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Living Art, ou quelques-uns des arts numériques |
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| 26-02-2010 18:25 - 2792 visites - Flux Culture, Livres, Poésie - Ecrit par Jef Tombeur - Lire son flux RSS | |
Passe-partout, le titre anglais du livre de Florent Aziosmanoff (éditions du CNRS), est beaucoup plus flou que le sous-titre français, « art numérique », quelque peu, à tort ici, « attrape-tout ». En fait, c’est surtout de la vidéo comportementale (interactive), le dada de l’auteur, directeur de création au Cube, le centre d’art numérique d’Issy-les-Moulineaux, dont il est question…
Ma première rencontre avec l’art numérique fut quelque peu déconcertante. Dans le nouvel espace déambulatoire du théâtre de Belfort, encore en chantier sous la houlette de Jean Nouvel, quelques tirages photographiques avaient été collés sur les murs encore frais. Pour l’occasion, Abraham Moles était descendu de Strasbourg et je m’étonnais de le voir s’intéresser tant à des productions dont je pensais que je les aurais surpassées en qualité dans mon labo argentique. La plupart des « gens de l’art » d’alors pensaient de même. L’avenir les détrompa quant à la supériorité technique de leurs pratiques. Ce devait être début 1980, tandis que les tablettes graphiques Calcomp dominaient le marché de la DAO et de l’architecture, que les traceurs Benson animaient en saccades des Rotring et qu’à l’usine Bull de la « cité du Lion », les essais d’imprimantes à bulles d’encre se révélaient peu fructueux. J’allais acquérir mon premier ordinateur portable, un Epson PX-8 à écran affichant six lignes de 66 signes générés par un Wordstar « simplifié » localisé en dur sur un eprom à enficher. Belle machine, que les Amstrad allaient concurrencer mais non égaler. Les tirages de Belfort montraient des carrés ou des ronds en niveaux de gris et franchement, Vasarely pouvait dormir sur ses deux oreilles pour encore une bonne décennie : l’Op art n’avait encore rien à craindre de cette concurrence balbutiante, mais les premiers « tableaux » réalisés avec des imprimantes à aiguilles laissaient augurer qu’une tendance du Pop Art finirait par n’être plus que « super », et non plus « hyper » réaliste. Imaginer que Painter rivaliserait avec les aérographes tenait de l’utopie. Dix à douze ans plus tard, au magazine Pixel, nous recevions les premières scènes 3D réalisées par des amateurs qui lançaient leurs programmes au moins 72 heures avant de voir apparaître les premiers détails, en nuances de l’une ou l’autre des 16 couleurs de nos très onéreux écrans cathodiques. Joël Laroche, et d’autres, y avaient cru, la presse informatique alignait encore des colonnes de code et reproduisait parfois quelques créations numériques.
Le livre de Florent Aziosmanoff est nécessairement réducteur. Après un historique déjà orienté sur ce qui l’anime principalement, il se concentre et focalise en plan rapproché sur les productions interactives et comportementales du Cube, laissant dans l’ombre des pans entiers de la création numérique. Par ailleurs, il rend peu compte de la dimension collective de l’aventure. Ainsi, mais ce n’est qu’un exemple, lorsqu’il consacre une bonne cinquantaine de lignes au CD Léopold Sédar Senghor, produit par Jeriko en 1999, dont il a supervisé la réalisation, il cite bien une documentaliste (Jacqueline Sorel) et une littéraire (Lilyan Kesteloot) mais ne mentionne nullement La Faktory (Marek Doszla, J’admets que j’aimerais bien me mouvoir dans le vide et que mes mouvements génèrent des sons, des images animées, des fragrances, en compagnie de robots dont les mécanismes à retour de force me procureraient d’autres sensations. Le réalisme des environnements virtuels est de plus en plus affiné et je ne doute guère que la variété des impressions tactiles reproductibles ira s’élargissant. Disneyland finira par devoir vraiment beaucoup aux artistes numériques…
L’apport de Florent Aziosmanoff est surtout de mettre l’accent sur la nécessité de finement prévoir les comportements induits d’un public mis en situation de générer des événements. Il s’agit, au sens large, d’un art de
Commentaires (2)
Vincent Lévy a dit:
Jef Tombeur a dit:Ecrivez un commentaire
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