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Les Enfants Maltraités |
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| 15-01-2009 14:24 - 7322 visites - Flux Tribune libre - Ecrit par bubul01 - Lire son flux RSS | |
Je propose dans cet article de découvrir le travail encore méconnu d'Alice Miller , ancienne psychanalyste qui parle de l'enfance et des conséquences des maltraitances à l'âge adultes, comme la reproduction de ce que l'on a soit même subis contre nos propres enfants ou encore nous explique que les criminels ont été effroyablement maltraités et qu'ils n'ont jamais recontrés de témoins secourables qui leur montre autrechose que la violence et la cruauté donnée par leurs propres parents, quelqu'un qui leur donne un peu d'amour et de compassion, ce qui leur évite de devenir des criminels. Elle a déjà ecrit plus d'une dizaine de livres sur ce sujet depuis le début des années 1980, sans pour autant que les médias nous parlent de ces découvertes qui restent cachées, exactement comme lorsque l'on a découvert que ce n'était pas le soleil qui tournait autour de la terre mais le contraire, cette opinion prétenduement juste était erronée, mais elle était tellement défendue que l'on ne pouvait la contredire. Il existe une psy encore relativement méconnue du grand public et "boudée" par les médias, contrairement à certains de ces "confrères" bien connus dont chaque livre fait l'objet d'un matraquage médiatique et d'une invitation de l'auteur dans toutes les émissions possibles et imaginables: il s'agit d'Alice Miller qui écrit depuis le début des années 1980 sur l'enfance et les conséquences des maltraitances infantiles. Son dernier livre s'intitule « Ta vie sauvée enfin », Flammarion, 2008. Lorsque l'on parle de maltraitances, on pense souvent aux enfants battus, ayant des marques de coups visibles sur le corps: la violence visible. Mais Alice Miller s'intéresse justement à beaucoup d'autres formes de maltraitances invisibles et même encouragées par l'éducation, et ce depuis des millénaires, par la religion, la morale, les institutions éducatives, etc. Malheureusement, l'angle de recherche adopté par Alice Miller lui interdit le "succès médiatique", car elle ose accuser les parents. La peur d'accuser les parents et l'ignorance nous empêche de découvrir cette vérité qui était interdite à l'enfant. L'enfant apprend en effet à prendre le point de vue de ses parents et à ne pas le remettre en question. Elle nous apprend qu'il n'existe pas de criminel ayant des gènes qui les poussent a faire du mal, car lorsque l'on s'intéresse à l'enfant de tels "personnages", on découvre qu'ils ont été effroyablement maltraités, même les plus atroces des dictateurs sont nés des enfants innocents. On se doute bien que de telles affirmations, en contradiction avec notre morale répandue risquent de choquer beaucoup de monde, et que les médias grand publics, comme les politiques, préfèrent flatter leur public dans le sens du poil plutot que de leur livrer des vérités dérangeantes, choquantes mais libératrices. On a accusé pendant des millénaires l'enfant pourtant innocent pour ne pas accuser les parents et l'on inventa pour ça des théories comme quoi il existe des enfants porteurs de gènes maléfiques ou des "enfants du diable" comme on le croyait au moyen âge parce que l'on ne connaisssait pas les causes et l'origine de ces souffrances. Exactement comme l'on accusait des "fautes" ou des "péchés" d'être responsables des maladies soit disant envoyées par Dieu pour nous punir, mais depuis nous avons découverts les véritables causes de ces maladies, les microbes et autres virus ce qui nous a libéré de nos croyances