Un de plus ! Le PS vient de perdre un autre de ces membres qui part en claquant la porte et surtout en disant tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Alors bien sûr, il va être accusé de traitre, de goujat, d'opportuniste, de tout et pire encore, de sarkozyste comme les précédents. N'empêche, la sortie de Michel Charasse, qui a été exclu du PS pour non-respect du vote des militants sur la présidence du Conseil Général du Puy de Dôme, révèle l'état idéologique du PS, rien de plus, rien de moins. D'ailleurs, le choix de l'exclusion du PS, parce que M. Charasse l'a choisi en refusant une conciliation plus que généreuse de la Rue de Solferino, est symbolique d'une génération entière de socialistes qui ne veulent plus du PS actuel, de sa mauvaise foi (pour ne pas dire mensonge), de sa duplicité, du consensus mou, de la conciliation des inconciliables, de l'absence de réflexion, du compassionnel et de la bien-pensance comme alpha et oméga de toutes convictions, de son abandon de toutes valeurs autres que celles de s'opposer stérilement à la droite.
Tout y passe dans cette interview, tous les sujets, tout ce qu'est devenu le PS. « Le niveau du PS ne dépasse pas celui des trottoirs municipaux ». Mais deux choses me dérangent un peu dans cette interview. Tout d'abord, pourquoi dire cela si tard ? Pour quoi ne pas avoir dit tout ceci lorsque cela aurait pu changer quelque chose, c'est à dire en 2002, quand le PS était encore capable d'entendre quelque chose, que des hommes politiques avec des idées existaient encore dans ce parti. Le PS est désormais allé bien trop loin dans la compromission et décomposition idéologique pour que les choses changent. Plus d'idées, plus de réflexion, juste de l'électoralisme à court terme et un combat de personnes, le tout avec nez braqué sur 2012 où ils prendront la même correction qu'en 2007. Au final, c'est M. Valls qui a raison, le PS devrait abandonner toute référence au socialisme, tout changer, s'il veut s'en sortir et être enfin de gauche. Un peu comme T. Blair l'avait fait avec le Labour qu'il a rénové pour en faire un New Labour. Je me dis qu'au final, l'avenir de la gauche française c'est peut-être F.Bayrou. Et que ceux qui sont de gauche, qui veulent arriver aux affaires avec un programme pour le pays et pas simplement au hasard d'une alternance qui arrivera un jour ou l'autre, devraient quitter ce parti et le laisser à son archaïsme et ses man?uvres politiciennes.
Ensuite, la deuxième chose qui me dérange, c'est la fin de l'interview, la toute fin de la dernière réponse. « J'ai adhéré mardi au groupe RDSE, où je retrouve mes amis radicaux de gauche qui, eux, sont de vrais républicains et de vrais laïcs ». La phrase est plus que lourde de sous-entendus ; le PS ne serait plus un parti républicain ni laïc. A quoi M. Charasse fait-il allusion ? Au fait que le PS soutienne les faucheurs d'OGM qui sont hors-la-loi mais qui bénéficient de la bienveillance socialiste car leur combat serait juste ? Au soutien apporté aux travailleurs clandestins en dépit de la loi, et plus généralement, au fait que le PS excuse les délinquants pour les faire passer pour des victimes d'un système injuste (comme lors des émeutes de banlieue en 2005) plutôt que pour des personnes responsables de leurs actes qui ne respectent pas la loi et donc doivent être jugées comme telles ? Quant à la laïcité, je voudrais aussi des précisions. Le PS aurait-t-il abandonné la laïcité, idée pourtant séculaire de ce parti, contre l'idéologie du « droit à la différence », un antiracisme qui mène à la loi des minorités et au communautarisme ? Le PS ne serait-il plus anticlérical, dès lors que cela ne vise plus la religion chrétienne, symbole de la domination bourgeoise et de la droite dans l'imaginaire gauchiste ? D'ailleurs, il est instructif de voir les fortes réactions du PS lorsque le Président fait un discours au Vatican sur la place de religion et l'absence de réactions lorsque des élus PS contournent la loi pour financer des lieux de culte musulman. Comme si le PS était prêt à compromettre ses valeurs pour s'attacher le vote des "cités populaires" comme ils disent joliment. S'agit-il de cela quand M. Charasse sous-entend que le PS n'est plus un parti laïc et qu'il ne parle plus que « des questions de société qui n'intéressent le plus souvent que les minorités ». Mon opinion est faite depuis longtemps sur le PS mais quand même, M. Charasse devrait faire la suite de l'interview ou un livre, se serait une ?uvre utile au débat, bien plus que "De l'audace" ou "Ma plus belle histoire, c'est vous"...
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