233139 avis
Les géants du 11 septembre |
|
| 12-09-2011 06:12 - 1043 visites - Flux Culture, Livres, Poésie - Ecrit par Le candide - Lire son flux RSS | |
Le 11 septembre 2001, près de 200 personnes tombèrent ou se jetèrent dans le vide pour fuir l’enfer de la Tour Nord du World Trade Center. Ce bâtiment ayant résisté à l’impact de l‘avion 102 minutes, on peut estimer qu’une personne sautait toutes les trente secondes. Selon les témoins, c’était une pluie continue de personnes qui émergeaient des fumées des quatre faces de la Tour. Le premier pompier tué lors de cette tragédie est mort sous l’impact d’une de ces personnes qui avait préféré une fin rapide à une trop lente agonie. Le bruit de leur corps heurtant le sol ressemblait à de petites explosions et la violence du choc faisait littéralement éclater les chairs. C’est en hommage à ces innocentes victimes que j’ai rédigé ce petit poème. Ayant voulu décrire une réalité, j’utilise peut-être des mots qui peuvent paraître trop brutaux aux âmes sensibles. Veuillez m’en excuser.
Les géants du 11 septembre
C'étaient des gens ordinaires Qui étaient partis travailler comme chaque matin Mais ce onze septembre serait leur calvaire Un jour dont ils ne verraient pas la fin
La journée commençait à peine Quand le sol trembla et les vitres éclatèrent Sous l'attaque aérienne Le ciel s'obscurcit empli d'incandescente matière
Plus moyen de respirer, l'oxygène manquait On brisa des vitres pour chercher de l'air Trop nombreux on se pressa, il fallait aspirer d'un trait
En un instant ils devinrent frères tous ces gens ordinaires
Unis par la fumée et le feu Ils savaient déjà que la fin était proche On se passait les téléphones pour un dernier adieu On s'entraidait, on cherchait des pioches
Il fallait percer les murs, créer des sorties Mais partout le feu, un ciel de scories De chaque côté des décombres Des mains, des bras, des restes en grand nombre
Du sang noircissant des murs brulés L'air visqueux comme de la lave qu'il fallait respirer Les papiers, les meubles, partis en fumée Qui piquait les yeux, les forçait à se fermer
L'enfer était là, les cernant de partout Ils ne voyaient plus, les poumons étaient en feu Restait une lumière, à travers les fumées un petit trou Les fenêtres brisées donnant sur un ciel bleu
Alors, la longue file des condamnés S'est lentement mise en mouvement Et un à un ils ont fait le pas en avant pour respirer Plongeant dans le vide sans aucun affolement
Pendant un instant on eût cru des oiseaux Mais c'était bien des gens qui tombaient comme pluie Des gens ordinaires aujourd'hui des héros Qui s'envolaient vers le sol tout couverts de suie
Une dizaine de secondes durait la sortie Qui les envoyait à nos pieds s'éclater Projetant en tous sens des organes, des abattis Tout ce qui était en eux s'exposait, horrible pâté
Là où ils touchaient terre pour s'épandre Il ne restait presque rien, une forme abstraite Un trou dans la mer de cendres, Un fantôme de sang traçant leur silhouette
Une tache plus grande qu'eux, en faisant des géants.
Commentaires (1)
SOPHY a dit:Ecrivez un commentaire
|
|||||
|
Entreprises & commerces: publiez vos communiqués sur C4N
|
Trouver un article publié sur C4N
Qui écrit sur C4N ?
|
Depuis 2007 un euro gagné par article exclusif publié sur C4N
|
Infos Reporters
les revenus publicitaires sont reversés aux reporters, commentateurs et à des associations humanitaires.
Date prévisionnelle de versement des droits d'auteurs du mois d'avril :
10 juin