dangereuses à ce sujet. Alice Miller nous invite à faire la même chose au sujet de l'origine du mal et des souffrances "psychologiques". Ces explications était fausses mais permettaient d'éviter d'accuser les parents par peur, la même peur que l'enfant avait de ses parents dans l'enfance avec laquelle beaucoup d'entre nous sont restés même adultes. Voici un extrait du Portait d'Alice Miller qui résume son parcours professionnel : « Alice Miller a fait ses études à Bâle où elle a obtenu en 1953 son doctorat de philosophie. Elle a exercé sa profession de psychanalyste à Zürich, mais l'a abandonnée pour se consacrer entièrement à ses recherches sur l'enfance. En 1986, elle a reçu à New York le prix Janusz Korczak. Parmi les 192 pays membres de l'ONU, 17 uniquement ont interdit de battre les enfants. Aux Etats-Unis, il y a encore 20 Etats où les châtiments corporels sont autorisés à l'école et même sur les adolescents. Les personnes qui peuvent s'indigner de ces faits et qui en mesurent les graves conséquences, comprendront sans problème tous les livres d'Alice Miller. Elles comprendront aussi pourquoi cet auteur s'engage, même à son âge avancé, pour libérer la société de son ignorance. A l'aide de ses livres, articles, tracts, interviews et réponses aux courriers des lecteurs sur son site, elle montre que la maltraitance des enfants produit non seulement des enfants malheureux et perturbés, des adolescents destructeurs et des parents mal traitants, mais aussi une société perturbée qui fonctionne si souvent d'une façon extrêmement irrationnelle. Grâce à ses recherches sur l'enfance, Alice Miller a compris que la violence exercée sur les enfants conduit à la violence globale qui règne sur le monde entier, d'autant plus que l'on commence à frapper les enfants dans les premières années de leur vie, justement au moment où leur cerveau se construit. Même si les conséquences scandaleuses sont évidentes, elles ne sont pas perçues et encore moins prises en compte par la société. Or, la situation est facile à comprendre: les enfants ne sont pas autorisés à se défendre de la violence des parents et sont alors obligés de supprimer et refouler les réactions naturelles à l'agression parentale comme les émotions de la colère et d'angoisse. Ce n'est qu'à l'âge adulte qu'ils peuvent décharger ces émotions très fortes, sur leurs propres enfants ou, dans certains cas, sur des nations toutes entières. »
Le point de départ du travail d'Alice Miller est la découverte du « 4ème commandement » et surtout de ces effets nocifs. Ce 4ème commandement nous exhorte à respecter et à honorer nos parents, et donc de ne pas les accuser, de les considérer comme innocents et d'accuser l'enfant, mais l'aspect nocif et dévastateur de cette injonction morale que l'on retrouve partout dans la société, même chez les psys ou dans la religion catholique qui prône le pardon envers ceux qui nous ont offensés est passé inaperçu car cela aurait conduit à accuser les parents de ce qu'ils ont fait subir à l'enfant. Il est donc nécessaire pour l'enfant pour survivre de "s'aveugler" pour montrer aux parents son "respect" envers eu et ne pas les "trahir", mais l'enfant doit donc pour cela se trahir lui même, ce qui n'est pas sans conséquences. Car Alice Miller nous dit que le pardon et ces injonctions morales ne servent qu'a masquer la réalité, car notre corps ne se laisse pas leurrer, il connait nos véritables sentiments et les sentiments ne s'éprouvent pas sur commande, une injonction morale ne peut faire naitre un sentiment que l'on éprouve pas. Ce commandement nous pousse donc à nous trahir nous mêmes, ce qui conduit inévitablement à des souffrances.
