaines » ou de quelques mois (après l'élection présidentielle française, qu'elle l'emporte ou non). Cela reste à vérifier.
Cela étant, elle a quand même de bonnes formules, la Marion-Marine : « Guéant s’inspire de Victor Lustig, le plus grand escroc du siècle, qui a vendu la tour Eiffel deux fois ! ». On lui sait gré par ailleurs de retenir ses photographes d'abuser de logiciels de retouche. Juste ce qu'il faut, pas trop… Pour retoucher la politique monétaire et les traités, ce sera une autre paire de bretelles. Surtout en exigeant « une contribution nette de la France au budget européen nulle » (on recevrait autant que l'on donne ; dans ce cas, pourquoi donner ? et pourquoi recevoir ?). Le hic, c'est que dans l'attente de négociations entre formations proches du FN au pouvoir un peu partout, Marine Le Pen deviendrait co-capitaine de pédalo avec le président hongrois. Comme le dit Mélenchon, « vous voyez le capitaine, moi je vous parle du pédalo » (soit des mesures à prendre, des réponses à la crise). Là, je vois surtout les pachas et aussi les équipages. Pas tout faux « Organiser la sortie de l'euro, refermer la parenthèse folle, c'est la seule solution. Cela coûte une fortune de retarder l'effondrement. L'accord, c'est pour sauver les banques… ». On peut sans doute le voir ainsi. Mais avec qui Marine Le Pen veut-elle se concerter pour le moment ? C'est quand même un peu la question. Pour le moment, la prochaine phase étudiée (certes peu concertée) serait, en cas d'attaques trop fortes, de virer la Grèce (qui peut se rebiffer), voire d'autres. Pour se concerter, il faut être deux. Et peut-être représenter autre chose qu'une très floue majorité silencieuse, dont l'unanimité de la voix est loin d'être assurée. Mais Marine Le Pen n'est pas seule à penser qu'une sortie de l'euro, contrainte ou volontaire, doit être envisagée. Elle lance donc véritablement, à Metz, sa campagne. Elle a fait montre d'un certain cran en songeant à venir à Saint-Nazaire en avril 2012. Ville ouvrière, dit-on (ou qui l'était, les entreprises faisant surtout appel à des sous-traitants étrangers). La classe politique locale est divisée. Lui accorder la salle qu'elle veut ou pas, une autre ou pas du tout de salle. Lui réserver un accueil protestataire ou lui tourner le dos ? Localement, c'est un ancien ouvrier des chantiers, devenu agent de sécurité, qui devrait briguer pour le FN un siège de député. On aimerait surtout que Marine Le Pen puisse être entendue, non sur la nécessité de sortir de l'eurozone (elle ne cesse de le dire sur tout les tons), mais sur la manière et les conséquences. Fort peu ostracisée par les médias désormais (elle apparaît un peu partout), elle ne se voit pas poser les questions qu'on aimerait poser à Nicolas Sarkozy (et qu'on ne se prive guère de planter devant Hollande, Joly ou Mélenchon, parfois, ou Bayrou). Soit comment sortir précisément de la crise, quelle attitude vis-à-vis des banques et intervenants financiers (concrètement : continuer avec les hedge funds ou non, les ventes à découvert, &c.), quelles mesures de relance au profit de qui au juste (ok, on a compris, agriculteurs, commerçants, TPE, PME-PMI), et surtout aux dépens de qui (soit des grands groupes industriels mondialisateurs) ?
C'est très bien de dire à qui sa main droite va donner (le projet publié est assez prolixe), mais il faudrait dire aussi à qui sa main gauche va retirer pour financer et comment. C'est très bien de dire que la fiscalité française est trop complexe, que les PME payent trois fois plus sur les bénéfices que les entreprises cotées, d'annoncer que la tranche supérieure de l'impôt sur le revenu sera portée à 46 % (mais elle sera à quel niveau, cette tranche supérieure, l'actuel ?) et que de nouvelles tranches inférieures seront créées. Mais il serait bon d'en indiquer les seuils. Quand je vois que les petites entreprises pourront lever des fonds propres grâce à des business angels, j'aperçois furtivement un ange dans mon champ de regard, mais il passe un peu trop vite. Question concertation, lorsqu'il est question de réinstaurer les droits de douane pour certains pays d'Europe de l'Est, je voudrais qu'on me les nomme. Hongrie, Roumanie, Bulgarie et même Grèce ? Et pourquoi pas pour les produits agricoles espagnols et portugais ? Pour les mici dominicaux transnistriens, je doute que cela renfloue les caisses… On sait causer aussi Bref, voire la bobine de Marine Le Pen dans la « grande » presse ne me défrise pas. J'aimerais plutôt la lire, un peu asticotée par des panels de journalistes, dans la presse financière ou les presses techniques et professionnelles. Et c'est aussi le souhait d'une partie de la « majorité silencieuse ». Après tout, nous l'incarnons toutes et tous, à des degrés divers, autant qu'elle-même. Non ? C'est en tout cas, au Bar des Amis (appelons-le comme cela), où se retrouvent encore des artisans, des commerçants, des ouvriers, des chômeurs, mais aussi des avocats, de petits industriels, des artisans, des propriétaires et des locataires (je sais, de tels établissements sont devenus rares, mais d'aucuns subsistent), notre humble avis.
Commentaires (13)
zelectron a dit:
Marika a dit:Eunyce a dit:Marika a dit:unpetitcoucou a dit:Marika a dit:unpetitcoucou a dit:
Marika a dit:unpetitcoucou a dit:unpetitcoucou a dit:Hallal a dit:unpetitcoucou a dit:
unpetitcoucou a dit:
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10 juin
Or donc, Marine Le Pen voudrait « une nouvelle nuit du 4 août » (1789, nuit du vote de l'abolition des privilèges de la noblesse et de l'épiscopat).