Le président algérien A.Bouteflika a répété à B.Kouchner lundi dernier, ce qu'il avait déjà dit auparavant à MAM : l'Algérie conditionne sa participation au Projet de l'Union pour la Méditerranée à un geste de repentance de la part de la France. Sans ce geste de contrition de la part de la France, pas question de se rendre au Sommet de Paris dans deux mois qui doit sceller le lancement de cette Union Pour la Méditerranée.
Le président algérien continue sa politique qui vise à refaire l'unité sur le dos de l'ancien colonisateur accusé de tous les maux. Il faut dire que l'Algérie a une position privilégiée dans ce projet en étant le principal producteur de gaz et de pétrole en Méditerranée. Mais voilà, il y a des fois où il faut être ferme, ne pas céder, même si l'inverse serait plus facile et plus payant car je ne doute pas que le président algérien serait prêt à payer cher un geste de repentance de la part de la France.
Pour exprimer mon point de vue sur la repentance, j'avais trouvé un texte de J.Marseille dans Le Point. Très beau texte, très bien écrit, il est surtout très juste dans l'analyse de la situation actuelle de l'Algérie. Je me dis avec le recul que j'ai bien fait de garder ce texte à portée de main. Et donc après les italiens dans le texte de J.Marseille et de la part de mes ancêtres qui ont été tués, maltraités, exploités, probablement réduits en esclavage, dont la culture a été détruite, la langue déformée, l'identité bafouée, je réclame des excuses aux Danois, Suédois, Norvégiens, Hongrois, Germains pour leur colonisation de la France entre le 4ème et 7ème siècle, aux Arabes pour leur invasion jusqu'à Poitiers et la colonisation du Sud de la France au 8ème siècle, aux Anglais pour l'ensemble de leurs ?uvres pendant le Moyen-Age et à tous les peuples qui sont venus un jour ou l'autre guerroyer en France et qui s'y sont installés définitivement. Cela fait beaucoup d'excuses et encore ma liste n'a pas été exhausitive, à recevoir pour un pays comme la France.
L'Histoire est l'histoire des guerres, des invasions, des colonisations, des migrations, des batailles, des dynasties, des massacres. L'Histoire s'analyse, s'enseigne, se comprend, se transmet mais en aucun cas, l'Histoire ne se juge pas avec les valeurs du présent. Ce n'est pas aux fils d'expier les fautes de leurs pères ni des pères de leurs pères et Dieu sait qu'il y en a eu des fautes et des évènements tragiques tout au long de l'Histoire. L'Histoire juge les actions des hommes mais les hommes n'ont pas à juger l'Histoire. Et encore moins les hommes politiques qui ne font bien souvent que l'instrumentaliser. La colonisation est un système qui a été condamné par l'Histoire. Laissons l'Histoire en paix, personne n'y peut plus rien et consacrons nous à ce que nous pouvons encore changer et construire, l'avenir. Et si le président algérien ne souhaite pas construire l'avenir qui se présente avec ce projet d'Union Pour la Méditerranée, laissons-lui en la responsabilité. L'Histoire et le peuple algérien jugeront sa décision.
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