Ce 4ème commandement nous demande de pardonner à nos parents et nous interdit de voir ce qu'ils font subir à l'enfant « pour son bien », mais cette aveuglement à un prix qui se paye par des souffrances à l'âge adulte. Cette morale traditionnelle est dangereuse car elle nous force à réprimer nos sentiments qui permettent l'accès à qui nous sommes vraiment. L'ordre derrière ce commandement est « Tu ne t'apercevra de rien », car pour ne pas accuser nos parents, nous devons nous interdire de nous apercevoir de ce qu'ils font subir à l'enfant. Dans une interview sur son site officiel, « La cruauté s'apprend dans l'enfance » , elle nous dit au sujet du 4ème commandement: « Vous avez établi que le respect du quatrième commandement ("tu honoreras ton père et ta mère") par l'enfant nuit à une vie émotionnelle saine. Voilà qui doit choquer bien des gens. Comment avez-vous découvert que cette "injonction solennelle" n'a en fait pas d'autre fonction que la manipulation et l'asservissement de l'enfant ? Ce n'est pas à l'enfant que le quatrième commandement nuit, mais plus tard à l'adulte. Tous les enfants aiment leurs parents et n'ont nul besoin d'un commandement pour leur dire de le faire. Mais quand nous devenons adultes et que nous réalisons que notre amour a été exploité et qu'on a abusé de nous, nous devrions être capables de percevoir nos sentiments véritables, y compris la rage, et rien ne devrait nous obliger à continuer à aimer des parents qui ont été cruels envers nous. La plupart des gens ont peur de ces sentiments "négatifs" à l'égard de leurs parents, c'est pourquoi ils se défoulent sur leurs enfants et perpétuent de cette façon le cycle de la violence. C'est là que je situe les effets destructeurs du quatrième commandement. Et comme il n'existe toujours pas de commandement ni de loi qui interdirait aux parents de décharger leur colère sur leur progéniture, rien ne s'oppose à ce que le comportement parental le plus brutal continue de porter le nom d'"éducation". Vous allez jusqu'à affirmer que le quatrième commandement est la cause de maladies physiques. Comment en arrivez-vous là ? En a-t-il été ainsi pour vous personnellement ? C'est la répression des sentiments authentiques qui nous rend malades. Nous les réprimons par peur. La peur inconsciente que ressent l'enfant confronté à des parents violents peut nous accompagner toute notre vie si nous en restons au stade du déni pour refuser de nous confronter à elle. Nous considérons comme une évidence que les parents "aiment" leurs enfants. Malheureusement, ce n'est bien souvent rien de plus qu'un mythe. Peut-on parler d'amour parental si les parents ne "corrigent" leurs enfants qu'occasionnellement ? Comme parents nous devrions savoir que toute forme de violence éducative, aussi bien intentionnée soit-elle, tue l'amour. »
Cette morale traditionnelle et répandue nous empêche d'avoir accès à nos véritables sentiments que le corps connait, le corps ne peut accepter ces mensonges qui nous rendent malades et tente de nous montrer notre propre vérité.
« A votre avis, comment naissent la morale et l'éthique ? Pourquoi quelqu'un devient-il (im)moral ? Un individu n'accède jamais à la morale grâce aux sermons qu'on peut lui faire, il acquiert des valeurs éthiques uniquement par le biais de l'expérience. Personne ne vient au monde méchant. Il est ridicule de penser, comme on le pensait au Moyen Age, que le diable enverrait un enfant méchant dans une famille, qui aurait à le corriger en le frappant, pour qu'il puisse devenir une personne comme il faut. Un enfant maltraité deviendra plus tard à son tour un tourmenteur et très certainement aussi un parent cruel, à moins qu'il n'ait trouvé dans son enfance un témoin secourable, une personne auprès de laquelle il pouvait se sentir en sécurité, aimé, protégé, respecté, une expérience qui lui aurait donné une idée de ce que peut être l'amour. Un enfant qui a vécu cela ne deviendra pas un tyran, il (ou elle) sera capable de respecter les autres et d'être en empathie avec eux. Il est très significatif que dans l'enfance de tous les dictateurs que j'ai étudié, je n'aie pas trouvé ne serait-ce qu'un seul témoin secourable. Il ne resta plus alors à l'enfant qu'à magnifier la violence qu'il avait eu à subir. L'éducation religieuse nous apprend à pardonner à nos tourmenteurs. Devrions-nous vraiment leur pardonner ? Est-ce réellement possible ? On peut comprendre que nous voulions pardonner et oublier pour ne pas avoir à ressentir la douleur, mais c'est une voie sans issue. Il apparaît tôt ou tard que ça n'est absolument pas une solution. Prenons le cas des nombreux auteurs d'abus sexuels recensés parmi les ecclésiastiques. Ils ont pardonné à leurs parents les abus dont ceux-ci se sont rendus coupables à leur égard, que ce soit sur le plan sexuel ou qu'il s'agisse d'autres types d'abus de pouvoir. Mais que font alors beaucoup d'entre eux ? Ils répètent les "péchés "de leurs parents, justement PARCE QU'ils leur ont pardonné. Si ils étaient capables de condamner en toute conscience les actes de leurs parents, ils ne seraient pas contraints de les reproduire, de harceler et de troubler profondément des enfants en les forçant à garder le silence, comme si ce qui s'était produit était la chose la plus naturelle qui soit, et non pas un crime. C'est tout simplement eux-mêmes qu'ils trompent. Les religions peuvent exercer un pouvoir énorme sur nos esprits et nous pousser de bien des façons à nous tromper nous-mêmes. Mais elles n'ont pas la moindre influence sur notre corps, qui connaît parfaitement nos émotions vraies, et qui insiste pour que nous les respections. »
Avoir accès à ces véritables sentiments est le seul moyen de
connaitre notre vérité et de guérir de nos souffrances, ce
qu'empêche la morale traditionelle et les injonctions comme le
Pardon, qui veulent se substituer à nos véritables sentiments.
