En cette Journée internationale des droits de la femme, Margarita Bueso, coordinatrice pour les Nations unies dans la région andine du programme « femmes, paix et sécurité » (UNIFEM), et Saskia Loochkart, chargée des affaires humanitaires pour le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (ACNUR) ont voulu rappeler au monde qu'en Colombie les femmes et les enfants sont les principales victimes du conflit armé qui déchire le pays depuis un demi-siècle.
Margarita Bueso signale qu'en Colombie, en plus des défis quotidiens, les femmes doivent faire face aux difficultés engendrées par le conflit armé, principalement le déplacement forcé et les violences sexuelles.
Comme dans tous conflits, « les femmes sont utilisées comme arme de guerre, à travers la violence sexuelle, pour provoquer le déplacement forcé et l'éclatement des familles. »
« Depuis le milieu des années soixante, poursuit la coordinatrice de l'UNIFEM, la Colombie souffre d'un conflit où les guérillas de gauche, les paramilitaires et les narcotrafiquants affrontent la force publique, et le résultat le plus préoccupant de ces combats est la violence sexuelle contre les femmes ! »
« Ces violences sexuelles contre les femmes et les filles, qu'elles soient physiques, mentales, ou se terminant parfois par la mort, a provoqué un des exodes intérieurs parmi les plus importants de l'histoire de l'humanité. Selon les chiffres officiels, la Colombie compterait 3,6 millions de réfugiés ! »
« Les statistiques montrent que l'on trouve parmi les réfugiés 52 % de femmes de tous les âges et 48 % d'hommes qui, dans leur grande majorité, ne sont que des enfants ou des adolescents. ».
Ces chiffres sont confirmés par Saskia Loochkart qui précise : « Si les hommes adultes représentent une minorité des réfugiés c'est parce qu'ils sont soit abattus, soit enrôlés de force dans les bandes criminelles ! La conséquence c'est que dans 50 % des familles déplacées, la femme est l'unique chef de ménage. Comme la mère doit trouver du travail, dans de nombreux cas ce sont les adolescentes ou les grand-mères qui doivent s'occuper des enfants en bas âge »
La fonctionnaire de l'ACNUR souligne également que le déplacement forcé provoque l'éclatement des familles, car fréquemment les déplacements s'enchaînent les uns aux autres.
Ainsi, il n'est pas rare de voir des familles de paysans fuir les campagnes pour tenter de s'installer dans les faubourgs des grandes villes. Hélas, là ils deviennent rapidement victimes d'autres groupes armés illégaux, et un exode urbain suit le premier déplacement. Les enfants sont déscolarisés, les adultes n'arrivant pas à s'établir peinent davantage pour trouver du travail et les familles finissent par éclater complètement.
Les femmes se retrouvent isolées avec leurs enfants les plus jeunes et perdent espoir de retourner un jour sur leur terre d'origine où les combats se poursuivent. Les charges quotidiennes deviennent très vite insurmontables et elles deviennent souvent les victimes d'hommes peu scrupuleux.
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@Candide, sous toutes les latitudes,lors d'un conflit c'est la loi du plus fort qui prime. Ainsi depuis la nuit des temps les femmes et les enfants en sont toujours les premières victimes.
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Bonjour, je trouve cet article intéréssent, mais de quelle époque parle t-il ? Car aujourd'hui en 2011, la Colombie n'est plus victime de guerria, et les femmes deviolences sexuelles.. ?
Cet article concerne bien l'année 2011 et la Colombie (où les combats contre les différentes guérillas et groupes armés illégaux sont hélas toujours d'actualité... ainsi que la violence contre les femmes). Vous devez confondre la Colombie britannique et la République de Colombie.
Merci pour votre visite. Concernant votre commentaire, c'est bien pour cela que je précise dans l'article : « Comme dans tous conflits, les femmes sont utilisées comme arme de guerre, à travers la violence sexuelle, pour provoquer le déplacement forcé et l'éclatement des familles. »
C'est bien de remettre au gout du jour les problèmes existants encore aujourd'hui dans ce pays et de mettre en lumière plus particulièrement la population la plus touchée par ces conflits sans fins. Une amie proche a travaillé pendant plusieurs années avec une association de femmes en situation de déplacement forcés "yo murer" dans ce même pays. je t'invite à me joindre par e-mail si tu souhaite entrer en contact avec elle pour étoffer ton discours.