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25 May 2008
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Mai 68 (suite -18).

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16, 17 et 18 mai.

Rétro du 15 mai, concert de jazz dans la Sorbonne occupée.

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La réalité de l’époque.

Mai 68 - Partie 1
envoyé par wampasophile

L’usine Renault de Billancourt occupée.

Billancourt. Près de 5 000 ouvriers tiennent une assemblée générale dans l’usine Renault. Le mouvement de grève sauvage se propage rapidement à tous les secteurs, partout en France.

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Le 16 mai.

Georges Pompidou joue la fermeté.

Dans une allocution radiotélévisée aux accents gaulliens,

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le Premier ministre a prévenu les jeunes contestataires : “Le gouvernement fera son devoir”. Le Premier ministre Georges Pompidou s’est exprimé avec fermeté dans la soirée du jeudi 16 mai sur les mouvements étudiants au cours d’une brève allocution.

Celle-ci a été préparée dans l’urgence, l’ORTF n’ayant été prévenu qu’une heure et demie auparavant. Cette décision soudaine est liée à la volonté des étudiants de manifester vendredi devant les locaux de l’ORTF et à la contagion de l’agitation universitaire aux usines, bien que Georges Pompidou n’est pas évoqué l’aspect social du mouvement de contestation.

Dans son allocution, le Premier ministre a d’abord mis en avant les gages de sa volonté d’apaisement en rappelant qu’il avait autorisé la réouverture de la Sorbonne et la libération des manifestants et prononcé une amnistie totale.”Mes appels n’ont pas été entendus par tous”, a-t-il déploré, évoquant “des groupes d’enragés” dont le but avoué est “de détruire la nation et les bases mêmes de notre société liberté”.
Dans ces conditions, “le gouvernement fera son devoir” a-t-il prévenu en ajoutant: “Il vous demande de l’aider”. Parallèlement, un certain nombre de mesures ont été prises par le gouvernement, le rappel des réservistes de la gendarmerie, une surveillance accrue de certains bâtiments parisiens (tour Eiffel, Opéra...) et la convocation d’une conférence sur le maintien de l’ordre vendredi.

Le climat se dégrade encore chez Renault.

Les grèves se généralisent et la France se paralyse.

Les grèves généralisées la France paralysée
envoyé par ina

La plupart des usines sont en grève, Cléon, Boulogne-Billancourt, Flins, Le Mans, Sandouville et Orléans.

Parti de l’usine de Cléon (Seine-Maritime), le mouvement social s’est étendu dans la journée du jeudi 16 mai aux autres sites de la régie Renault. À l’origine des revendications des salariés de l’entreprise, se trouvent deux cents jeunes syndicalistes proches des étudiants travaillant à l’usine de Cléon (4500 salariés). Mercredi, ils ont décidé d’occuper les ateliers et de retenir en otage le directeur et douze de ses collaborateurs. À l’usine de Boulogne-Billancourt, les ouvriers ont commencé à débrayer jeudi dans l’après-midi. Une grève a été décidée à 17 heures par la CGT, la CFDT et FO.

Dans la soirée, un cortège d’étudiants parti de la Sorbonne s’est présenté aux portes de l’usine pour manifester sa solidarité avec les travailleurs. Les représentants du mouvement ont préféré ne pas leur ouvrir les grilles de l’établissement pour ne pas donner un prétexte aux forces de l’ordre de faire évacuer les bâtiments.

C’est la pression de ces organisations, et particulièrement celle de la CGT-Renault, que le cortège a d’ailleurs quitté le quartier Latin avec plus d’une heure de retard. Les cégétistes ont en effet tenté d’empêcher la marche des étudiants estimant qu’elle risquait “de compromettre le mouvement en plein développement et de donner prétexte à une intervention gouvernementale”. Le communiqué dans lequel étaient formulées ces réserves prévenait également les étudiants: “Nous entendons diriger nous-mêmes notre grève (...). Nous n’acceptons aucune ingérence extérieure”. La consigne a quand même été maintenue et parti à 17 heures de la Sorbonne, le cortège est arrivé deux heures plus tard devant l’usine. Vers 20 heures, à la demande de Jacques Sauvageot, les étudiants ont fait le tour de l’établissement, criant “les étudiants solidaires des travailleurs!” ou “à bas l’Etat policier”. Avant la dispersion, le vice-président de l’UNEF a déclaré, “il faut multiplier des contacts entre ouvriers et étudiants. Aujourd’hui, nous sommes à Billancourt, demain nous serons ailleurs. Mais il faut aussi que des ouvriers viennent à la Sorbonne”.

