Le Liban, réputé pour son bois de cèdre, arbre qui figure d'ailleurs dans ses armoiries, est-il au bord d'une nouvelle guerre civile comme celle qui le déchira de 1975 à 1990 ?
On se souvient que, depuis lors, le pays était parvenu à se redresser et même à reconstruire une économie jadis florissante, mais cet élan fut brutalement stoppé par l'invasion israélienne de 2006 alors que Beyrouth se débattait dans l'après-attentat qui avait coûté la vie à son premier ministre Rafik Hariri, celui-là même qui avait monté une coalition contre le président de l'époque Émile Lahoud, mais surtout contre l'influence étouffante de la Syrie.
Dès 2007, l'actuel premier ministre, Saad Hariri, fils de Rafik, a accusé nommément la Syrie de l'assassinat de son père. Pourtant, Saad Hariri reviendra plus tard sur ses accusations, mais un tribunal spécial mandaté par l'ONU a poursuivi l'enquête dont les conclusions ont été transmises ce matin à qui de droit. Même si aucun détail n'a été donné sur le contenu de l'Acte d'accusation, celui-ci devrait, sans écarter totalement l'influence de la Syrie voisine qui pour l'instant observe un calme que beaucoup juge précaire, mettre en cause plusieurs membres du Hezbollah.
Devant le refus de Saad Hariri de désavouer par avance les conclusions du tribunal de l'ONU, onze ministres, dont dix du Hezbollah, ont présenté le 12 janvier de cette année leur démission au président Michel Souleïmane. Ainsi, le gouvernement qui comprenait un total de trente ministres se trouve fortement désorganisé, d'autant que le ministre d'État Adnan Sayyed Hussein a lui aussi quitté ses fonctions.
Cette démission massive pourrait précipiter le pays dans une nouvelle guerre civile où les puissants voisins, Syrie et Israël, ne resteraient probablement pas les bras croisés.
Cette crise gouvernementale perturbe également la reprise économique et pourrait affecter la croissance avec pour conséquence un impact négatif sur les réformes démocratiques promises par le Liban, le tout devant entraîner un mécontentement croissant de la population qui ne tardera sans doute pas à accuser ses voisins d'une autre confession de vouloir briser la prospérité du pays.
Après tant d'années de guerre, le Liban sortira-t-il indemne de cette nouvelle épreuve, ou va-t-on à nouveau voir s'entretuer des peuples frères jusqu'au dépècement complet du pays du cèdre ?
Inscrivez vous pour publier vos articles et toucher vos droits d'auteur
...
Qu'ajouter de plus? Sinon de croiser les doigts pour qu'il n'y ait pas de conflit qui soit prétexte à en favoriser d'autres encore bien plus importants. Le Moyen Orient est un Volcan qui n'est pas prêt de s'éteindre.