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Libye : les fuyards bombardés par les « Stukas » |
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| 23-10-2011 18:10 - 1586 visites - Flux International - Ecrit par Jef Tombeur - Lire son flux RSS | |
Alors que, ce dimanche, l'AFP reproduit encore complaisamment la thèse (absurde) du CNT selon laquelle on ne saurait pas si Kadhafi père (et fils, Mutassim) ont été tués par des tirs de « révolutionnaires » ou de loyalistes, l'évidence non contestée est que deux chasseurs de l'armée de l'air française ont tenté – en vain – de liquider des dignitaires du régime déchu. Des mémoires et témoignages récents l'ont établi : les pilotes des Junker 87 sturmzkampfflugzeug de la Luftwaffe riaient à gorge déployée après avoir largué leurs bombes et être repassés au-dessus des convois de réfugiés pour mitrailler hommes, femmes, vieillards et enfants. Les pilotes français qui ont bombardé par deux fois le convoi de véhicules dans lequel se trouvait Mouammar Kadhafi fuyant Syrte ont dû sourire : ce convoi allait être intercepté un peu plus loin, mais ils ont hâté l'exécution de Kadhafi.
« D’après Lofty el-Amin, l’un des commandants de la katiba Chahid, présent sur le front ouest de Syrte jeudi matin, les rebelles ont repéré vers 8 heures un convoi d’une trentaine de véhicules s’échappant de Syrte par l’ouest… ». Ce commandant déclare : « Leur route était barrée par un autre groupe qui les attendait un peu plus loin. ». La chasse française a très vraisemblablement repéré tant le convoi que cet autre groupe. Mais à 08:30 environ, un premier chasseur détruit les véhicules de tête et leurs occupants. Première version de l'Otan, il s'agissait de véhicules armés. Puis, plus de mention de véhicules armés dans les versions suivantes. Pour cause, le Toyata 4×4 de Khadafi et d'autres véhicules seront bombardés (avec une ou des bombes de 250 kg) par un second appareil français. Cela se produit alors que les véhicules se sont regroupés et s'immobilisent. La suite, c'est que surviennent des combattants armés (des « civils protégés » en version Otan) qui trouvent Kadhafi, « en sang », donc blessé, et pas du tout par les thuwars. La suite est plus ou moins évidente. Agonisant ou déjà mort, Kadhafi est évacué vers Misrata. Félicitations à nos vaillants pilotes On espère que ces deux pilotes seront au moins cités à l'ordre de la Nation. Leur intervention n'avait d'autre utilité que de faire un carton. Certes, vraisemblablement, pas sur du menu fretin, soit des familles fuyant à bord de véhicules rafistolés. Rappelons quand même que, s'il n'y avait pas de véhicules armés, un hélicoptère aurait pu immobiliser le convoi sans faire de victimes, en tirant dans les moteurs : le convoi avait été repéré initialement par un drone américain. De toute façon, ce convoi allait être intercepté par les « révolutionnaires ». Admettons que les combattants auraient pu devoir répliquer à des tirs d'armes légères de la part des occupants des véhicules. Mais question protection des civils, à d'autres... Aucun titre de presse ne prend la peine de tenter de recenser les bâtiments détruits, ni d'attribuer aux frappes de l'Otan (aériennes et maritimes, rien que 300 obus tirés par la Royale, sans doute autant par les bâtiments de sa gracieuse majesté britannique) ce qui leur revient. Pour la destruction quasi complète de l'hôpital de Syrte, on sait : ce sont majoritairement les tanks et les roquettes des « révolutionnaires » qui l'ont presque rasé. Pour, par exemple, des bâtiments et matériels de traitement de l'eau, on ne sait trop, et on ne saura sans doute jamais. Chinois ou Russes reconstruiront peut-être… Les morts de Kadhaffi, exécuté