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La prostitution de la femme du XIXè au XXI è siècle. |
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| 20-11-2011 23:57 - 2234 visites - Flux Société, Education - Ecrit par Nadine - Lire son flux RSS | |
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Le XIXè siècle en France voit monarchie et république se succéder avec leur cortège de turbulences et d’abominations.
Les lois "Ferry" de 1881 et 1882 rendent l'école laïque, obligatoire et gratuite. Dans l’aristocratie, ou ce qu’il en reste, ce sont les pères qui invitent leurs fils à se rendre auprès de courtisanes pour affirmer leur virilité.
Les maisons de luxe réputées, qui reçoivent entre autres les hommes politiques, considèrent fort bien leurs pensionnaires qui doivent avant tout rester élégantes et distinguées. Ces dernières ne sont pas subordonnées à une cadence, c’est-à-dire tenues à un nombre élevé de passes. A l’inverse, existent les « maisons d’abattage », où les conditions de travail sont bien souvent sordides.Les pensionnaires peuvent être amenées à effectuer 100 passes par jour. Ces derniers établissements fonctionnent sous l’autorité des municipalités.
Flaubert (1821-1880), fils de famille bourgeoise, décrit fort bien cette situation à travers ses analyses psychologiques, entre autres dans « Madame Bovary » et « L’éducation sentimentale ».
Néanmoins en cas de désobéissance, des punitions administratives sont élaborées et la prison ou l’infirmerie-prison sont le passage obligé pour de très nombreuses prostituées clandestines.
Son « Appel au peuple sur l’affranchissement de la femme » dénonce une prostitution légale de la femme à travers l’institution du mariage. L’opinion publique scandalisée réagit vivement et elle est aussitôt taxée d’immoralisme. A peine la trentaine abordée, elle se suicide d'une balle dans la tête la même année. Nonobstant, des pétitions en faveur du rétablissement du divorce circulent.A deux reprises les députés votent en faveur de la loi qui est néanmoins rejetée par la Chambre des pairs. Ce XIXè siècle jette un double regard sur la prostitution : «admiration/répulsion », l’éternelle dualité.
La société est alors très influencée par la religion, et parallèlement la science a découvert que la nature pouvait aussi détruire. Or la femme véhicule la syphilis. A Paris, les malades affluent à l’hôpital de Lourcine, qui sert également d’asile aux enfants dont les parents meurent du choléra.
"Madame" dans la maison Tellier
«On allait chaque soir, vers onze heure, comme au café, simplement. Ils s’y retrouvaient, à six ou huit, toujours les mêmes, non pas des noceurs, mais des hommes honorables, des commerçants, des jeunes gens de la ville ; et l’on prenait sa chartreuse en lutinant quelque peu les filles, ou bien on causait sérieusement avec Madame, que tout le monde respectait.
Le préjugé du déshonneur attaché à la prostitution, si violent et si vivace dans les villes, n’existe pas dans la campagne normande.
C’étaient de braves gens qui se firent aimer tout de suite par leur personnel et des voisins. Monsieur mourut d’un coup de sang deux ans plus tard. Sa nouvelle profession l’entretenant dans la mollesse et l’immobilité, il était devenu très gros, et la santé l’avait étouffé ».
Néanmoins il m’apparaît utile de mettre un bémol sur cette description presque idyllique dans la mesure où les prostituées qui évoluaient en « maisons de tolérance », telle la maison Tellier, vivaient sous la dépendance de la tenancière de l’établissement. Cette dernière conservait leurs papiers et argent mais surtout contrôlait leurs sorties qui restaient rares. Un code vestimentaire est toujours présent. En évoquant la prostitution dans « Paris, ses organes, ses fonctions et sa vie jusqu’en 1870 », Maxime Du Camp ne fait-il pas état de « …Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée... » Le port du châle par des gourgandines pose un problème de tolérance dans cette société qui en a fait un accessoire vestimentaire porté par la plupart des "honnêtes femmes".
Les prostituées demeurent sous la surveillance de la police et des médecins qui les soumettent à une visite médicale hebdomadaire.
Sous couvert de conserver leurs autorisations d’exploitation administratives, des signes distinctifs doivent permettre aux établissements d’être reconnus : lanterne sur la façade, vitres opaques ou persiennes verrouillées et porte d’entrée surplombée d’un numéro aux dimensions extravagantes. En fait c’était surtout la hauteur des chiffres qui pouvait atteindre 60 cm, qui déterminait l’activité exercée à l’intérieur de l’immeuble, un peu comme une affiche publicitaire.
A Paris, la prostitution se répand partout et les règles vestimentaires ne font plus autorité. La prostitution "française" s'étend extra-muros. Dès 1831, la France institue des quartiers de prostitution à Alger mais également dans ses autres colonies africaines.
Eponine (Les Misérables - Victor Hugo)
"Marion Delorme" - Pièce de Victor Hugo
Dans l’Europe industrielle de ce siècle, les ouvriers sont très mal payés et leurs conditions de travail, pénibles voire atroces.
L’impunité est assurée pour ces gougnafiers, dans la mesure où les femmes n’osent ou ne peuvent réagir.
Il est toutefois cocasse de lire qu’elle avait dû obtenir une autorisation de la préfecture de Paris pour pouvoir porter un costume d’homme.