C'est comme de faire passer du poison pour de l'eau et d'expliquer
qu'il suffit de croire que ce n'est pas du poison pour éviter les
effets nocifs du poison... "Les personnes qui ont été aimée sans condition dans leur enfance n'ont pas à se forcer, une fois devenues adultes, pour donner à leurs parents cette même affection qu'ils ont jadis reçue. Par contre, les personnes qui ont été maltraitées et trahies en tant qu'enfant développent une haine latente, s'en prennent à leurs enfants et propagent l'opinion selon laquelle les fessées sont nécessaires et sans danger. Ils répandent ces opinions sans hésiter, bien que le contraire ait été démontré depuis longtemps. Ils font cela parce que le Quatrième Commandement leur impose de dénier les dommages qui leur ont été fait, les dommages causés à leur cerveau et à leur capacité innée à ressentir de la compassion. Malheureusement, sans cette compassion, ils sont capables de fesser leurs enfants sans pour autant ressentir leurs souffrances, et ils acceptent leur propre mutilation sans se plaindre, de sorte qu'ils puissent " honorer leurs parents ". Ils obéissent aux commandements de leurs parents du fait d'un sentiment de respect qui découle surtout de leur attente que leurs mères et pères deviennent enfin ces parents que l'enfant attendait. En conséquence, la loyauté infantile de l'adulte associée à un discours moraliste (" J'ai mérité ces châtiments ", " Tous les parents font parfois des erreurs ") conduit souvent à l'hypocrisie et à la violence envers des personnes innocentes. Qu'obtenons-nous en obéissant au Quatrième Commandement ? Un commandement est-il susceptible d'engendrer une compassion véritable ? Pouvons-nous dicter un sentiment d'amour à un être humain dont le corps a enregistré la violence au lieu de l'amour au cours des premières années, cruciales, de sa vie ? Nous savons qu'une telle personne réprime ses sentiments véritables au profit de la morale, ce qui souvent engendre des affections comme le cancer ou les maladies cardio-vasculaires. En effet, nous ne pouvons nous débarrasser, une fois pour toutes, de cette haine réprimée que nous retournons souvent contre nous-mêmes, bien que nous tentions de le faire en faisant usage de la morale. C'est pourquoi il est rare que quelqu'un ait le courage de dire clairement et honnêtement : " Je n'ai jamais reçu d'amour de ma mère et donc je ne ressens pas d'amour pour elle. En vérité, elle est une étrangère pour moi. Elle est seule et aurait peut-être besoin d'un fils aimant, mais je ne veux pas mentir pour lui donner cette illusion. Je lui dois, ainsi qu'à moi-même, la vérité que je ne peux ressentir un sentiment d'amour véritable pour elle en tant qu'adulte, parce que j'ai tellement souffert de son aveuglement en tant qu'enfant. " Une personne osant dire cela ne mettra plus ses enfants en danger et n'aura vraisemblablement plus à craindre de maladies graves, parce qu'elle est en mesure de comprendre les messages de son corps avant qu'il ne soit trop tard."