tout comme son fils Mouatassim, froidement pour le second, dans la confusion pour le premier, ne feront pleurer que leurs proches. Les morts des civils désarmés, abattus par les aviateurs coalisés, ne feront sans doute pas trop pleurer dans les chaumières : il n'y aura aucun bilan. Dernier bilan de l'Otan, 11 véhicules détruits dans le convoi fuyant Syrte et escortant Kadhafi : juste des véhicules détruits, pas de victimes, évidemment. Ces véhicules « transportaient des armes et des munitions représentant un danger potentiel pour les populations, » précise un communiqué de l'Otan. C'est vrai qu'un pistolet en or, cela peut faire un massacre de civils désarmés. Bref, à deux-trois-quatre personnes par véhicule, cela fait une bonne trentaine de personnes tirés comme des lapins. Blessé, pas blessé, capturé, en fuite ? Des Kadhafi, il reste donc essentiellement Mohamed, Hannibal et Aïcha, réfugiés en Algérie. Plus des proches au Niger. Que l'on sache, ils ne partouzaient pas avec DSK et d'autres à L'Aventure ou dans des hôtels parisiens dont les tenanciers ne risquent pas trop d'être poursuivis pour proxénétisme : c'est déjà cela. Pour Khamis, tué à Tripoli, on ne sait pas vraiment non plus. Reste aussi Hana, la fille adoptive déclarée tuée par des bombes américaines, et qui avait en fait survécu. Allez, BHL, wesh, zyva Je ne souhaite absolument que la Libye plonge dans le chaos, encore moins que les milices alimentées directement par le Qatar, sans aucune concertation avec Benghazi, prennent le dessus. Mais voici que Bernard-Henri Lévy nous livre sa vision cocasse des choses. Moi-moi-moi, et six millions et quelque de petits Libyens, comme aurait pu le chanter Dutronc. Observateur gavé de canapés, prima donna avec Nicolas Sarkozy en second rôle, l'auteur de Qui a tué Daniel Pearl ?, méprisé par la veuve de son personnage, nous donne à présent un La Guerre sans l'aimer. Tartuffe. Ce sous-Malraux (autre faiseur) adore la guerre quand elle lui offre des opportunités de se faire photographier. Au passage, il nous fait de son père, un Juif marocain, un héros à la Homère. C'est toujours cela de pris. Ce « journal d'un écrivain au cœur du printemps libyen », sortant comme d'habitude chez Grasset, nous épargnera évidemment le bilan des civils morts du fait des frappes coalisées. C'est plein de beaux trémolos du genre : « mon pays, la France, qui soutenait les dictateurs. ». Cette intervention, que selon Rony Brauman et tant d'autres ne se justifiait même pas pour protéger Benghazi (inexpugnable si toute la population avait voulu combattre autant qu'à Misrata), a coûté la vie à, au bas mot, de 30 000 à 50 000 morts (estimations à la louche, fluctuante, de Benghazi, qui ne recense sans doute que les civils neutres et les combattant des divers bords non-loyalistes). Une formidable réussite pour BHL, Juppé, Sarkozy, Longuet, maints autres.
Commentaires (29)
CATALAN66270 a dit:
iw86 a dit:
Veritas a dit:j'ai trois ans a dit:Harry a dit:
Veritas a dit:Veritas a dit:Veritas a dit:Veritas a dit:CATALAN66270 a dit:
Veritas a dit:Jef Tombeur a dit:
CATALAN66270 a dit:
Veritas a dit:Veritas a dit:Julian a dit:
Julian a dit:
Jef Tombeur a dit:CATALAN66270 a dit:
CATALAN66270 a dit:
j'ai trois ans a dit:Nordi a dit:
Veritas a dit:Julian a dit:
Nordi a dit:
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Non seulement des équipements et des infrastructures industrielles libyennes ont été sciemment détruits par les aviateurs coalisés mais, après avoir réussi à tuer un fils et deux petits enfants de Kadhafi à Tripoli, les pilotes de chasseurs auront donc réussi à faire quelques anonymes morts supplémentaires parmi les dignitaires du régime déchu fuyant Syrte.