Début XXè s à Paris - French cancan
![]() Les prostituées déclarées sont « mises en carte ». Aujourd’hui on utiliserait le mot « fichées ». Au début du siècle, arrivée ou déménagement dans une ville doit être déclaré au commissariat.Il faut préciser que ces mesures ne font pas l’objet d’une réglementation nationale. Elles sont prises à la discrétion des municipalités et laissées à l’arbitraire des services de police, ce qui explique que la pratique de la prostitution est rendue plus ou moins facile et accessible d’une ville à une autre. Il n’empêche que les prostituées sont nombreuses à négliger les règles imposées, et dans bien des endroits, la police perd rapidement leur trace. L’autorité de l’Eglise fait force de loi jusqu’au XVIIIè siècle, et même en ce début de XXè siècle, oser contester cette « vérité » fait figure d’impiété.
Le mouvement abolitionniste obtient des succès et sa lutte aboutit à des accords internationaux en 1904, 1910, 1921 et 1933 suivis de mesures prises par la Société des Nations en 1927 et 1932. Conformément aux progressions acquises, la législation évolue favorablement après la seconde guerre mondiale.En 1946, est votée en France la loi Marthe Richard, du nom d’une prostituée (1889-1982) ; loi qui s’attaque aux formes sournoises de proxénétisme et qui aboutit à l’interdiction de l’exploitation de maisons closes.
Marthe Richard
Si ce fut une victoire incontestable, officiellement cette loi ne mit pas fin à l’existence des maisons closes, pas plus qu'elle n’entrava leur développement. La Déclaration des Droits de l’Homme intervient 2 ans plus tard sous l’égide des Nations Unies et le 2 décembre 1949 est signée la « Convention pour la répression de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui ». A l’instar des Pays-Bas, plus modérément de la Belgique, et sous le principe très honorable de santé publique, l’idée de la réouverture de lieux destinés à la prostitution est régulièrement évoquée en France vers la fin du XXè siècle. Dessin Niconardo
![]() Le monde politique est influencé par l’économie et le commerce de la prostitution qui ne concerne plus uniquement la femme.
![]() Prostitution légale et encadrée par des lois, maisons closes légale et encadrée par des lois Prostitution légale et encadrée par des lois, mais les maisons closes sont illégales Prostitution (échange d'argent pour des relations sexuelles) légale, mais pas réglementée, les activités organisées (maisons closes ou proxénétisme) sont illégales Prostitution illégale-les prostituées sont punies par la loi Les clients sont punis par la loi, mais pas les prostituées Non renseigné
Dégageant cependant des budgets et des gains considérables, les très nombreuses associations de lutte contre le proxénétisme et la prostitution, les multiples productions cinématographiques traitant de la prostitution de la femme et de l’enfant, les campagnes publicitaires ou d’information, les animations en tous lieux et places de conférences, et l’extraordinaire abondance d’articles de presse ne semblent toujours pas contrarier ni contrer le puissant lobby pro-proxénétisme qui, sans la moindre retenue avance un argument d’une imbécilité et d’une perversité incommensurables, à savoir :
- « Peut-on priver les personnes handicapées d’une vie sexuelle que seules les prostituées seraient susceptibles de leur servir ».
Lors d‘un récent débat public, un homme paraplégique avait répondu à cet argument irrecevable :
Que n'ai-je été sidérée d'entendre des élu(e)s « Verts » proposer une mesure de protection pour les prostituées; à savoir un centre contrôlé par les inspecteurs du Travail et de l’Hygiène, plutôt que le Bois de Vincennes. Cette réflexion dénote d’une sérieuse méconnaissance du dossier, mais aussi de l'ignorance de mesures semblables totalement inefficaces souvent prises par le passé, de la cruelle réalité du présent…et du nombre réel d’inspecteurs du Travail et de l’Hygiène encore sur le terrain en France. Comme vous sans doute, je constate amèrement que nos Institutions se font trop souvent la complice passive de pratiques crapuleuses inavouables et intolérables.
Nous sommes face à une image parfaitement abstraite de l'être humain qui est imposée à une société formatée. Tandis que le CDH belge (parti humaniste) a lancé une campagne contre la prostitution s’opposant fermement à la création d’Eros Center; le 13 avril 2011 en France, une énième mission d’information parlementaire de l’Assemblée Nationale sur la prostitution, qui précise en outre « qu’il ne s’agit pas d’emprisonner la majorité des clients » a rendu un rapport qui « devrait » déboucher sur une loi en 2012. Vœu pieu ? Oxymore ? Le «Lobby européen des Femmes » vient de lancer une campagne pour éradiquer la prostitution en Europe. Céline FREMAULT, députée bruxelloise et présidente des femmes du CDH, déclare :
Pourtant il semble bien qu’une fois encore les sites pornographiques et autres escort-girls ne seront pas inquiétés. C’est la seule prostitution de rue qui est ciblée.
Commentaires (38)
SOPHY a dit:
Nadine a dit:
SOPHY a dit:
zelectron a dit:
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Nadine a dit:
zelectron a dit:Nadine a dit:siempre a dit:
Mozarine a dit:Nadine a dit:
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Nordi a dit:Nadine a dit:
Nordi a dit:Nadine a dit:
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