Hier, deux Mirages F1 de l'armée de l'air libyenne ont atterri de manière inopinée sur l'aéroport international de La Valette, capitale de l'île de Malte. Ces deux avions sont arrivés après deux hélicoptères civils qui provenaient également de Libye avec sept personnes à leur bord.
Les pilotes des deux avions de combat libyens se sont révélé être des colonels de l'armée de l'air qui auraient décidé de fuir après avoir reçu l'ordre de bombarder des manifestants à Benghazi., ils ont immédiatement demandé l'asile politique aux autorités maltaises.
Quant aux passagers des deux hélicoptères, ils ont affirmé être de nationalité française, mais un seul d'entre eux avait son passeport. Les autres ont affirmé être partis tellement rapidement qu'ils n'ont pas eu le temps de prendre des bagages ou leurs documents d'identité. Ils ont tous été mis à la disposition de la Police des frontières qui prendra bien évidemment les mesures nécessaires pour confirmer l'identité de ces boat-people d'un nouveau genre.
Les autorités libyennes ont immédiatement réagi à ces fuites aéroportées en fermant l'espace aérien, ce qui fait que plus aucun avion ne peut en principe atterrir ou décoller de Libye... bloquant l'évacuation des ressortissants étrangers que plusieurs ambassades et services consulaires avaient entamée.
Mais quand on voit ces deux Mirages ainsi que les armes et blindés d'origine française utilisés par les forces militaires du colonel Mouammar Kadhafi et quand on pense que ce dictateur a indirectement donné du travail à des ouvriers français, on se demande, comme toujours, ce qui doit primer entre la morale et les nécessités économiques.
La même question se pose à chaque fois que notre pays signe un contrat avec une nation peu recommandable, par exemple lors de la conclusion des accords commerciaux avec la Chine, doit-on refuser de commercer avec ces pays — tout en sachant qu'un pays concurrent s'empressera de prendre notre place — ou doit-on penser avant tout à la sauvegarde de l'emploi en France ?
Sources : Times of Malta, Reuters
Inscrivez vous pour publier vos articles et toucher vos droits d'auteur
...
Que l'armée désavoue Khadafi, c'est bien, il était temps. mais elle ne devrait pas fuir, elle devrait rester pour aider la population. Toutes les fois que le chef demande la mort pour quelqu'un , qui la donne ? Les rats, qui ont été longtemps complices et profiteurs, ne doivent pas quitter le navire.
...
Mychelle, Il semblerait que l'armée ne joue pas un rôle majeur dans le régime Kadafi, lequel utilise plutôt des milices... C'est sans doute la raison pour laquelle les militaires mettent les voiles, incapables de s'organiser en vue d'un coup d'état. Mais, ne vous inquiétez pas : Sarkozy va sûrement renvoyer les déserteurs à son ami Kadafi. Immigration choisie oblige.
...
Pour les amis en question, mon arrière-arrière-grand-père me disait toujours :
Qui se ressemble s'assemble.
La morale est ainsi simplifiée, les nations peu recommandables signent des accords entre-eux. Et encore, l'une d'elle est assurément beaucoup plus hypocrite qu'elle ne se l'avouera jamais.