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La prostitution de la femme du XVIè au XVIIIè siècle |
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| 17-11-2011 17:50 - 5663 visites - Société, Education - Ecrit par Nadine | |
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L’Europe s’essouffle des guerres incessantes et troubles de religions qui la ruinent humainement et financièrement. En France, ce XVIè siècle voit cependant apparaître une nuance novatrice sur la partition de la sagesse : « La tolérance civile »
La grande nouveauté de cette idée est qu’elle invite à une reconnaissance politique et juridique de minorités jusqu’alors discréditées.
CHAPITRE III
XVIè siècle (légende de St Nicolas. Il pourvut 3 filles d'une dot pour leur éviter la prostitution)
En France, François Ier ne voit pas de mal à une prostitution déclarée. Par ordonnance il fait rétribuer une mère maquerelle aux fins de fournir des filles aux hommes de sa cour.Les maladies vénériennes sévissent tous azimuts et la syphilis fait de nombreux ravages.
Par mesures d’hygiène, les « médecins » de l’époque préconisent de se laver les organes génitaux avec de l’eau chaude ou du vin blanc, avant et après l’acte. Que du bonheur !Le père de famille a les pouvoirs d’un tyran domestique. Epouse et filles doivent lui rester soumises. Sans être excessive je peux même évoquer l’asservissement.
La femme ne gagne sa liberté que dans le seul cas du veuvage.
L’Eglise se pose toujours les mêmes questions sur la femme. Elle la considère imparfaite depuis des siècles. A ce titre, certains hommes d’Eglise estiment même que la résurrection des corps ne concerne pas la femme. D’ailleurs l’image médiocre de la femme dans ce siècle n’est pas étrangère à la répression sexuelle de l’Eglise. Les sorcières n’étaient-elles pas toutes des femmes ?
En Belgique, la prostitution est relativement libre dans de nombreux quartiers des grandes villes.
L’Eglise ferme les yeux sur cette pratique qu’elle considère comme un mal inévitable.
Animation bruyante dans un quartier de Malines
Emprisonnement, bannissement ou flagellation était le sort classique réservé aux récalcitrants.
En conséquence de quoi, cette méthode de lutte se révéla rapidement inefficace.
Tullia d’Aragon (1510-1556) était sans conteste la plus célèbre courtisane de la Renaissance.
Ecrivaine et philosophe, elle n’est pas à proprement parler un canon de beauté. De petite taille, bossue, de visage ingrat et blonde (!), elle compensa le peu de grâce que la nature lui avait accordé par une intelligence et une ruse auxquelles les messieurs ne pouvaient résister. Elle approcha des hommes si haut placés, qu’elle avait connaissance des secrets d’état. Comme dans le reste de l’Europe, la prostitution sévissait dans la Rome de la Renaissance, mais c’est à Venise que la compétition était la plus acharnée.Tullia d'Aragon inspira écrivains, poètes et compositeurs.
Installée à Florence en 1547, elle rédigea « Les dialogues sur l’infini de l’Amour », étude sur l’affirmation des femmes et leur autonomie sexuelle et affective dans les échanges amoureux. Mais à une époque où la pensée intellectuelle est la seule propriété de l’homme, elle fut accusée d’avoir profané les limites de son sexe et de sa profession.Afin de lutter contre les maladies vénériennes, Gabriel Fallopius, anatomiste, chirurgien et père du préservatif, inventa le « fourreau d’étoffe légère », objet fait sur mesure.
En France, Louis XIV se révèle plus réactif.
Louis XIV utilisait des préservatifs malgré une loi qui rendait passible de prison ceux qui possédaient et/ou vendaient ces objets.
« C’est une cuirasse contre le plaisir, une toile d’araignée contre le danger».
Certains étaient embellis et décorés. Chacun appréciera.
Les courtisanes bénéficient de la protection d’hommes fortunés et s’en sortent honorablement. Mais il faut reconnaître qu’elles ne sont pas légion. A cette époque, deux noms illustrent tout particulièrement cette réussite en France.Marion Delorme, de son vrai nom Marion de Lon, fille du président de la Trésorerie de France.
Ninon de l’Enclos, de son vrai nom Anne de l’Enclos, qui réussira l’exploit d’atteindre les 85 ans.
Elle inspira également de très nombreux auteurs, écrivains et musiciens. On peut aussi rapporter qu’elle considérait la religion comme la première source de l’état inégal des femmes à l’époque, et qu'elle n’y accorda pas vraiment d’importance.