Le Pardon dans le domaine des thérapies est aussi dénoncé par Alice Miller, car l'on croit que c'est de ne pas pardonner aux parents, de ne pas leur obéir qui rend malade alors que c'est précisément le contraire, comme elle nous l'explique dans l'article "A Propos du Pardon " :
"Chez les survivants de pareilles tortures, qui ont abouti à un refoulement total, l'enfant martyrisé continue cependant à vivre: dans les ténèbres de l'angoisse, de la répression, de la menace. Lorsque toutes les tentatives pour amener l'adulte à écouter son histoire ont échoué, il essaie de se faire entendre par le langage des symptômes, à travers la toxicomanie, la psychose, la délinquance. Cet enfant, devenu à son tour adulte, se prend à soupçonner l'origine de ses souffrances, et demande à des spécialistes si elles ne pourraient pas être en relation avec l'enfance; on lui assure dans la plupart des cas qu'il n'en est rien. Ou, si l'on confirme son intuition, on lui explique qu'il doit apprendre à pardonner, que c'est son attitude rancunière qui le rend malade. Dans ces groupes fort connus où l'on propose une thérapie aux personnes en état de dépendance et à leurs proches, le mot d'ordre est toujours : Tu ne pourras guérir que quand tu auras pardonné à tes parents tout ce qu'ils t'ont fait. Même s'ils étaient tous les deux alcooliques, s'ils ont abusé de toi, t'ont battu, plongé dans un total désarroi, soumis à des exigences au-dessus de tes forces, exploité - tu dois tout leur pardonner, sinon tu ne pourras pas guérir. De nombreux programmes, baptisés thérapeutiques, ont pour principe d'apprendre dans un premier temps à exprimer ses sentiments et, simultanément, à tenter de voir ce que l'on a vécu dans son enfance. Mais, ensuite, il faut s'astreindre au " travail du pardon ", prétendument nécessaire à la guérison."
Nombre de thérapeutes et de thérapies sont donc encore prisonniers de telles conceptions moralisatrices et dangereuses. Alice Miller propose même sur son site une « FAQ » (Comment trouver le/la thérapeute qui me conviendra ? ) pour aider à trouver un thérapeute qui soit vraiment une aide, libéré des préceptes moraux traditionnels de l'éducation, ce qui tranche avec l'opinion répandue que la plupart des psys sont compétents, elle nous dit le contraire, que seulement une minorités sont compétants et peuvent vraiment aider leurs patients, car peu d'entre eux ont osés remettre en question leurs propre éducation, leurs propres parents ;:
Si
je connaissais des thérapeutes assez respectueux pour répondre à
vos questions; assez libres pour montrer leur indignation sur les
comportements de vos parents envers vous; assez courageux pour vous
accompagner avec empathie quand vous exprimez votre rage bloquée
dans votre corps depuis des décennies; assez bien informés pour ne
pas faire des sermons sur "vous devez oublier", le pardon,
la méditation et les "pensées positives"; assez honnêtes
pour ne pas vouloir vous endormir avec des mots vides comme
"spiritualité" quand ils ont peur de votre histoire
tragique - je serais heureuse de vous donner leurs noms, adresse et
téléphone. Mais je ne les connais pas.
Quand j'ouvre Internet,
je trouve une avalanche d'offres ésotériques, religieuses,
sectaires, commerciales ou des pratiques manipulatrices dangereuses
sur le corps, en tout cas pas ce que je cherche. On entend souvent parler des sentiments dit négatifs comme la haine, mais ils ne sont pas dangereux en eux mêmes nous dit Alice Miller, car les sentiments ne font pas de mal, c'est au contraire de vouloir suprimer de tels sentiments en les rendant inconscients que ça devient dangereux.C'est même d'être conscient de tels sentiments qui nous évitent la souffrance inutile et nous libère de notre passé et de nos souffrances intériorisées. La haine est un « bouc émissaire », un sujet interdit auquel Alice Miller « s'attaque » pour nous expliquer que la haine est une réaction normale, mais que l'interdiction de s'en apercevoir ("le 4ème commandement") nous fait confondre la haine en elle même et les conséquences de la négation de cette haine. On s'interdit d'éprouver de tels sentiments pour se protéger des parents qui interdisent ces sentiments dits négatifs qui déclenchent la violence parentale, la haine est encore trop souvent confondu avec la violence, car la haine apparaît en situation de violence.
