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Le TOP 6 des médicaments dans notre eau du robinet |
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| 06-07-2011 11:19 - 1977 visites - Flux Santé, Bien être - Ecrit par Elsa75 - Lire son flux RSS | |
En lisant quelques études sur la question, nous avons identifié 6 grandes familles de médicaments présentes dans notre eau du robinet. Voici donc le TOP 6 des résidus médicamenteux auquel nous sommes exposés :
1/ Contraceptifs :
Les traces d’œstrogènes liées aux pilules contraceptives ont des effets directs sur la faune aquatique : elles entraînent la féminisation des poissons. Sur l’homme, l’impact sanitaire a été mis en évidence par une étude du Le Pr René Habert, Professeur de l’Université Paris 7 et Directeur de l’UMR Gamétogenèse et Génotoxicité. Ces travaux montrent que ces micropolluants jouent un rôle dans l’augmentation de la stérilité masculine, dans l’augmentation des cancers testiculaires et les malformations des parties génitales (hypospadias et cryptorchidisme).
2/ Anticancéreux :
Les cyclophosphamides et ifosmamides sont des anticancéreux particulièrement nocifs car ils ont pour fonction de détruire certaines cellules. C’est probablement la catégorie de médicaments dont on mesure le plus mal les effets à long thermes sur l’homme. Des effets particulièrement néfastes sur les algues et les poissons ont déjà été constatés par l’Office des milieux aquatiques.
3/ Antibiotiques :
Des traces de péniciline mais aussi de dizaines d’autres molécules antibiotiques sont présentes dans notre eau. C’est un facteur déterminant pour expliquer l’apparition de bactéries plus résistantes aux antibiotiques. L’inefficacité croissante des antibiotiques est d’ailleurs devenu le principal sujet d’inquiétude pour l’OMS en 2011.
4/ Antiépileptiques :
La carbamazépine est la molécule la plus souvent retrouvée dans notre eau potable. Ce composant est un anti-épileptique clairement déconseillé aux femmes enceintes à dose thérapeutique. Il peut entraîner un risque de malformations 2 à 3 fois supérieur à celui de la population générale qui est de 3% . Même si les doses trouvées dans l’eau sont inférieures aux doses thérapeutiques, on soupçonne une exposition à long terme d’être préjudiciable à la santé.
5/ Antidépresseurs et anxyolitiques :
L’oxazépam est une molécule souvent détectée dans notre eau potable. Elle entre surtout dans la composition des anxyolotiques et de certains antidépresseurs. A dose thérapeutique,son principal effet secondaire est la somnolence. Mais elle est aussi contre-indiquée aux femmes enceintes et certains patients atteints de maladies respiratoires.
6/ Bêtabloquants :
Au cours des campagnes d’analyses ménées, les bêtabloquants ont été plusieurs fois détectés dans les prélèvements. Ce médicament est utilisé en cardiologie pour ralentir le rythme cardiaque. La liste des contre-indications est longue, mais on peut retenir que le médicament est déconseillé aux asthmatiques et aux diabétiques.
Comment ces médicaments se retrouvent dans notre eau ?
Nos organismes assimilent ces molécules puis les rejettent via nos urines. Conséquence : ces molécules médicamenteuses se retrouvent dans nos réseaux d’assainissement, nos cours d’eau puis notre eau du robinet. Le maillon faible, les stations d’épuration échouent à filtrer ces résidus médicamenteux fautes d’équipements appropriés.
Quels effets sur notre santé ?
Certes, la concentration de molécules présentes dans notre eau – de l’ordre du nanogramme au microgramme si l’on en croit la dernière campagne de mesures - est largement inférieure aux doses prescrites dans un cadre thérapeutique. Mais on sait aussi que ces composants médicamenteux sont conçus pour agir même à très faible dose.
Les effets de cocktails, c'est-à-dire les interactions entre différentes molécules, sont particulièrement préoccupants. « Il est tout à fait possible que ces cocktails de médicaments puissent se retrouver dans l’eau du robinet et poser des problèmes d’intoxication chronique » estime Alain Ragou, pharmacien et responsable du Laboratoire des eaux de l’hôpital La Conception à Marseille. Des effets d’autant plus difficiles à cerner que les résidus médicamenteux peuvent interagir avec de substances liées aux rejets de pesticides ou d’autres produits chimiques présents dans nos rivières.
Les stations d’épuration oubliées
Dans ce contexte, on peut s’étonner d’une lacune majeure du plan contre les résidus de médicaments. Sous prétexte de privilégier une diminution des rejets, notamment en récupérant les médicaments usagers, le plan national ne prévoit aucun investissement dans les stations d’épuration. Or on sait que l’on retrouve à la sortie des stations d’épurations – et donc dans notre eau du robinet- 90% des substances pharmaceutiquesprésentes dans nos rivières.
Or fes procédés de nanofiltrations ou de dépollution par l’ozone peuvent réduire considérablement les concentrations de médicaments. A cet égard, les stations de traitements suisses, en pointe sur le sujet, obtiennent une réduction des teneurs en résidus médicamenteux très significative.
Au lieu de prévoir des investissements pour mieux équiper nos stations d’épuration, le plan national tergiverse sur le « rapport coût / efficacité des méthodes de traitement ciblées ». C’est ce qui s’appelle laisser du temps au temps… Mais en attendant qu’on connaisse ces étranges ratios, les molécules médicamenteuses, passeront au travers des filtres des stations d’épuration françaises, comme des poissons dans l’eau…
Commentaires (1)
j'ai trois ans a dit:Ecrivez un commentaire
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