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Le travail, c'est la santé ?" |
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| 27-10-2009 16:27 - 2801 visites - Flux Société, Education - Ecrit par Sosogirafe - Lire son flux RSS | |
Au vue du reportage diffusé lundi 26 octobre sur France 3, jamais proverbe ne saurait être plus éculé. Fort d’une véritable enquête en amont sur près de 3 ans, « La mise à mort au travail » fait comme un écho aux questions soulevées suite à la vague de suicides ces dernières années chez France Telecom. Le reportage fait état du profond mal-être qui ne cesse d’augmenter depuis des années dans les entreprises, qu’elles soient à l’échelle mondiale comme Carglass, ou de taille a priori plus « humaine » comme cet hypermarché à l’honneur de la première partie de l’enquête. « La destruction » La caméra nous amène dans des audiences aux prudhommes et dans l’intimité de séances chez une psychologue spécialisée dans la souffrance au travail. Tout cela avec le même fil rouge : des employées d’un petit hypermarché de 58 personnes, racheté au début des années 2000. Réduction de personnel (de 58 à une trentaine), horaires rallongés, tout ceci fait penser à la triste loi du marché, aux réductions budgétaires, aux logiques d’économie face à un patron sans doute lui-même endetté.
Mais ça n’est pas tout. Nous assistons à plusieurs extraits de comparutions aux prudhommes : près d’une dizaine d’anciennes salariées du supermarché ont porté plainte. Pour licenciement abusif. Tout a commencé il y a quelques années avec une employée, responsable syndicale. Celle-ci devait sans doute gêner la direction, sinon pourquoi faire pression sur les autres caissières pour que le mouton noir soit mis à l’écart, affecté à la caisse proche d’un courant d’air, et autres brimades quotidiennes ? Pourquoi faire en sorte de perturber les élections syndicales ? Un but : la pousser à la démission, afin de réduire le personnel, ne garder que des « bonnes brebis » qui redoubleront la cadence pour ne pas subir le même sort. Quand cette employée finit par partir, l’implication syndicale s’étiole d’elle-même. Les employées ayant montré de la sympathie pour cette femme subissent alors à leur tour le harcèlement de la direction. Deux d’entre elles sont accusées de vol, et licenciées. Une autre qui, à bout, craque en plein service, est licenciée pour faute grave.
Nous retrouvons l’une de ces femmes, chef de caisse et "complice muet" des actes de sa hiérarchie. En arrêt maladie suite à une chute au travail, elle vient consulter une psychologue spécialisée dans la souffrance au travail. Car ses douleurs ne datent pas de son accident. Stressée dans le quotidien de son travail, elle a mal quand elle pense à sa collègue qu’elle n’a pas su soutenir, par peur de perdre son emploi. Elle qui avant l’arrivée de la nouvelle direction trouvait malgré un salaire assez bas « de la reconnaissance » dans son travail, a aujourd’hui honte devant sa fille. Sa souffrance, qui ne saurait être assimilée à une fragilité morale, a été jusqu’à rendre cette femme aux trois-quarts chauve.
Horaires infernaux, reconnaissance nulle, esprit de compétition sans cesse accru, tout cela devient le quotidien de nombres de salariés d’entreprises. La psychologue insiste sur un point : pratiquement toutes les personnes qu’elle reçoit et qui sont victimes de harcèlement au travail, reconnaissent avoir été témoin de faits similaires contre un autre, sans avoir rien dit, rien fait. Peur des représailles, de perdre son emploi, d’être "cassé".
Cet isolement progressif de l’individu n’est pas fortuit. Il est au contraire le résultat d’une machine bien huilé, d’une technique de « management » à la pointe du modernisme. Nous l’apprendrons de la bouche-même d’un jeune étudiant dans le domaine, invité avec des camarades à assister à une consultation. Visiblement perturbé par la souffrance qui s’expose devant lui, le jeune homme reconnaît : « On nous apprend à faire ça, c’est une technique, on sait comment créer cet isolement ». Pas sûr que tous les étudiants présents ce jour-là continuent dans cette voie professionnelle ... Pour comprendre comment cette machine fonctionne, la caméra plonge au cœur de l’entreprise internationale Carglass. « Je veux que Carglass devienne un choix naturel » affirme le directeur français de l’entreprise, que l’on sent penser être investi d’une mission haute au sein de la société. Car pour lui, c’est bien plus qu’une banale entreprise de réparation de pare-brises. Il affirme vouloir que ces employés se sentent bien chez Carglass, qu’ils soient fiers d’y travailler et en vantent les qualités autour d’eux. Le reportage commence par une séance collective de relaxation. Une méthode douce de "coaching", qui donne un impression plutôt plaisante. On y voit des employés qui rient, se congratulent, prennent le temps de gouter leur respiration.On commence à se sentir moins bien lorsqu’on assiste à la présentation par le contrôleur lui-même de comment les plannings des télé-employés sont gérés : pauses minutées, retards fichés, contacts avec le contrôleur par ordinateur interposé. Le travail de ces personnes, qui débitent un "script" en un temps record pour établir un rendez-vous avec le client, semble loin d’être agréable, riche en contacts. Le malaise grandit au contact de ces deux cadres qui racontent (masqués) comment leur simple envie de s’investir dans le comité d’entreprise les a conduits à aujourd’hui subir ce que l’on appelle « l’effet de meute ». Fraîchement syndiqués, ils se voient, comme la caissière de l’hypermarché du premier reportage, mis à l’écart, et bien vite sous le coup d’une pétition de leurs collègues. Quels motifs ? : travail non-fait, harcèlement moral. Or le harcèlement, et la justice semble abonder en leur sens, c’est bien apparemment eux qui en sont victimes. Ils déclarent que la pétition a été initiée par la direction pour les intimider, et que les collègues qui ont signés l’ont fait pour se faire bien voir ou par peur de perdre leur emploi. On repense à l’hypermarché : autres études, autre salaire, mais procédés et réactions similaires….
Commentaires (7)
nath21 a dit:
Sosogirafe a dit:bubul01 a dit:
Sosogirafe a dit:SIROTER a dit:
SIROTER a dit:SIROTER a dit:
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29 février
c'était juste le ptit proverbe qui m'a paru donner une petite touche "humoristique" à l'histoire assez sombre. 