"On associe habituellement le mot haine à l'idée d'une dangereuse malédiction qu'il faudrait éloigner aussi vite que possible. On entend aussi souvent dire que la haine serait pour l'individu un poison qui rendrait quasiment impossible la guérison des blessures reçues dans l'enfance. Comme je me démarque nettement de cette opinion courante, il m'arrive souvent d'être mal comprise. De ce fait, mes efforts pour faire la lumière sur ce phénomène et pour approfondir cette notion n'ont pas eu beaucoup de succès jusqu'alors. Voilà donc pourquoi je recommande la lecture préalable du chapitre de mon livre " Chemins de vie " intitulé " Comment naît la haine ? " à qui souhaiterait me suivre dans ce développement-ci. Il faut quand même dire, que dans ce chapitre, écrit en 1996, il y a une réflexion dans laquelle je vois aujourd'hui la tendance universelle de protéger les parents à tout prix dont je me suis libérée entre-temps (cf. "Notre corps ne ment jamais", Flammarion, Paris). Je pense moi aussi que la haine peut empoisonner un organisme, mais seulement tant qu'elle reste inconsciente et dirigée contre des substituts, c'est-à-dire des boucs émissaires. Alors, elle ne peut pas se dissoudre et disparaître. Supposons que je haïsse les travailleurs immigrés, mais que je sois dans l'incapacité de voir comment mes parents m'ont traitée lorsque j'étais enfant, comment par exemple ils laissaient le nourrisson que j'étais hurler pendant des heures, ou ne me regardaient jamais avec amour, alors je souffre d'une haine latente qui peut m'accompagner ma vie durant et déclencher dans mon corps divers types de symptômes. Mais si je sais le mal que mes parents m'ont fait du fait de leur aveuglement et que j'ai pu ressentir consciemment ma révolte contre leur comportement, je n'ai pas besoin de reporter ma haine sur des personnes qui n'y sont pour rien. Avec le temps, la haine que j'éprouve à l'égard de mes parents pourra s'atténuer et même disparaître pendant des périodes plus ou moins longues, mais des événements de la vie présente ou la remontée de souvenirs sous un angle neuf pourront aussi la ranimer brusquement. Mais maintenant, je sais de quoi il retourne. Maintenant, je me connais suffisamment bien, grâce justement aux sentiments que j'ai revécus, ET LA HAINE NE ME POUSSERA PAS A TUER QUI QUE CE SOIT, NI A PORTER PREJUDICE A QUICONQUE."
Elle dit que nous avons tous en majorité rencontré de telles personnes qui « aimaient bien » l'enfant. Ces enfants devenus meurtriers se comportent comme de véritables robots capables d'éxécuter les ordres les plus cruels sans aucun remords, sans aucun accès à leur émotions et à leur sensibilité, et seul l'accès à leur véritables émotions ainsi qu'a leurs causes (les violentes parentales) permettrait à ces criminels d'arrêter de reproduire ce qu'ils ont subis et de reconnaitre leur propre souffrance et celles des autres. Extrait de l'article "Le rôle décisif des témoins lucides dans notre société" au sujet de ces témoins que l'enfant rencontre dans l'enfance : "Quand j'ai commencé à illustrer ma thèse en utilisant les exemples d 'Hitler et de Staline, quand j'ai essaye de montrer quelles conséquences a eues la maltraitance des enfants pour la société, j'ai rencontré les résistances les plus profondes. Beaucoup de gens m'ont dit : "Mais moi aussi j'ai été un enfant battu et je ne suis pas devenu un criminel". Quand j'ai demandé des détails sur leur enfance à ces gens-là, ils m'ont toujours parlé d'une personne qui les aimait bien, même si elle n'était pas capable de les protéger. Quand même, cette personne leur a donné, au moins par sa seule présence, une notion de confiance et d'amour. J'appelle ces personnes les témoins secourables. Par exemple, chez Dostoïevski dont le père était très brutal, on trouve une mère aimante. Elle n'était pas assez forte pour le défendre contre son père mais elle a transmis à son fils la notion de l'amour sans laquelle les romans de Dostoïevski auraient été impensables. Il y a aussi des gens qui ont rencontré en plus des témoins lucides et courageux, des personnes qui pouvaient les aider a reconnaître l'injustice subie et à articuler leurs sentiments de colère, d'indignation ou de douleur à propos de ce qui leur était arrivé. Ces gens-là ne sont jamais devenus criminels."
