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L'Eurozone « hors de contrôle » |
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| 01-12-2011 18:22 - 1244 visites - Flux Economie, finance - Ecrit par Jef Tombeur - Lire son flux RSS | |
Pendant que Nicolas Sarkozy « causait dans le poste » depuis Toulon ce jeudi soir, voici d'autres son de cloches, ceux de Sir Mervyn King, gouverneur de la Bank of England (la banque centrale du Royaume-Uni), et de Lord Lamont, ancien ministre des Finances, qui n'excluent plus l'impensable, ni que la situation soit devenue « hors de contrôle ».
D'accord. Mais avec les banques britanniques notées de A (Lloyds, Royal Bank of Scotland) à AA- (HSBC) avec les habituelles notations intermédiaires (A+ pour Barclays), tandis que le Crédit agricole et la Société générale ont récolté un simple A, et un maigre AA pour BNP Paribas.
L'ennui, le hic, l'os, c'est qu'en Europe, personne, pratiquement plus personne, dans le secteur bancaire, n'est noté AAA.
L'adjoint de Sir King, Paul Tucker, qualifie la situation « d'extrêmement périlleuse » dans un environnement « exceptionnellement menaçant ». Rappelons que c'est Mervin qui a déclenché la concertation entre diverses banques centrales mondiales hier. Ce ne fut même pas une rustine. Juste un doigt dans la digue, vite gelé.
Le pire scénario
Selon certains, à Bruxelles, l'euro ne tiendra pas plus d'une dizaine de jours. C'est l'opinion d'Olli Rehn. Ailleurs, c'est le même son… de canon. Tiens, voici à présent Lagarde, qui peignait encore avant-hier (quand elle était ministre des Finances) l'horizon en rose, qui va quémander des sous pour le FMI au Brésil. Tiens, voilà un indicateur de l'intérêt de nos politiciens européens. Tandis que Mario Draghi parlait devant le Parlement européen, il n'y avait que 25 députés (sur 736) pour venir l'écouter, lui apporter d'éventuelles contradictions. Mais en fait, ils ont raison : alors que Merkozy (ou Sharkomerk) veulent transférer tout le pouvoir à leurs techocrates supranationaux, il n'est pas du tout question de renforcer les pouvoirs du Parlement européen. Alors, si c'est « cause toujours », pourquoi donc se déplacer ? Tiens, revoilà des questions d'intérêts nationaux : pourquoi donc les banques européennes pourraient-elles emprunter des dollars à des taux moindres que les banques des États-Unis ? Tiens, vous vous souvenez du récent appel à la Chine pour venir au secours de l'Eurozone ? Et bien, elle préfère que sa banque centrale vienne en aide à ses banques nationales, histoire de compenser la chute des revenues découlant de la baisse envisagée des exportations chinoises. Tiens, voilà qu'on se souvient que la première banque à sombrer dans le rouge en Europe fut l'IKB Deutsche Industriebank, en… août 2007. Elle a fait quoi au juste, Merkel, depuis ? Tiens, voilà Sarkozy qui fait pleurer dans les chaumières et qui nous dit, c'est pas moi, c'est les autres. Allez, ressors-nous les 35 heures et l'héritage socialiste. C'est pas lui, c'est les autres prédateurs, pas les plus gros agriculteurs, n'est-il pas ? Il ne faut pas que le coeur économique de l'Europe s'effondre, qu'il dit. Soit celui de ses amis les financiers, les plus gros industriels, les plus gros agriculteurs ? « Les Français s'appauvriraient ». Certes, d'abord lesquels ? Français, regardez-moi bien au fond des yeux, ayez confiance, je le veux ! La Banque centrale européenne doit rester indépendante pour sauver les banques, d'abord. Enfin, les plus grosses, les « too big to fail ». En général, celles qui n'ont pas spéculé sur des dettes pourries, la BCE s'en contrefout. Mais applaudissements fournis dans la salle toulonnaise.
Discours convenu Ce discours convenu, pour lycéens des sections économiques, classes de seconde, a certes exposé quelques fondamentaux de base. Un contenu de manuels. Pour le reste, demain, demain, demain, quand vous m'aurez réélu. Mais rien de précis. Rendez-vous demain matin à l'ouverture des Nikkai, Nasdaq, Footsie, Dow, CAC, &c. Les bourses vont certainement attendre la renégociation des traités. Au fait, à quel rythme, quelles échéances, la « refondation des traités » ?
Ah, oui, au fait, lundi prochain, nouvelle messe avec pour servants, à Paris, Sarkozy et Merkel. Marine Le Pen (dont les discours ne valent guère mieux jusqu'à présent), a dénoncé un « discours parfaitement indigent. J'ai entendu une succession de poncifs. ». Là, on est deux. De même, d'accord avec Marie-Noëlle Lienemann (PS) : « Sarkozy dit qu'il faut payer nos dettes. Il doit payer les siennes. ». Déjà, que l'UMP rembourse les cars ou qu'ils soient décomptés des dépenses électorales du candidat Sarkozy.
Au fait, il dit quoi, Olivier Sarkozy, du Carlyle Group (favorisé par Sarkozy, Nicolas) ? En fait, Sarkozy prépare un troisième plan de rigueur, pour après l'élection présidentielle. Après en avoir appelé à la Chine, il la met en cause (en raison de son protectionnisme). Cause toujours. Il ne veut pas d'impôts nouveaux frappant les plus aisés et son seul argument reste : « je suis le meilleur, tous les autres sont des nuls. ». Un peu court, vieil homme d'un vieux monde qui se protège, et ne protège surtout pas les autres.
Commentaires (8)
Jef Tombeur a dit:
Jef Tombeur a dit:
bouaalamm a dit:
charly12 a dit:Jef Tombeur a dit:
charly12 a dit:
cleamounette a dit:
cleamounette a dit:
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10 juin
Bien évidemment, le gouverneur de la Bank of England reflète les propos lénifiants de son homologue français : « nos banques sont en meilleure position pour résister ».
