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06 Oct 2008
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L'enfer de Matignon.

par anidom - 316 hitsflux RSS de ce reporter Flux RSS de ce reporter flux RSS de ce theme Flux RSS de Tribune Libre

Par Raphaëlle Bacque.

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Je n’en fais pas une publicité je n’en ai pas le droit et de plus, ce livre n’en a pas besoin il est déjà largement diffusé, et je ne touche aucune rétribution, je veux simplement au travers de ce livre témoigner, sur les confidences des premiers ministres qui décrivent leur état psychique sur la dureté de ce poste dans cet hôtel de Matignon carrefour de tout les dangers. Ils sont douze dont cinq énarques à avoir collaboré à la rédaction de ce livre, de Pierre Mauroy le premier de gauche de l’ère Mitterrand, à François Fillon actuellement en poste en passant par Edith Cresson la seule femme qui occupa ce poste du 15 mai 1991 au 02 avril 1992

Ce poste apparaît être un calvaire, avec pas une seconde à soi pour faire le point, pour prendre du recul, en d’autres termes réfléchir, et le soir fatigués de leur journée ils ne pensent qu’a se reposer.
Mais comme beaucoup d’entre nous le clament, ils veulent tous ce poste c’est donc qu’il est porteur outre, d’une gloire, mais aussi d’une bonne rémunération ce qui n’est pas forcément vrai eu égard à la charge et aux responsabilités du premier ministre.

Une chose se dégage au début du livre c’est l’esprit de solidarité devant cette charge entre ces premiers ministres, ce sont des humains après tout et quand on a souffert on devient compréhensif et indulgents même si l’on n’est pas du même bord politique. Pierre Mauroy lorsqu’il est arrivé sans expérience gouvernementale le 22 mai 1981, n’étant pas de l’ENA, pur politique sorti du rang après la victoire tant inattendue qu’attendue de François Mitterrand, et après plus de 20 ans de gouvernance à droite, de recevoir des conseils de Pierre Mesmer. Il en fut d’ailleurs de même pour Edith Cresson quand Raymond Barre lui dit :

«convoquez chaque semaine la DST et les services secrets afin d’éviter qu’ils ne vous fassent un enfant dans le dos !» Charmante ambiance.

S’il y a compréhension sur les difficultés humaines du poste, il n’y a pas forcément de liens étroits entre eux, les clivages politiques restent fermes.

On peut se demander ce qui pousse ainsi ces politiques à occuper de telles fonctions ? L’appât du gain, je ne le pense pas pour souffrir comme certains le disent, probablement que lancés dans la politique leur situation y est liée, ils ne peuvent faire autrement que d’accepter de si lourdes et éprouvantes responsabilités au risque de perdre leur crédibilité. Une multitude de problèmes sont a régler chaque jour, la logistique entre les ministres et les objectifs à tenir quand les nouvelles sont mauvaises, les réceptions, les voyages doivent finalement user.
On dit qu’ils sont le paravent du président de la république probablement.
Ce qui doit impliquer d’être fort physiquement et moralement pour appliquer sa politique si elle est mal acceptée, on peut ne pas être toujours du même avis, mais aussi convainquant pour lui dire qu’il doit revoir ses objectifs ou qu’il doit modifier certaines de ses orientations. Cela doit être délicat à démonter voire impossible s’il est obstiné, étant à ses ordres, par suite de son plébiscite national lui conférant la direction politique de la nation. Certainement que plus d’un ont pensés à donner leur démission ne pouvant gérer, en contradiction avec le président, sachant que sa logistique pour atteindre l’objectif n’était pas la meilleure.

En vérité après mon départ de Matignon j’ai mis plus d’un an a retrouver mon pôle de sustentation groggy et KO qu’il était déclare un ancien premier ministre.

En lisant les premières pages de ce livre, on constate que le premier ministre est isolé des Français, il n’a que la presse comme vision de la France c’est à dire celle des journalistes,

«lire la presse ce n’est pas être informé de l’état de l’opinion, mais de l’opinion des journalistes déclare un ancien premier ministre».

Finalement ce qui compte, c’est d’avoir un entourage fidèle qui vous dit la vérité et

«savoir se balader autrement qu’en cortège sinon vous n’avez que l’opinion des motards de la sécurité».

En fait, il apparaît que les premiers ministres sont déconnectés du peuple, ce qui peut expliquer pas mal de choses, on peut se demander pourquoi ? Absorbés par leur charge ils ne voient rien et quand ils se déplacent ils sont encadrés, protégés, et ne voient que la situation qu’on veut leur montrer.

Ils ne descendent pas dans le milieu des gens d’en bas, tout en bas.

Ils ne peuvent avoir une vue précise de la misère de ces gens, les statistiques, les graphiques, la fréquentation des économistes ne peuvent donner une image fine de la situation, il faut voir et toucher pour comprendre.

