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Le Gros Robert, dico de bels et bons bons mots |
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par Jef Tombeur 986 hits son flux
flux Culture Le Gros Robert n'est point si épais. Ils s'y mirent à deux, mais par un prompt renfort, ils se virent à quatre en arrivant sur presse. C'est un ana (merci de marquer les liaisons). Un projet d'édition un peu foldingue qui aboutit à un livre mi-graphique, mi-raisin – ou un format pas loin du raisin in 4º, normal, ils se sont mis en quatre. Bref, comme le sous-titre l’indique, cent carrés, en pages (dés) fausses, que Michel Massi suggère de découper et assembler pour faire apparaître la disparition du chat du Cheshire – du pays de Guevara, donc. Et puis cent mots définis plaisamment en belles pages (de g., donc, mises au point « g », en quelque sorte), suivis d’autres « en vrac », comme les couvertures auxquelles nous échappâmes dans un hebdomadaire satyrique ayant précédé Siné Hebdo.
Faut-il le préciser, c’est loufoque… Des carrés en fausses pages, c’est déjà insolite. Généralement, le texte est desservi, de nos jours, pour mettre en valeur les graphismes ou les illustrations – quand ce ne sont pas les publicités – en belles pages. Au départ, comme le narre l’éditeur et préfacier, Charles Duchêne (auteur à seize et point d’heure de nombreux titres des éds BTF concept, dont une édition revue, augmentée et « remastérisée » de l’anti-sarközyen quaternaire Chacun pour soi…), c’est l’histoire d’un père grand qui vient présenter le projet de dictionnaire de ses petits-enfants. Oh, monsieur l’éditeur, avez-vous bien de grandes dents ? Les auteur·e·s sont donc Hélène Rabaté Rubio (dite la petite chaperonne) et son protégé, Renaud Piermarioli, Michel Massi étant celui d’un prière d’insérer de toute belle facétie, et Charly, ben, c’est un peu la Madelaine de Jacques Brel qui ne s’est pas fait prier pour préfacer et ajouter son grain de gros sel et quelques définitions supplémentaires, vers la fin de l’ouvrage. La dictionnairique est une science humaine, forcément humaine, hélas trop humaine. J’ai suivi des cours dispensés par une laroussienne qui se teignait la chevelure (avec des mèches grises ? j’ai oublié…). C’est dire si je suis autorisé à donner un avis d’expert sur ce dictionnaire Gros Robert en petit format. Techniquement, c’est nul. On mélange les entrées allègrement, on saute du coq à l’âne sans passer par Reims et Poindron-Rota (des éds du Coq à l’âne), et je vous en passe de pires. Mais le fond est bon. Cette auteure et cet écrivain ont fond bon et ils font, font, font, tels des montreuses de marionnettes au festival de Charleville-Mézières, de bons « bons mots ». On se régale et comme le dit sobrement Michel Massi, on découvre deux jeunes auteur·e·s « qui jouent avec les mots et les figures, comme avec le drôle et le dérisoire ». Du petit lait…
Voire de la petite laitue, parfois. Démonstration immédiate avec le mot « bière », qui est un petit mot dissyllabique (encore eut-il fallu le préciser, en dictionnairique, ils sont nuls, quitte à commettre une redite, le n.f. devant la définition étant un peu court, jeunes gens). Bière, donc : « Philosophie selon laquelle un individu ou groupe se permet avec ébrigaîté de reporter à après-demain ce qu’il peut faire demain. Parfois la bière est mise en boîte, tandis que l’homme mis en boîte est dit mis en bière. » Je leur épargne charitablement la comparaison avec les définitions de mon Big Bob électronique. Perso, j’aurais au moins rédigé ainsi. « Philosophie (…) de procrastiner (→ remettre, demain) ce qu’il peut, &c. ». Eh, c’est un métier… Une science, que dis-je, un art !
Sur la couverture du Chacun pour soi remastérisé de Charly Duchêne, on voit un Crs-s-s de Delambre, dessinateur de presse et caricaturiste du Canard enchaîné. Là, du même Delambre, j’aurais bien vu un Oulipien-pien-pien. Un profil de médaille de Droin, par exemple. René Droin, dictionnairiqueur (comme le révérend père) du Dictionnaire extraordinaire des mots ordinaires, qui définit ainsi le « réveil », « IL met fin au RÊVE » et met en regard « la bise la brise » (« le vent glacial d’hiver déchire la nuée ») et « la brise la bise » (« le doux zéphir caresse la dénudée »), ne peut être foncièrement mauvais. Il peut parfois citer Voltaire de traviole, voire inversement, mais c’est un Oulipien qui a du mollet du côté de Saint-Priest (en Jarez), et un cinquième sens, comme Milou sur Mars, et l’ami en mai, ou le preux Exupéry. Un ana, vous écrivais-je
Le Perretana a, chacun le sait, les tresses de Conchita qui le ceignent jusqu’aux bas, et il y a plus d’un Léoferranus sur les nanas. Il s’agit là des Rabaté & Permarioliana, ce qui vous a tout de suite un petit côté mariol qui vous fait penser au Pierrot et au Léo, tard ou tôt. L’ana est, en anglais, upside down and inside out, puisque, comme dans anchorite (anachorète), il l’a en arrière, de bas en haut avec anaglyph, à rebours avec anaphylaxy (un blockbuster de beta-débloqueur), à répétition pour anabaptist. Ne manquez pas aussi:
Commentaires (1)
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pelardy christophe
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