Le retour des vendeurs pirates

26-01-2012 04:31 - 467 visites - Flux Société, Education - Ecrit par Le candide - Lire son flux RSS
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Depuis la fermeture du site Megaupload qui permettait de télécharger très facilement des copies pirates, les derniers films, des chansons à la mode ou des logiciels, fermeture qui a entraîné par effet de ricochet l’épuration de tous les sites concurrents de téléchargement illégal, une profession qui avait presque disparu refait surface en Colombie. Je veux parler des petits vendeurs de rues qui vous proposent des CD ou des DVD pirates.

Ainsi, depuis quelques jours on peut revoir ces marchands qui étalent leur marchandise sur des couvertures déployées sur les trottoirs des rues commerçantes. Ces couvertures qui protègent les boitiers des disques permettent surtout aux vendeurs de remballer en un clin d’œil leur marchandise dès la vue d’un uniforme. Il leur suffit en effet d'attraper les quatre coins de la couverture pour la replier et s’en aller, ni vu, ni connu.

D’autres attendent aux carrefours et s’approchent de vous aussitôt que le feu passe au rouge. Ils ouvrent leur large manteau, tels des exhibitionnistes, dévoilant les dizaines de CD ou de DVD pirates qui y sont accrochés.

Ces petits marchands ne gagnent hélas que des miettes, puisqu’ils vous vendent des œuvres complètes presque au prix du support vierge. Ceux qui gagnent une fortune à ce marché parallèle sont les « grossistes » qui produisent les CD et DVD piratés à des milliers d’exemplaires. S’ils sont dans le collimateur de la justice, peu sont découverts; ce sont principalement les petits vendeurs qui se font attraper. Comme ces derniers ne possèdent pratiquement rien, ils sont rarement poursuivis, seule leur marchandise est saisie pour être détruite... ce qui pour eux représente déjà une perte financière considérable.

Ainsi, comme Megaupload a amassé plusieurs millions de dollars sur le dos de contributeurs qui recevaient une aumône lorsqu’ils déposaient un nouveau titre sur le site, les réseaux de piratage colombiens s’enrichissent avec des petits vendeurs qui arpentent les rues du matin au soir, et prennent tous les risques pour faire vivre ce marché qui représente souvent leur unique source de revenus.

Si la lutte contre les réseaux de piratage et de faussaires est justifiée, doit-on poursuivre également les vendeurs de rues alors que l’on sait que la grande majorité de leurs clients n’a de toute façon pas les moyens de s’acheter les produits originaux ? En punissant ces revendeurs, on privera en même temps toute une classe d’un réel accès à la culture, alors que dans le même temps rien n’empêche ceux qui possèdent des œuvres originales de s’en échanger des copies entre amis.

La licence globale, si elle parvient à s’imposer un jour, permettrait à un plus grand nombre d’avoir un accès légal à la culture, mais elle priverait ces vendeurs de leur fond de commerce. Aucune solution ne semble pouvoir satisfaire tout le monde et le débat est loin d’être clos.






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Commentaires (1)

zelectron a dit:

...
La "récolte" des droits se fait au profit du fisc, de la Sacem et autres majors, après ça il ne reste plus grand chose à part pour quelques "artistes, auteurs compositeurs connus" et pour l'immense majorité rien du tout si ce n'est 10 €euros et 47 centimes au petit bonheur la chance ...
 
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26 January 2012
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