La plupart des autres sites ont également été touchés par le mouvement. À Sandouville (4500 travailleurs), les employés ont décidé d’occuper les ateliers. Un drapeau rouge a été hissé au sommet de l’usine de Flins dont les ouvriers sont en grève. Au Mans, les trois mille salariés de l’usine ont voté dans l’après-midi la grève illimitée. Enfin, les locaux de l’usine d’Orléans, où les neuf cents employés sont en grève, ont été occupés dans la journée. Les ouvriers de la Régie Renault réclament un salaire minimal de mille francs, l’abaissement de l’âge de la retraite à soixante ans, une réduction de temps de travail sans perte de salaire, la sécurité de l’emploi et que les contrats temporaires deviennent définitifs.

En province la question du boycott des examens.

Les étudiants de Besançon ont voté affirmativement,
- ceux de Clermont-Ferrand demandent un report pour septembre.
-a Strasbourg, les quatre mille étudiants n’ont pas tranché.
-A Besançon, un “Comité d’action et de coordination pour associer les luttes ouvrières et étudiants” a été créé dans la journée. Il s’est prononcé pour un boycott des examens sans session en octobre. Il demande néanmoins que l’administration considère que les candidats ont passé les épreuves et ont été reçus.
-en revanche, à Clermont-Ferrand, les étudiants en lettres ont opté pour un report de la première session au mois de septembre et le maintien d’une deuxième session en octobre. En droit, les examens ont été déplacés d’une semaine.
-a Strasbourg, quatre mille étudiants ont débattu jeudi 16 mai de l’opportunité de maintenir les examens, les reporter ou les annuler. En dépit des exhortations diverses de près de soixante-dix orateurs, l’auditoire n’a pas tranché.
-a Toulouse, où les facultés des lettres et des sciences sont toujours occupées, les étudiants des trois premières années de médecine ont adopté le principe d’une grève illimitée. En pharmacie, les élèves sont en grève. En droit, les examens ont été reportés.
-une réforme de l’administration a été votée à Tours où l’assemblée plénière comprend désormais autant de professeurs que d’étudiants.
-a la faculté des sciences de Brest, le conseil de la faculté a été remplacé par assemblée constituée des représentants des élèves, du corps professoral, des chercheurs et du personnel technique. Un principe similaire a été adopté au collège littéraire universitaire où la grève se poursuit, dans les facultés de Lyon, Nantes, Aix-en-Provence, Rennes, Caen, Poitiers, Saint-Étienne, Montpellier, Reims, Nancy ou encore Bordeaux de vifs débats ont eu lieu dans la journée.

Le 17 mai.

La priorité de Pompidou le maintien de l’ordre.

Le premier ministre a présidé une réunion à cet effet et a convoqué les ministre de l’information Georges Gorse et de l’éducation nationale Alain Peyrefitte afin d’examiner la situation sur le front étudiant pour étudier la possibilté d’un retour à la normale.

Les principaux responsables de la sécurité nationale ont donc été convoqués: le ministre de l’Intérieur, Christian Fouchet, le ministre des Armées, Pierre Messmer, le secrétaire général pour la police au ministère de l’intérieur, le directeur de la sûreté nationale, le préfet de police de Paris et le directeur de la gendarmerie.

Le 18 mai.

Les grèves se multiplient dans tout le pays.

C’est la pression de ces organisations, et particulièrement celle de la CGT-Renault. Les postiers en grève, les sacs de courrier s’entassent près de la gare d’Austerlitz (AP). Les chantiers navals sont les plus touchés par le mouvement. Les huit mille ouvriers de l’usine des Chantiers de l’Atlantique ont débrayé dans la matinée. Tous les établissements de la SNECMA sont occupés à l’exception du siège de Paris et de deux autres points de travail. À Gennevilliers, le directeur et quatre de ses collaborateurs sont retenus en otage. À l’usine de Sud-Aviation près de Nantes, le directeur est toujours séquestré. Deux mille ouvriers de l’usine de Saint-Nazaire, également occupée, ont participé à un meeting sur la plage. Les usines de Courbevoie (2500 employés) et Suresnes (1500 travailleurs) sont occupées depuis vendredi. Enfin, depuis vendredi également, l’usine de Nord-Aviation aux Mureaux ainsi que celle d’Hispano-Suiza à Bois-Colombes (3400 travailleurs) sont tenues par les salariés.