Ils doivent faire face aux piques de l’opposition ce qui est normal, ce qui l’est moins ce sont les conflits entre partenaires politiques, on s’en serait douté. De plus, si la majorité à l’Assemblée nationale est importante la cohésion est difficile, c’est la rançon du succès, et dans le cas d’une majorité composite formée de plusieurs courants, cela devient catastrophique, mais c’est inhérent au poste, et s’ils ne peuvent assurer, il reste la démission.

Ce livre, livre des anecdotes sur la dénomination du premier ministre qui sont piquantes. En général les proches du président sont plus ou moins sensibles au moindre témoignage de sympathie ou au moindre geste du président pour faire de vous un patentable au poste de premier ministre, ce qui entretien le suspens et la concurrence. Le président joue parfois au chat et à la souri avec ses collaborateurs. Finalement c’est comme au temps de la royauté, le favori du roi avait les coudées franches et il était courtisé par la Cour. Sous notre république le président consulte sans consulter, ou plutôt il interroge pour voir les réactions, certains se retrouvent à quatre dans un déjeuné pour entendre la réflexion du président sur celui qui sera premier ministre et ensuite celui présumé l’apprend par téléphone ou à la radio, d’autres directement à l’Elysée et l’annoncent sur le perron aux journalistes. D’autres le savent avant, bien longtemps avant, lors d’une confidence avec le président ou futur président. Certains sont invités à l’Elysée et on leur demande de passer par la grille du coq pour ne pas être vus.
Il n’y a qu’Edith Cresson qui a refusé le poste de premier ministre, je la cite par ce que c’est la seule, et finalement l’a accepté par ce que François Mitterrand lui a déclaré qu’il voulait avant de partir qu’une femme soit premier ministre.

On se rend compte qu’il n’y a pas de protocole fixé pour cette dénomination et qu’elle est faite sur un collaborateur sans qu’il apparaisse des arguments de valeur supérieure à celle des autres proches, seul le président juge suivant sa conviction ou sur son affinité avec le premier ministre qu’il nomme.

Ce livre apporte un éclairage entre les hommes du pouvoir sur une partie de notre histoire.

L’enfer du poste de premier ministre est une évidence, il reçoit les coups sans possibilité de riposte, il est fait pour les encaisser. Il lui faut donc une bonne cuirasse pour tenir, et on se demande même comment certains font pour tenir plusieurs années, c’est à croire qu’au terme d’un certain temps ils ont pris le pli avec une bonne dose de philosophie ne pouvant faire mieux.

Alors se pose, comme le livre le relate, faut-il un premier ministre ?

Certains pensent qu’il faut un fusible et un responsable devant le parlement, c’est toute l’ambiguïté du poste, c’est finalement lui le responsable, lui qui prend les coups d’une politique définie par le président.

C’est pour moi un système boiteux dans la mesure ou le vrai responsable, le président de la république n’est pas sanctionné, puisque nommé par les Français pour cinq ans. Il reste la possibilité de faire des élections législatives et de conduire éventuellement à une cohabitation, pour cela, il faut que la majorité parlementaire soit mise en minorité lors d’un vote de censure, ou que le président dissolve l’Assemblée, ce qui, depuis le mandat de cinq ans est peu envisageable puisque fait pour, justement, assurer au président une majorité à sa dévotion. En outre, ce n’est pas elle qui va voter pour perdre son pouvoir. Le système démocratique est donc bloqué, il faut attendre les prochaines élections pour modifier éventuellement l’orientation politique même si la situation du pays le demande. Finalement c’est le président et seulement le président qui à tout en mains pour admettre qu’il faille changer de politique par une autre majorité. Le changement des ministres et du premier ministre ne change rien si les nouveaux arrivants sont contrains de faire la politique du président.

Cette situation assure la stabilité de la république comme l’a souhaité le Général de Gaulle, et dernièrement l’instauration du mandat présidentiel à cinq ans renforce cette république. Le septennat permettait la cohabitation au terme des cinq années législatives, donc de changer de politique avec un président pouvant ramer à l’envers. Actuellement, c’est la même chose, l’orientation politique peut être changée au terme des cinq années de législature, avec le président c’est beaucoup mieux, il n’y a rien de changé pour qu’une autre majorité agisse mais en plus avec une la stabilité gouvernementale assurée.

Je termine en disant finalement que le salaire qu’ils gagnent n’est pas usurpé, ils le méritent amplement.

        

   

Lire la suite : http://anidom.blog.lemonde.fr/2008/10/06/lenfer-de-matignon/.

Commentaires (8)add comment

anidom nidolga a dit:

...
Dominique,

J'avais déjà écrit ce mot et il était passé, c'est pour cela que j'ai renouvelé son écriture.
Ce mot n'est pas une insulte, il exprime la bêtise, le crétinisme, l'absurdité, à voir dans le Petit Robert.
Si l'on m'a mis en attente de validation pour cela, il faut que les modérateurs revoient leur programmation

La nouvelle bouture de la Constitution a été faite pour cela, et il fallait attendre cinq années pour avoir la possibilité de changer de politique comme maintenant mais avec un président qui ramait à l'envers, ce n'était pas mieux
 
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October 06, 2008 | url
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Dominique Dutilloy a dit:

@ Anidom/Nidolga
En effet, Anido, c'est à cause du mot C****RIE que tu as écrit en entier, ce qui a bloqué le logiciel et donné plus de boulot aux modérateurs...

