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Les hommes battus, ces oubliés |
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| 16-04-2009 20:01 - 6364 visites - Flux Tribune libre - Ecrit par Blaise - Lire son flux RSS | |
Le député Guy Geoffroy ne s'attendait certainement pas à recevoir, suite à ses déclarations dans le cadre de sa mission, des courriels sous forme de réclamations. Ils émanent simplement de mouvements impliqués dans la défense des hommes battus, que le député a tout l'air d'oublier. Car si le sujet fait volontiers rire, dans la réalité, et pour les victimes, ce n'est pas le cas.
Il va de soi qu'une prise de conscience autour du phénomène
psychologique dans les violences conjugales est nécessaire. Une femme
n'est pas battue du jour au lendemain par son compagnon. Cela passe par
plusieurs phases, et tout d'abord par une véritable opération de
manipulation, dans laquelle la femme sera dénigrée et sa personnalité
démolie. Il s'agit d'abord d'un rapport de domination. La victime ne
comprend pas de suite ce qui se passe. Elle est entrée dans un
engrenage qu'elle n'avait pas prévu. Pour les victimes masculines, il
en va de même.
Si dans cet article les violences faites aux femmes sont fort bien
décrites, rien, absolument rien n'est dit des violences faites aux
hommes, et pourtant, c'est bien là qu'est le véritable tabou. Ces
violences sont mal connues et seraient, dit-on, particulièrement rares,
à telle enseigne que rien n'est prévu, comme pour les femmes, pas de
centre d'accueil et pas d'accompagnement dédié à cette violence. La
situation est pourtant plus fréquente qu'il n'y parait, en témoignent
les expériences québécoises, notamment, et elle se rapprocherait de
celle des femmes assez sensiblement, y compris quantitativement.
L'origine du combat contre la violence conjugale émane des mouvements féministes et c'est à travers eux qu'il y eut d'abord une prise de conscience et partant une réelle organisation pour la combattre. A l'époque, la femme était parfaitement dépendante de l'homme, tout particulièrement au niveau financier et pour ces féministes, les hommes étaient trop souvent vus comme des ennemis de la femme, des ennemis intimes, à combattre, tout prêt à vouloir l'asservir à nouveau, la cantonnant aux taches ménagères et à la cuisine, lorsqu'ils ne profitaient pas de leur force physique pour la soumettre. C'est peut-être pour cette raison que la cause des hommes n'est que très marginalement plaidée. L'homme est considéré comme un agresseur en puissance : il a la force physique pour lui, ce qui peut se révéler inutile face à un "adversaire" souvent plus "subtil". En effet, de tous les témoignages d'hommes battus, il ressort que les femmes qui les agressent ne sont pas différentes dans leur cheminement que les hommes violents. Tout commence par un dénigrement systématique de la virilité du compagnon. Critiqué en tant que mari, que père, qu'amant, bientôt c'est sa vie professionnelle et publique qui sera visée, il subira ensuite, généralement, un isolement familial.
La violence envers les hommes est plus souvent psychologique, mais
pas uniquement, et une femme qui frappe son compagnon peut souvent le
faire en sachant qu'il n'y aura pas de retour : un homme qui frappe une
femme devient aussitôt la pire des ordures, et il le sait.
Particularité consternante : les femmes violentes attendent le faux pas
de leur compagnon, ceci après diverses intimidations et provocations,
parfois après une série de gifles. Si l'homme répond de la même
manière, elles s'empressent d'aller porter plainte et obtiennent
souvent gain de cause, là où l'homme battu ne récoltera qu'un sourire
narquois de l'officier de police qui le recevra, quand ce ne sera pas
un bon gros rire bien gras.
Naturellement, ces femmes violentes vont grossir les statistiques
des femmes battues, de par leur plainte... L' homme battu par sa femme
a fatalement honte de lui-même. Il s'enferme dans une attitude de
négation, s'il ne part pas aussitôt. Cela n'est pas venu seul et n'est
pas plus risible que lorsqu'une femme reste auprès d'un homme violent,
en espérant qu'il changera.
Comme les femmes, l'homme a peur pour ses enfants. Face à une
personne déséquilibrée, il craint que toute cette violence ne
rejaillisse sur eux (et de fait, les statistiques lui donnent raison :
les enfants sont plus souvent maltraités par les mères que par les
pères). La femme manipulatrice sait très bien ce qu'elle fait, elle
n'ignore en rien que la loi sera de son côté, elle n'ignore pas que
l'homme sera aussitôt jugé coupable. Elle agit en conséquence.
