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Le yatcht Yogi coule : coup dur pour Saint-Nazaire |
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| 18-02-2012 11:58 - 1869 visites - Flux Avis consommateur - Ecrit par Jef Tombeur - Lire son flux RSS | |
D'accord, c'était le chantier naval turc Proteksan Turquoise qui avait livré le Yogi, 60,2 × 9,4 × 60 m (quatre étages au-dessus de la ligne de flottaison). Mais son suivi et ses contrôles de sécurité avaient été supervisés par le CSN (Centre de sécurité des navires) de Saint-Nazaire. Il a coulé vendredi matin au large de la Grèce, plutôt inexplicablement, à la suite d'une avarie en salle des machines (il était motorisé par deux moteurs Caterpillar 3512b pour atteindre les 17 nœuds).
Le Yogi n'était manœuvré que par huit officiers et hommes de bord et n'avait pris aucun passager. Tout l'équipage a été évacué vendredi matin 17 février par deux hélicoptères.
C'est un coup dur pour le pavillon français qui compte moins de douze yachts à son RIF (Registre international français). C'était le 17e et le plus gros « poids lourd » (792 tonnes) du registre, depuis le 15 avril 2008. Il répartissait ses douze passagers dans six cabines et leur proposait un bain à remous, un bar, une salle de massage, et quelques « coins » de relaxation câline. La traversée d'hier avait été plutôt venteuse mais on n'avait tout d'abord décelé qu'une avarie mécanique. Il s'est lentement couché par tribord avant de se renverser, après le sauvetage de l'équipage, réfugié à bâbord. Sa dernière apparition remarquée, en septembre 2011, avait été le salon nautique de Monaco. Mais il fera très certainement encore parler de lui. Son propriétaire, la société Nigel Burgess (ou Stéphane Courbit, voir infra) va sans doute avoir quelques mots avec les experts de Saint-Nazaire et son architecte, Jean-Guy Vergès. Je n'ai absolument aucune idée de ce qui a pu arriver au Yogi. Je remarque simplement que sa piscine était dotée, en son fond, d'un large « hublot » pour créer « une magnifique atmosphère et diffusée une lumière iridescente d'aquarium ». Je ne sais pas non plus si le Yogi allait vers la Grèce ou en revenait et s'il devait rapatrier ou non des icônes, des ciboires, de l'or en barre, ou des immigrants afghans bloqués à Chypre. Amis réfugiés politiques, méfiez-vous aussi du Sirius (ex-Leo Fun), réaménagé par Jean-Guy Vergès. Avant d'appareiller, jetez un œil sur le fond de la piscine.
Conception : Proteksan Turquoise & Jean Guy Verges Paris Match a pris le temps de consulter le registre du TGI de Paris pendant que je suivais la presse maritime internationale. Vous consignez en effet : Liliane Bettencourt, bien conseillée par Éric Woerth, qui s'était distingué dans la facilitation des paris en ligne (Lagardère et Courbit), lui avait prêté 143 millions d'euros. Les paris sportifs rapportent moins, ces derniers temps. Bah, les assurances paieront, sans doute. Il n'y avait pas le feu à bord, et il n'y en a pas encore au lac de Stéphane Courbit. Il animait « Combien ça coûte ? ». C'est combien BetClic (Courbit et Société monégasque des Bains de mer), à présent ? En janvier dernier, Le Point rapportait que Courbit avait utilisé l'argent des Bettencourt pour couvrir une partie de son déficit (50 millions d'euros). Qu'il avait aussi massivement licencié chez BetClic, rompu le parrainage avec l'OM, le club marseillais.
Ne nous dites pas que les plongeurs de la Française des Jeux et du PMU étaient à l'œuvre en Grèce, quand même ? Ou qu'un skieur ayant trouvé un mégot oublié dans sa suite aux Airelles (facturée dans les 35 000 euros la nuit) ait voulu manifester son mécontentement ? Au prix du mètre linéaire, sachant que le Reborn de Bernard Tapie aurait coûté un million d'euros du mètre, ce Yogi serait revenu à 60 millions au bas mot. Le Reborn est un peu plus coûteux en salaires (équipage de 31) pour deux cabines de mieux. Comptez 800 000 euros la semaine. Mais la sécurité n'a pas de prix. Qui lésine risque gros (selon le HCR, plus de 1 500 naufragés en Méditerranée en 2011, sur 59 500 passagers environ, estimation quasi officielle). C'est quand même cocasse. Une frégate et deux hélicoptères pour repêcher moins d'une dizaine de marins. Alors que les autorités italiennes ont bloqué à quai le Cap Anamur, bateau allemand, qui repêche des naufragés ayant embarqué en Libye. Le Cap Anamur avait été auparavant empêché d'accoster avec ses passagers naufragés. P.-S. – Une vieille règle qu'on enseignait dans les écoles de journalisme voulait qu'une photo sépia ou niveau de gris (noir et blanc, tramée gros) soit plus dramatique qu'une couleur (tramée fine). Le médialogue que je suis à mes heures vous le déconseille : cela n'est plus crédible pour des photos d'actualité. Et puis, vous pouvez décompter les articles faisant état du naufrage du Yogi et ceux évoquant celui des Somaliens (supra) dont le navire, au nom rarement cité dans la presse internationale, avait dérivé cinq jours avant d'être localisé. Le noir ne fait plus recette… Je sais, je sais, je ne devrais plus donner de leçons incongrues : l'article ci-dessus est trop long, tout est mélangé, on n'y comprend rien, et il n'y a pas de photo de ce pauvre Courbit, même pas une mention du Costa Concordia, &c. Au fait, il est allé récupérer son équipage en jet ? Ach, déficit de sémillante et mystérieuse Moldave en passagère clandestine, opportunité photo limitée.
Commentaires (2)
zelectron a dit:zelectron a dit:
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10 juin
Amis consommateurs, si vous aviez réservé le Yogi (pour env. 378 000 euros la semaine, plus provisions de bouche), et les 15 membres de son équipage (dont sept officiers français), afin de vous offrir une croisière en Méditerranée, n'y comptez plus. On déplore en effet la perte de cette embarcation au large de l'île de Skyros, en mer Égée, ce matin.
Après une collation, ses marins pourront goûter aux soupes populaires qui font les délices des Grecques et Grecs frappés par la crise et l'austérité imposée par la BCE, le FMI et la Commission européenne.
Pour mémoire :
Sécurité d'abord 