« Qu'est-ce qui ne va pas dans la façon dont la psychanalyse est pratiquée actuellement ? Pourquoi avez-vous été exclue de l'Association psychanalytique ?
On ne m'a pas exclue de l'Association psychanalytique; c'est
moi qui me suis écartée d'une école après l'autre à mesure que
m'apparaissaient clairement le traditionalisme de leur point de vue
et leur refus de prendre en compte la souffrance de l'enfant ; En fin
de compte j'ai dû reconnaître que de ce point de vue, la
psychanalyse ne constitue pas une exception. La manière dont Freud a
utilisé le mythe d'Œdipe est très significative.
En frappant l'enfant les parents répètent uniquement ce qu'ils ont appris de leurs propres parents, que les tapes et autres fessées sont nécéssaires à l'enfant, mais elles ne font en réalité que masquer la véritable origine du comportement des parents qui vient de leur propre enfance et non de leur enfants car découvrir la vérité représentait un danger pour l'enfant mais n'en est plus un à l'âge adulte:
De nombreuses recherches ont démontré que si les châtiments corporels permettent de faire obéir un enfant dans l'immédiat, ils entraînent ultérieurement de graves troubles du caractère et du comportement si cet enfant ne trouve pas, dans son entourage, une personne informée et compatissante pour lui venir en aide. Hitler, Staline, Mao et d'autres tyrans n'ont pas rencontré, quand ils étaient petits, de tels témoins lucides. De ce fait, ils ont appris très tôt à glorifier la cruauté devenus adultes, à justifier les massacres qu'ils organisaient. Des millions de gens, eux aussi élevés dans la violence, leur ont prêté la main. Il faut cesser de se servir des enfants comme d'un exutoire, permettant de se défouler légalement des affects accumulés. On croit encore souvent que de "légères" humiliations, du type claques ou fessées seraient inoffensives. Car, tout comme pour nos parents, cette idée nous a été inculquée très tôt dans notre enfance. Elle aidait l'enfant battu à minimiser sa souffrance, et par là, à la supporter. Mais sa nocivité se révèle précisément par cette large acceptation : puisque cela était supposé "ne pas faire de mal", à chaque génération des enfants ont subi ces humiliants traitements, et, de plus, ont jugé juste et normal de recevoir des coups. Paradoxalement, dans leur effort d'empêcher leurs enfants de devenir délinquants, les parents leur ont enseigné la délinquance en leur livrant des modèles violentes. Quand en 1977, la loi sur l'interdiction des châtiments corporels a été promulguée en Suède, 70% des citoyens interrogés lors d'un sondage y étaient opposés. En 1997, ils n'étaient plus que 10%. Ces chiffres montrent qu'en vingt ans les mentalités se sont transformées. Grâce à la nouvelle législation, une coutume destructrice a pu être abandonnée. Il est prévu d'étendre à toute l'Europe la législation interdisant les châtiments corporels. Ils ne s'agit nullement de traîner les parents sur le banc des accusés. Cette loi dit au contraire avoir pour eux une fonction protectrice et informative. Les parents qui l'enfreignent devraient être astreints par le tribunal à dissiper leur ignorance sur les conséquences des châtiments corporels, à apprendre quels dégâts ils provoquent. Les informations sur l'effet nocif de "l'inoffensive fessée" devrait être diffusée de manière à être connus de tous, car l'éducation inconsciente à la violence commence très tôt, et beaucoup d'êtres humains en resteront marqués pour la vie. Ce qui est en jeu, c'est l'avenir de la société tout entière."
Elle insiste aussi sur le fait que contrairement à certaines thérapies actuelles focalisées sur les émotions qui évitent d'accuser les parents, il faut aussi comprendre le sens de ces émotions, c'est à dire leur origine et leur raison, ce qui a provoqué ces émotions, ces réactions de défenses, qui sont bien souvent le comportement violent des parents envers l'enfant.
Arrêtons
de croire que ce que nous avons subis était pour notre bien, en
écoutant notre corps qui ne se laisse pas leurer, nous dit Alice
Miller.
