Madame Bovary, c'est nous !

16-04-2009 07:39 - 1331 visites - Flux Culture, Livres, Poésie - Ecrit par Pierre de Malgachie - Lire son flux RSS
Votes:  4 avis  

Gustave Flaubert avait eu ce mot célèbre : « Madame Bovary, c'est moi ! ». Il est vrai qu'il avait passé presque cinq ans avec son personnage, le temps d'écrire ce chef-d'œuvre - qui allait lui valoir quelques ennuis avec la justice puisqu'il fut amené devant le tribunal, avec le gérant de La Revue de Paris et son imprimeur, pour répondre d'outrage à la morale publique et religieuse et aux bonnes mœurs. 1857, année de moralisation de la littérature : Baudelaire condamné pour Les Fleurs du mal, Flaubert acquitté, heureusement...

Madame Bovary nous accompagne donc depuis 152 ans. Les manuscrits successifs du roman, conservés à la Bibliothèque de Rouen, montrent l'immense travail entrepris par un écrivain perfectionniste qui, comme le disait quelqu'un d'autre, cent fois sur le métier remettait son ouvrage, jusqu'à approcher, voire atteindre, un idéal rêvé.

De ces versions successives, seuls les chercheurs pouvaient auparavant s'approcher. Rien de plus fragile qu'un manuscrit, témoignage unique de la fabrication d'une œuvre.

Puis vint Internet, qui a modifié en profondeur les conditions d'accès à un certain nombre de documents. Dont les manuscrits de Madame Bovary, aujourd'hui disponibles pour tous ceux qui désirent pénétrer dans l'atelier de Flaubert. Toutes les versions successives, du premier brouillon au texte final, sont désormais en ligne ici. Et il n'est pas besoin d'être un chercheur spécialisé dans la littérature du 19e siècle pour être ému devant les phrases écrites par Flaubert, raturées, réécrites, reprises et reprisées...

Tous les états du texte ont été transcrits dans une mise en page aussi proche que possible de l'original. (Mais il faut voir celui-ci pour apprécier les lignes qui montent de gauche à droite.) C'est, évidemment, beaucoup plus lisible que le manuscrit.

C'est aussi un fameux exemple. A une époque, la nôtre, où chacun croit pouvoir s'improviser écrivain, quitte à ne pas comprendre pourquoi le succès n'est pas ensuite au rendez-vous de la sortie d'un livre, il n'est pas inutile de prendre des leçons chez un maître de la littérature. De passer du temps sur les ajouts en marge. De mesurer l'écart immense entre un premier jet et une version définitive...

Oui, écrire, c'est du travail. Flaubert nous aide à le comprendre. Et, scrutant pendant des heures ses élans et ses remords, il sera possible de dire, pour avoir pénétré l'essence même de sa création : « Madame Bovary, c'est nous ! »






Comme plus de 8000 personnes, recevez gratuitement tous les articles de C4N chaque jour par mail

Inscrivez vous pour publier vos articles et toucher vos droits d'auteur

Pour rester en contact permanent avec C4N, installez notre barre d'outils 

Devenez également fan de notre page Facebook

Rejoignez notre groupe Facebook et invitez y tous vos amis 

Suivez les derniers articles sur Twitter

Partagez cet article sur vos réseaux sociaux préférés en cliquant sur les boutons correspondants

Abonnez vous gratuitement au flux RSS des articles


Commentaires (2)

river a dit:

...
Bonsoir,
Ah, cette Emma! j'ai parcouru ces terres, mais pas lu son histoire (Oui, quelle honte!)
Promis, je m'y colle!
Merci pour cet article... et tous les autres. un régal de vous lire.
Bien cordialement.
 
[Abus]
[Avis -]
[Avis +]
16 April 2009
Votes: +0

river a dit:

...
 
[Abus]
[Avis -]
[Avis +]
16 April 2009
Votes: +0

Ecrivez un commentaire
Réduire l'éditeur | Agrandir l'éditeur

busy
  


 

Entreprises & commerces: publiez vos communiqués sur C4N

 

Cliquez ici

Trouver un article publié sur C4N

Qui écrit sur C4N ?

 

Depuis 2007 un euro gagné par article exclusif publié sur C4N

 

S'inscrire ici

Infos Reporters

les revenus publicitaires sont reversés aux reporters, commentateurs et à des associations humanitaires.

57600 euros déjà reversés

Date prévisionnelle de versement des droits d'auteurs du mois d'avril :

10 juin

Sondage

Finalement le lancement de Free mobile est :