Pour répondre à ton commentaire, puisque je l'ai lu, j'estime que le poste de Premier Ministre est actuellement inutile, puisque
- le Président de la République et les Députés ont la même durée de mandat : 5 ans,
- il y a quasi concomitance entre le deuxième tour des Elections présidentielles et les premier et second tour des Elections législatives, ce qui donne, ipso facto, une majorité franche au Chef de l'Etat, qui devient Chef de sa Majorité !
- le Président de la République pourra désormais s'adresser au Parlement, ce, en vertu de la Réforme des Institutions !


Cependant, et il est inutile que je te rappelle mon sentiment sur le Quinquennat présidentiel que tu connais, je ne serais pas favorable à la suppression du poste de Premier Ministre pour la simple et bonne raison qu'il doit y avoir séparation des pouvoirs entre le Président de la République et le Gouvernement...


Amicalement,

Dominique
 
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anidom nidolga a dit:

...
Dominique,

on vient de mettre mon commentaire que je te réservais en attente de validation.
 
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anidom nidolga a dit:

...
Dominique bonjour,

Je vais aller voir ton papier sur le premier parti de France pour les ouvriers.

Dans cette attente, c'est bien vrai qu'il ne fait pas bon d'être le premier ministre actuellement, mais comme le dit Balladur, personne ne l'a refusé sauf Edith Cresson qui ne l'a accepté qu'après plusieurs refus pour qu'au moins une femme soit premier ministre, poste comme tu le sais réservé aux hommes.

C'est la question à mille balles est-ce que le poste de premier ministre doit être maintenu ?

Pour moi non, mais je ne suis pas seul, je dirais même puisque c'est le président qui fixe la politique qu'il se dém***e tout seul.

Il m'est arrivé au cours de ma carrière industrielle de dire à mon patron, non, je ne suis pas d'accord avec vous, je ne ferais pas ce que vous me demandez, c'est une connerie, il ne reste plus qu'à partir s'il ne le reconnait pas.
On ne peut assumer que ce l'on croit bien.
Pour le reste, il prend ses responsabilités
 
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SOPHY a dit:

...
Nidolga, c'était une boutade, voyons, d'ailleurs l'article préparé, étais plus incisif, dérisoire, un peu plus "People", comme vous auriez dit!
Mais... j'ai de la ressource, pas de problème!!!

TOUT, m'interesse, alors entre les limaces, l'Education, l'Ecologie, Ségolène, et Rachida, mon imagination n'est pas en reste!

Et puis, comme nous ne voyons pas la politique avec la même "orientation", qu'importe si le sujet a été ou non traité....
J'oubliais, c'est vrai, que vous avez commenté...celui sur les vers de terre... évidemment.....

Allez je faire plus sérieux, cette fois!!
 
Abus
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October 06, 2008
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anidom nidolga a dit:

...
SOPHY bonjour,

Excuse-moi de vous avoir devancé dans cet enfer, j'avais ce projet depuis longtemps.
Mais vous ne manquez pas de possibilités, et vous êtes très appréciée, après le succès du vert de terre voyons, les limaces, non c'est trop gluant, peut être les asticots, oui les asticots pour attraper les poissons il n'y a pas mieux
 
Abus
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October 06, 2008 | url
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Dominique Dutilloy a dit:

@ Anidom/Nidolga
Il ne fait pas bon être Premier Ministre, surtout en ces temps de Régime de Quinquennat Présidentiel...
Déjà, sous le Régime de Septennat Présidentiel, ce poste était très dur et très éprouvant... Mais, cela pouvait passer !

Cependant, force est de constater qu'aucun Premier Ministre n'a réussi, étant en fonction, de remporter une Présidentielle : Jacques Chirac, Edouard Balladur, Lionel Jospin... N'est-ce pas un signe ?

[b]Puis, pour conclure, une question se pose.: Est-ce qu'il est nécessaire que le poste de Premier Ministre soit maintenu ?
Cette question n'est pas posée par moi... Mais, elle a été posée, notamment par Arnault Montebourg, ainsi que par d'autres parlementaires, qui voulaient la création d'une Constitution de la VIè République...
 
Abus
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SOPHY a dit:

...
NIDOLGA, je crois que je peux mettre mon brouillon d'article à la poubelle, j'ai écrit sur ce livre un panphlet que jhe m'apprétais à envoyer sur C4N!!

EXTRAORDINAIRE, ce livre, insoupçonnées, les magouilles, et le masochisme des Présidents au moment de la nomination d'un premier Ministre, mais comme le dit Edouard Balladur : "l'enfer, peut-être, mais je ne connais personne qui ait refusé le poste!"

Bon, je vais passer à autre chose...;(sourire!)
Amicalement Sophy
 
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October 06, 2008
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