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Le Non irlandais au traité de Lisbonne : un "incident", d’après Sarkozy |
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| 14-06-2008 18:11 - 882 visites - Flux Tribune libre - Ecrit par Olivier Bonnet - Lire son flux RSS | |
"Il faut que les autres continuent à ratifier, (...) de façon à ce que cet incident irlandais ne devienne pas une crise", déclare Nicolas Sarkozy à la suite du résultat du référendum irlandais. Un "incident" : voilà donc comment il qualifie la victoire du Non au traité de Lisbonne avec 53,4% des suffrages.
Rappelons ce qu’a dit Sarkozy le 14 novembre 2007, lors d’une réunion à huis-clos de parlementaires européens à Strasbourg (rapporté par le quotidien britannique The Telegraph) : "La France n’était qu’en avance sur les autres pays dans son vote pour le « non ». La même chose arriverait dans tous les Etats membres si un référendum y était organisé. Il y a un clivage entre les peuples et les gouvernements. Un référendum aujourd’hui mettrait l’Europe en danger. Il n’y aura pas de traité si un référendum a lieu en France, et il en va de même pour un référendum au Royaume-Uni." Voilà donc l’incroyable cynisme du président français : il ne faut surtout pas faire voter les peuples, sans quoi ils refusent de cautionner l’Europe telle que leurs dirigeants la conçoivent (ultralibérale et atlantiste). Mais la leur imposer tout de même, de force.
Pour la bonne bouche, ajoutons que Sarkozy déclare aussi : "il faut qu’on réfléchisse tous ensemble. Ce n’est pas un hasard, ce n’est pas une surprise. Beaucoup d’Européens ne comprennent pas la façon dont on construit l’Europe en ce moment. Faut qu’on en tienne compte, et qu’on en tienne compte très rapidement et qu’on change notre façon de faire l’Europe". Rectification, Monsieur le président : ils ne le comprennent que trop bien, et saisissent toutes les occasions qu’on leur offre pour exprimer leur refus ! Il dit vouloir
Olivier Bonnet est journaliste indépendant, blogueur de Plume de presse et auteur de Sarkozy, la grande manipulation (Editions Les points sur les i, mai 2008).
Commentaires (2)
Olivier Bonnet a dit:laury a dit:Ecrivez un commentaire
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Le traité n’était-il pas censé ne pouvoir s’appliquer que ratifié par tous les Etats de l’Union européenne ? Naïfs ceux qui croyaient que le verdict populaire pourrait freiner la construction européenne telle que l’ont décidé nos "élites". Les Français et les Néerlandais votent-ils Non au Traité constitutionnel européen en 2005 ? Pas grave, on leur réécrit un texte incompréhensible pour ne pas qu’ils s’aperçoivent qu’il s’agit d’une copie conforme et on le ratifie entre soi, la majorité de la classe politique étant d’accord pour violer ainsi la démocratie. Et pareil pour tous les membres de l’UE, qui privent leur peuple de donner son avis. Un seul pays est-il obligé par sa Constitution d’organiser un référendum et ses citoyens se prononcent-ils nettement pour le Non ? Passons outre !
donc "tenir compte" du vote irlandais. La dernière fois que Sarkozy a promis qu’il tiendrait compte du résultat d’une élection, c’était à l’occasion des dernières municipales. Les Français ont infligé un camouflet à sa majorité. Comment en a-t-il tenu compte ? En virant son porte-parole et en intégrant de nouveaux ministres au gouvernement, parmi lesquels la calamiteuse Nadine Morano, pourtant atomisée dans la ville de Toul, où elle présentait sa candidature à la mairie : non seulement la candidate de l’union de la gauche a été élue avec 43,69% des voix, mais Morano n’est même pas arrivée en deuxième position, devancée qu’elle fut, avec ses 26,26%, par un candidat "divers droite" (à 30,05%) ! Les habitants de Toul savent à présent comment le menteur de l’Elysée tient compte d’un vote. Les Français aussi, puisque la politique menée n’a absolument pas été infléchie à la suite du vote de rejet massif qui l’a sanctionnée - même si la dimension locale a aussi bien sûr compté. Et cette fois, il va tenir compte du Non irlandais ? Comment ? "J’ai bien l’intention que nous prenions des initiatives, je pense à une politique européenne de l’immigration", annonce-t-il, mentionnant également une "réponse européenne" à la flambée du pétrole. On comprend mieux : une hypothétique action "pouvoir d’achat" concernant les prix à la pompe et le repli xénophobe pour faire, avec son allié