Cependant, pour la très grande majorité des prostituées, une hiérarchie établie opérait un tri impitoyable.
Les prostituées des maisons closes semblaient plus à l’abri. Si ces dernières bénéficiaient de la protection toute relative parfois des proxénètes tenanciers de l’établissement - souvent des couples dont l’épouse était ancienne prostituée et qui ne se gênaient pas pour y faire travailler leurs enfants - elles oeuvraient sous un toit où la clientèle était triée à l’arrivée, ce qui ne semblait pas négligeable. En échange du gîte et du couvert, les prostituées leur louaient une chambre contre don de leur corps.Dans la cité phocéenne en 1652, les prostituées étaient enfermées au « refuge » situé sous les Moulins.
Les sanctions n’étaient pas les mêmes suivant que la femme était étrangère ou dénoncée par un membre de sa famille et la sentence du tribunal devait être suivie de l’approbation signée de l’évêque.
La « grande peste » vint encore durcir les mesures prises à l’encontre des prostituées et proxénètes. Il semble que la marque au fer rouge et le barbouillage n’aient pas été utilisés à Marseille alors qu’ils étaient couramment pratiqués dans d’autres régions.En Italie, à l’instar des courtisanes françaises, certaines prostituées italiennes conquièrent une reconnaissance sociale et furent recherchées pour leur raffinement.
Elle décède vers 45 ans, mais la fin de sa vie reste obscure. Il semble qu'elle sombra dans la pauvreté après le décès de son protecteur.
Le XVIIIè siècle
![]() Néanmoins, à la fin du XVIIIè siècle, Louis XVI, dernier roi de la monarchie absolue, imposera une réglementation.
Il est décidé que les prostituées en France seront dorénavant surveillées par la police des mœurs. Elles devront se plier à des contrôles sanitaires et à cet effet seront « encartées ». Les femmes ne choisissent pas de devenir prostituées, elles y sont amenées par des conditions d’existence qui ne leur laissent pas toujours d’autre alternative.
Il arrive qu’elles doivent fuir leur famille, mais aussi que leur propre famille anime le proxénétisme dont elles deviennent la proie. Peu importe que ce soit à Paris ou en province. Une fois toutes ces étapes franchies, elle devait puiser dans ce qui lui restait d’énergie pour satisfaire ses clients.
Marseille est une place importante de la prostitution misérable.
Pendant la saison d’hiver, les galères restaient à quai. Garnisons, forçats et criminels constituaient une proportion très importante d’hommes jeunes restés seuls.En 1720, une nouvelle épidémie de peste tua la moitié des Marseillais. Les bordels étaient encore couramment appelés « lupanars ».
A contrario, le déménagement fréquent d’un établissement ne laissait rien présager de bon et était surtout assimilé à une fuite.
Les bordels les plus mal cotés à Marseille, étaient sans conteste les baraques crasseuses tenues par des Turcs.
Ces derniers exploitaient et exposaient souvent des enfants abandonnés ou orphelins : les passegavètes. Le plus sordide c’est que les enfants étaient laissés à disposition des malfrats par les hôpitaux de tutelle.Dans d’autres cabarets minables, c’était le sort des servantes qui faisait frémir.
Parallèlement à toute cette misérable exploitation, existaient quelques établissements de luxe installés dans les quartiers chics de la ville et fréquentés par des catégories sociales privilégiées.
Prestations luxueuses et discrétion étaient de rigueur bien évidemment. Ces quelques établissements exceptés, la prostitution s’articulait surtout autour des quartiers du port, des forts et des hôpitaux, endroits qui devenaient de véritables coupe-gorges.
La fréquence des affaires judiciaires liées à cette seule activité est révélatrice de l’importance de la prostitution à l’époque.
Néanmoins, au XVIIIè siècle, à cause de très nombreux abus révélés, l’échevinat se passa de l’approbation des évêques qui avaient pris la fâcheuse habitude d’empiéter sur l’autorité des tribunaux laïcs. En Belgique, ce phénomène n’est pas étranger à la forte poussée démographique et à la misère grandissante suite au net recul de l’industrie du textile entre autres.
Les historiens laissent toutefois entendre que les prostituées étaient essentiellement citadines.
Prochain chapitre : la prostitution du 19è au 21è siècle. by TokyWoky Commentaires de cet article sur C4N : (16)
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