Sans ressentir la douleur et la souffrance associée à ces mauvais traitements, nous croyons encore que ça fait du bien, voilà ou réside l'idée répandue d'une "fessée salvatrice" qui nous aurait "remis dans le droit chemin" dans notre enfance. On croit que ça nous a permis de survivre, que ça nous a fait du bien parce que ça a provoqué un insensibilisation à la douleur et à la souffrance et donc on ne sentait plus que l'on souffrait et l'on a cru ne pas souffrir. Si nous connaissons nos véritables sentiments, nous percevons la cruauté et la souffrance qui se cache derrière ces pratiques éducatives encouragées par tout la société et même des professionnels. On oublie que ces souffrances restent stockées dans notre corps mais déconnectées de notre conscience, elles chercheront à se manisfester sous la forme de maladies corporelles et de symptomes dont peu de gens verront la véritable origine. La peur d'accuser les parents vient aussi de l'enfance ou l'enfant devait s'interdire d'accuser ses propres parents et s'accuser lui même pour survivre, comme dans une dictature ou tout opinion différente du dictateur est interdite et punie de mort.
Car c'est seulement en apparence qu'il n'y a pas de dégats, les dégats sont invisibles et les connexions avec ce qui s'est passé dans l'enfance lorsque les violences apparaissent plus tard restent cachées et niées.
Elle parle aussi des institutions qui ne veulent pas dénoncer ces abus et protéger les enfant, comme le Pape et l'église et qui pourraient par leur action concrêtes protéger les enfants et la société de la violence : Soigner et prévenir les blessures de l'enfance
«Vous vous étonnez du peu d'actions concrètes que pourraient engager des instances "morales" comme les églises en faveur de la condamnation explicite de ces violences. Mais globalement, le rejet de la maltraitance n'a-t-il pas progressé ? Oui, le rejet de la maltraitance a progressé. Mais la violence éducative n'est pas encore regardée comme une maltraitance. Parce que presque tout le monde en est atteint et la grande majorité nie la souffrance de l'enfant battu "pour son bien". On nie alors les conséquences graves. On parle d'une correction qui nous a fait du bien, nous a rendu forts, etc. 90% de la population mondiale partagent ce point de vue, cette mentalité fatale. Aujourd'hui, je ne connais personne qui dirait qu'il faut maltraiter les enfants. Mais pourtant on me dit presque partout que la fessée est nécessaire et efficace. C'est pourquoi j'insiste sur ce sujet. Je pense que la société ne pourra se libérer de cette tradition destructrice qu'avec une loi qui interdirait les coups et la fessée. A part la loi, un mot de l'Eglise, une seule phrase du Pape qui affirmerait clairement le danger de la violence éducative pourrait changer la mentalité des chrétiens. Malheureusement, toutes mes démarches pour faire passer au Saint Père les informations les plus récentes sur ce sujet ont échoué. J'ai envoyé les résultats de recherches en neurobiologie qui ont constaté des lésions dans les cerveaux des enfants battus. J'ai essayé d'expliquer que personne ne peut apprendre de bons messages dans un état de peur et qu'un enfant battu n'apprend qu'à battre à son tour. J'ai envoyé plusieurs lettres. Mais l'entourage a tout fait pour ne pas laisser passer ces lettres au Pape. Pour moi, l'Eglise continue consciemment à refuser sa miséricorde aux plus petits et aux plus impuissants, les enfants. »
Je concluerais cet article par une citation d'un autre Interview d'A.Miller qui explique pourquoi cette connaissane fondamentale est encore reconnue seulement par une minorité de gens: Interview par Olivier Maurel : «N'est-ce pas faire preuve d'un excès d'optimisme et même d'utopie que d'écrire : "Lorsque sera levée l'ignorance résultant des refoulements de l'enfance et que l'humanité sera réveillée, cette production du mal pourra s'interrompre." ? (La Connaissance interdite, p. 175.)
Je ne pense pas que ce soit une utopie de dire que les adultes qui
ont eu la chance d'apprendre le respect pour l'enfant changeront les
schémas culturels dans l'avenir. Ce n'est pas la société qui forme
la personnalité, ce sont les personnes qui forment la société, et
l'enfance de ces personnes joue un rôle primordial dans la façon
dont elles se conduisent une fois adultes.
Bibliographie d'Alice Miller: http://alice-miller.com/livres_fr.php
Commentaires (18)
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