Sophie Torrent, diplômée du département social de l'université de
Fribourg, a consacré un livre sur ce sujet : "Pour la majorité des
gens, explique-t-elle, parler d'hommes battus est incroyable, pourtant,
la triste réalité est qu'il existe des hommes battus. Sauf que ceux-ci
n'en parlent pas et qu'ils ne peuvent, contrairement aux femmes compter
sur des ressources communautaires pour les aider à sortit du cycle
infernal de la violence conjugale".
Au Québec, une étude relativement récente, estime que 8% des femmes ont subi des violences conjugales, comme... 7 % des hommes. La violence est souvent psychologique, mais elle peut aussi être physique : les femmes sont moins fortes, mais elles utilisent des objets pour compenser, ce qui peut faire des dégâts considérables aussi bien physiquement que psychologiquement. L'on estime également que des suicides peuvent être dûs à le violence psychologique pratiquée par la compagne, bien qu'ici encore, il soit difficile d'émettre des statistiques fiables. Au Québec, en Allemagne et en Suisses, des centres existent déjà pour accueillir les hommes battus, mais pas en France. Pourtant la situation n'a aucune raison d'être différente, le manque de statistiques réellement fiable est pour beaucoup lié au silence qui entoure cette problématique. D'autant que, puisque les mots manquent, il devient difficile pour les hommes de cerner la violence qui leur est faite.
En France, il n'existe aucun organisme pour les hommes battus et
les organismes réservés aux femmes n'accueillent pas les hommes. Ils
peuvent, dit-on, contacter le 3919. Une initiative isolée et non
officielle existe toutefois : SOS hommes battus,
avec un numéro d'appel non surtaxé. La personne qui tient le blog (car
il s'agit aussi d'un blog), recense les différents témoignages qui lui
sont faits. Le site semble incontournable sur le sujet.
Même un homme corpulent peut être victime de cette violence, face
à une personne déséquilibrée, dans tous les milieux et de toutes
origines. C'est la raison pour laquelle il ne serait sans doute pas
anodin d'écrire au député en charge de la mission d'évaluation (son
adresse : ggeoffroy@assemblee-nationale.fr
), pour que les personnes coupable de violence conjugale soient enfin
prises pour ce qu'elles sont en dehors de leur "genre" : une femme
aussi peut-être violente, notamment psychologiquement et il se trouve
que c'est tout le sujet de l'évaluation.
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- 80% des hommes vivant cette situation seraient pères, parmi
eux, 12% sont séparés ou divorcés. Les femmes sont les plus souvent
citées dans les violences envers les enfants.
- Selon France soir, dans une enquête sur le sujet, 8 à 10 % d'hommes seraient victimes de violences conjugales.
En 2006, 31 d'entre eux sont décédés, soit un décès tous les 13 jours. Par comparaison, 10 % des femmes se déclarent victimes de violences conjugales et une femme est tuée par son compagnon tous les 4 jours.
- Un article de l'Express relate comment des anglais se réunissent dans un pub, avec tous la particularité d'être battus par leurs femmes.
L'article précise que : "Sur 341 victimes de violences
domestiques, 45% sont des hommes et 17% des femmes, d'après les
conclusions d'un groupe de médecins du Leicestershire, dans un rapport
rendu public par le département britannique de la Santé."
- L'Express a publié aussi un document sur les maris battus.
- La violence conjugale en Europe
- une bonne chronique sur un blog sur le sujet
- Un article sur SOS papa, une association tournée sur les pères.
Sophie Torrent a écrit "L'homme battu" et Yvon Dallaire "La
violence faite aux hommes", deux livres qui traitent tous deux de ce
sujet.
Commentaires (47)
river a dit:
new reporter a dit:
Blaise a dit:
Dominique Dutilloy a dit:
Blaise a dit:
Blaise a dit:
new reporter a dit:Blaise a dit:Dominique Dutilloy a dit:
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new reporter a dit:Sianabog a dit:
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SOS Hommes Battus a dit:
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29 février
Le 5 mars dernier paraissait dans le Nouvel observateur, un article autour de la violence conjugale, avec pour titre : "
J'ai vu par hasard votre article...Je me rappelle que vous aviez réagi au mien ( marre des violences faites aux femmes ), vous disiez vouloir écrire sur ce sujet et je vous y ai encouragé...Bravo ! Je connaissais ce phénomène mais suis surprise de son ampleur ! Il faut parler de toutes les violences pour briser les tabous ! Bonne soirée !