L’automobile est également très concernée par le mouvement. Les ouvriers de l’usine de Limoges (filiale poids lourds) ont décidé d’occuper leur lieu de travail. Toutes les usines de Renault sont donc désormais occupées. Les communications sont touchées inégalement. Si l’acheminement du courrier est très perturbé en raison de l’occupation des centres de tri dans les grandes villes dont Paris, le téléphone fonctionne encore. En revanche, seuls sont délivrés les télégrammes d’Etat et en particulier ceux concernant la conférence sur le Vietnam qui se tient dans la capitale. Près de trente mille salariés en grève à Lyon. Ils occupent de nombreuses usines et notamment celles Rhodiaceta de Vaise et de Belle-Etoile de Rhône-Poulenc à Saint-Fons.

Réflexions.

Petit à petit les ouvriers prennent le pas sur les étudiants, c’est donc une lame de fond qui traverse la France, mais aussi par ricochets le reste de la planète. Les développements technologiques ne connaissent pas les frontières, ils vont de la bombe d’Hiroshima à l’ordinateur et maintenant à l’internet. Cette transformation ne se fait pas sans mal et pose des questions au monde ouvrier, salarié en quelque sorte et en 68 déjà; il y avait des inquiétudes, le chômage commençait. Comment dans ces conditions la situation de l’homme ne puisse être remise en question ? Depuis des années, le monde industriel se transforme par l’évolution progressive des méthodes, puis des concepts par l’innovation scientifique et technologique, et par dessus tout l’emprise fulgurante de l’électronique par l’invention du transistor et ensuite par l’informatique qui planétérisent par les progrès potentiels qu’ils contiennent la marche des habitants de notre planète. C’est donc un monde nouveau qui se présentait devant les étudiants puis les ouvriers, et dans ce genre de situation, l’inquiétude apparaît, le besoin de sécurité dans le travail, puisque quel que soit le coté ou l’on pouvait porter son regard, ce n’était que conflits et guerres. Cette révolution étudiante qui n’était pas programmée montre bien cette inquiétude, ils ne s’étaient pas concertés, mais ils sentaient le besoin de s’exprimer, de se libérer du monde dans lequel se plaisaient les dirigeants de l’époque qui n’ont rien vu venir tant ils étaient sur de leur gouvernance. Il y avait bien sur le communisme et son bras droit la CGT qui avaient une influence ouvrière importante, et ils ne pouvaient laisser les étudiants seuls sans profiter du désarroi des autorités, pour réclamer à juste titre des avantages sociaux qui modifieront profondément le monde ouvrier par les sections syndicales d’entreprises.

Lire la suite : http://anidom.blog.lemonde.fr/2008/05/25/mai-68-suite-18/.

Commentaires (6)add comment

Dominique Dutilloy a dit:

...
Nidolga, je te souhaite que tout se passe bien... Tu verras : après, tu verras beaucoup mieux...

Merci d'avoir répondu à mes questions...

Amicalement,

Dominique
 
Abus
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May 28, 2008 | url
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nidolga a dit:

...
Dominique bonjour,
Hier gros problème, l'alim de mon PC a flashé.
Je suis allé en acheter une autre, ce n'est pas évident, et gros problème aussi comme mon ordi n'est pas récent, j'ai eu de grosses difficultés pour faire la connexion, ce n'est pas simple, il y a de nombreux fils, ce sont des alims universelles équipées pour tous types de cartes mères.
C'est une expérience puisque après l'avoir connectée, il faut réajuster le micro à la fréquence d'horloge, et il faut savoir le faire, mais en merdant on y arrive puisque maintenant je peux a nouveau jouer avec vous.
Cet après midi, je me fais opérer des deux yeux.
Pour répondre à ta question, quel scénario envisager ?
Il existait en 68 des moyens de communication, moins performant que maintenant, mais on pouvait correspondre.
Je pense aussi que rien ne se serait passé, avec de tels moyens, le monde n'est plus le même, et les jeunes auraient eu d'autres préoccupations.
 
Abus
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May 28, 2008 | url
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Dominique Dutilloy a dit:

Nidolga, juste une question...
Reportons-nous 40 ans en arrière... Et imaginons-nous en mai 68 : cette année-là, nous disposons d'Internet, de fax, de téléphones portables... Mais, ce n'est qu'un rêve...

Alors, comment se serait passé Mai 68 avec tous ces appareils et tous ces moyens de communication dont nous disposons actuellement ?
 
Abus
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jacques a dit:

...
Si Nidolga s'adresse à moi mon Bloc-Notes est:

www.lamauragne.blog.lemonde.fr.

Bienvenue.

jf.
 
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nidolga a dit:

...
Bonjour,
Comment accéder à votre bloc-notes ?
 
Abus
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May 26, 2008 | url
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jacques a dit:

mai 68
Sur mon Bloc-Notes, vous pouvez aussi retrouver une chronique de Mai 68.

Bonne lecture si vous le voulez bien. smilies/smiley.gif

jf.
 
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