L'U.N.E.S.C.O. et le cassoulet de Castelnaudary. Pamphlet.

23-11-2010 15:03 - 2394 visites - Flux Tribune libre - Ecrit par CATALAN66270 - Lire son flux RSS
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En nos temps où le monde marche sur la tête, à moins qu'il ait des petits rats qui trottent dans son cerveau, adoubé par l'United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization, - l'U.N.E.S.C.O. -, le « repas gastronomique français » entrant au patrimoine culturel immatériel de l'humanité, aux dires élogieux, apologétiques, apologiques, dithyrambiques, louangeurs, laudatifs, flatteurs, panégyriques et encomiastiques de la presse, - les qualificatifs n'étant point assez pompeux, emphatiques, déclamatoires, solennels et ampoulés pour en classifier leurs écrits et leurs dits audio et télévisuels -, la France entière se gausse de cette distinction somme toute banale car ce n'est pas la « cuisine à la française » qui s'en trouve ainsi honorée mais seulement « l'art de la table français. »
Quelques jours..., quelques semaines..., qu'en restera-t-il de cet engouement monté au pinacle par une caste rédactionnelle et journalistique, à la chasse permanente aux scoops « à deux francs six sous » et aux phénomènes « de cour d'étable empuantie par des bouses informes », ne sachant plus faire le bon choix entre le sensationnel controuvé et la réalité nue ? A leur corps défendant, subjuguant les neurones de leurs lecteurs, de leurs auditeurs, de leurs téléspectateurs et de leurs internautes, - des candides et des impénitents gobant, sans raison aucune, les informations ineptes déversées quotidiennement dans la presse écrite, sur les ondes radios, sur les canaux télévisuels et sur la toile internet -, les impies journaleux irréligieux n'épousent qu'un seul objectif : matelasser de billets leurs portefeuilles et leurs comptes en banque déjà fort bien garnis.
Et, aux motifs de l'avoir lu dans les colonnes d'une « feuille de chou », entendu sur une station de radio nationale ou périphérique, ouï au cours d'un journal télévisé agrémenté de moults reportages ou décrypté sur un site internet journalistique en ligne, il ne peut en être qu'entière « Vérité » pour le commun des mortels qui, chaque jour plus que la veille et moins que le lendemain, est transporté, lavages de cerveau après lavages de cerveau, vers l'onanisme culturel et la pensée unique, les pourfendeurs de tous les maux..., sur la voie de l'abêtissement.
 
 
Mais le cassoulet en tout cela ? Qu'en advient-il ? Tout comme la cuisine française et ses toques blanches portant haut, sur le fronton de la gastronomie, le savoir faire de nos chefs, souvent étoilés, la cassoulet de Castelnaudary, de Carcassonne, de Toulouse ou d'ailleurs, bien que de renommée mondiale, devenu plat insignifiant parmi tant d'autres, est passé lamentablement à la trappe. Et, faisant face au mur élyséen des lamentations, contrits et chagrineux, se remémorant, à leurs dépens, la fable de Sieur Jean de La Fontaine, « Perrette et le pot au lait », les grands maîtres de la « Grande Confrérie du Cassoulet de Castelnaudary » ne peuvent, pitoyables, que déclamer :
« Quel esprit ne bat la campagne ?
Qui ne fait châteaux en Espagne ?
Picrochole, Pyrrhus, la Laitière, enfin tous,
Autant les sages que les fous ?
Chacun songe en veillant, il n'est rien de plus doux :
Une flatteuse erreur emporte alors nos âmes :
Tout le bien du monde est à nous,
Tous les honneurs, toutes les femmes.
Quand je suis seul, je fais au plus brave un défi ;
Je m'écarte, je vais détrôner le Sophi ;
On m'élit roi, mon peuple m'aime ;
Les diadèmes vont sur ma tête pleuvant :
Quelque accident fait-il que je rentre en moi-même ;
 »
 
et ponctuer leur mea-culpa d'un vibrant :
 
« Je suis gros Jean comme devant. »





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Commentaires (4)

raisinfraise a dit:

...
Cher Catalan,
Merci Catalan!
Que de souvenirs Castelnaudary et son cassoulet!
Autrefois, il y a bien longtemps, quand l'autoroute n'existait pas
entre Narbonne et Toulouse,
Casteldaunary était l'étape de mdi obligée pour les voyageurs!
Obligée ? Non pas vraiment il fallait bien un prétexte pour aller se régaler d'un plat
aussi savoureux que diététique.
Et pour les plus anciens Castelnaudary évoque son petit séminaire!
 
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23 November 2010
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CATALAN66270 a dit:

...
En vérité, quand je suis au pays et que je me déplace soit sur Carcassonne, soit sur Toulouse, qu'importe, le midi ou le soir, je file sur Castenaudary pour y déguster un cassoulet à l'ancienne cuit aux ajoncs de la Montagne Noire... un véritable régal... et qu'importe aussi si la gent humaine dit que les "fesols", les "mounjettes" sont de parfaits musiciens... un bon cassoulet et ses 2 cuisses de canard ou d'oie confites, de la viande de porc prise dans le jarret, l'épaule et la poitrine, de la couenne de porc.... et de la saucisse, avec un bon vin de pays pour arroser tout cela, vaut bien ses lingots de plaisirs...
 
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23 November 2010
Votes: +0

vieilleforge a dit:

...
La cuisine française, c'est vague. S'agit-il des plats traditionnels régionaux comme la choucroute ou le cassoulet ou de la cuisine inventive de nos chefs étoilés ? N'oublions pas nos vins qui restent le must et le modèle dans le monde entier.
 
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24 November 2010
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CATALAN66270 a dit:

...
Désolé, vieilleforge, mais ce n'est en aucun cas la cuisine française qui a été honorée par l'UNESCO, c'est l'art de la table français qui est rentré au patrimoine culturel immatériel de l'humanité... ce qui est bien différent... La gastronomie française et la cuisine française, au grand dam de nos toques blanches et de plats de qualité mondialement connus, elles, sont gros jean comme devant...

Si j'ai cité La Fontaine pour illustrer ce fait... j'aurai pu, aussi, mettre en exergue l'auteur anonyme, vers 1440, de La Farce de Maître Pathelin où il est dit :
"Ils ne verront soleil ni lune, les écus qu'il me baillera, de l'an, qui ne les m'emblera. Or n'est-il si fort entendeur qui ne trouve plus fort vendeur. Ce trompeur-là est bien béjaune, quand pour vingt et quatre sols l'aune a pris drap qui n'en vaut pas vingt."
 
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24 November 2010
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