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20 Jun 2008
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La non-prolifération en question

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Le Traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP) doit être "réparé" d'urgence. 40 années après son adoption (12 juin 1968 par l'Assemblée générale des Nation unies), il y a toutes les raisons d'affirmer que ce traité subit des à-coups trop graves pour pouvoir être encore considéré comme un mécanisme efficace de sécurité collective.

La non-prolifération en question
Par Piotr Gontcharov, RIA Novosti


La préparation de ces "réparations" a eu lieu ces jours-ci à Rome, au cours du séminaire international de préparation de la "Conférence-2010 sur l'examen des effets du TNP". L'événement était organisé par la Conférence internationale de prévention des catastrophes nucléaires (Luxembourg) et le mouvement Pugwash.

Les participants au séminaire ont abordé de nombreux problèmes, mais n'ont pas jugé nécessaire de maintenir le TNP tel qu'il se présente aujourd'hui. Le fait est que, d'une part, c'est un des traités internationaux les plus rigoureusement respectés, qui compte un nombre imposant de signataires et qui est garant de la sécurité collective globale, mais, d'autre part... le traité n'a pas empêché les tentatives de l'Irak, de la Libye, de la Corée du Nord, de Taïwan et de l'Afrique du Sud de créer leurs propres armes nucléaires. Le TNP s'est également avéré être un mécanisme absolument impuissant à l'égard d'Israël, de l'Inde et du Pakistan, qui ont conçu leurs propres armes nucléaires sans être signataires du traité et sans bénéficier d'une aide extérieure, c'est-à-dire légalement.

De plus, le traité comporte des articles permettant aux pays signataires non nucléaires de développer presque légalement leur propre programme nucléaire militaire et, une fois arrivés au niveau souhaité, de se retirer du TNP. C'est ce qui a été fait par la Corée du Nord, qui a annoncé son retrait en 2003. Quant à l'Inde, qui n'a jamais signé le TNP, rien ne pouvait lui être reproché: elle n'a enfreint aucun engagement pris.

Le même problème se pose aujourd'hui avec l'Iran. Il y a de fortes chances qu'il répète "l'expérience" de la Corée du Nord. Le dossier nucléaire iranien a d'ailleurs figuré en bonne place au programme du séminaire de Rome. La défense antimissile en Europe, l'élargissement de l'OTAN à l'Est et, en fait, le sort du TNP lui-même sont directement liés à cette question. Ainsi, de l'avis de Mark Fitzpatrick, expert de l'International Institute for Strategic Studies (Grande-Bretagne), si l'on ne réussit pas à persuader Téhéran de renoncer à développer ses propres technologies d'enrichissement de l'uranium, et si l'on admet leur création par l'Iran, alors l'Egypte et la Turquie annonceront bientôt leur intention d'acquérir leurs propres technologies en la matière.

On ne peut pas dire que tous les participants à la conférence aient été unanimes quant au choix des solutions à apporter au problème iranien. M. Fitzpatrick propose de continuer à faire pression sur l'Iran selon la formule du Conseil de sécurité de l'ONU: "aucun enrichissement d'uranium" et durcissement des sanctions.

Hans Blix, président de la Commission internationale indépendante pour les armes de destruction massive, ancien chef de l'AIEA, s'en tient à une position semblable. Il admet un durcissement des sanctions économiques et financières, mais estime qu'elles doivent rester "ponctuelles" et dirigées contre les secteurs industriels iraniens d'extraction et de raffinage du pétrole, ainsi que contre le secteur énergétique. D'autre part, Hans Blix estime que les mesures diplomatiques sont encore loin d'être épuisées.

Le secrétaire général du mouvement Pugwash, Paolo Cotta-Ramusino, est quant à lui resté très prudent au sujet des sanctions. Il estime qu'il faut baisser considérablement le ton dans le dialogue avec Téhéran. De l'avis de l'expert italien, le fait même de l'existence de la coopération de l'Iran avec l'AIEA et les propositions iraniennes faites en faveur de cette coopération témoignent que Téhéran est prêt à poursuivre le dialogue diplomatique en vue de régler le problème.

La prudence a également prédominé au sujet de la création au Proche et au Moyen-Orient d'une zone "exempte d'enrichissement de l'uranium" en tant que premier pas vers l'apparition d'une future zone dénucléarisée dans l'ensemble de la région.

Bien entendu, la promotion de l'idée des zones dénucléarisées serait un instrument efficace de renforcement du régime de non-prolifération des armes nucléaires dans la région. Cette thèse est incontestable, d'autant que l'apparition de ces zones a été abordée en même temps que la question de l'octroi par les puissances nucléaires de garanties aux Etats qui ne détiennent pas d'armes nucléaires.

Mais cette voie n'est pas sans écueils. Selon Paolo Cotta-Ramusino, l'idée de créer au Proche-Orient des zones exemptes de technologies d'enrichissement nucléaire "ne sera pas comprise" et, par conséquent, elle ne recevra pas le soutien des Etats arabes si Israël est exclu de ce processus.

Les participants à la conférence ont fait preuve de la plus grande coïncidence de positions sur le respect par les grands Etats de leurs fonctions et de leurs engagements concernant le TNP. Il s'agit des engagements des principaux Etats nucléaires concernant la réduction de leurs armements nucléaires, comme l'exige l'article 6 du traité.

De l'avis général, les principales puissances nucléaires, en premier lieu les Etats-Unis et la Russie, "ont gelé" les négociations sur la réduction des armements nucléaires, alors que c'est justement à Moscou et Washington de prendre l'initiative dans le processus de désarmement. En ce qui concerne, par exemple, la France, comme cela a été déclaré au cours de la conférence de presse générale des participants au séminaire, elle n'a aucune intention d'engager des négociations sur la réduction de ses forces nucléaires, car celles-ci sont incomparables avec les potentiels des Etats-Unis et de la Russie.

En fait, l'Iran s'en tient à la même position. Téhéran pose déjà la question du bien-fondé des critiques avancées à son encontre, selon lesquelles il n'appliquerait pas les exigences du TNP: que valent ces critiques si les Etats nucléaires eux-mêmes ne respectent pas leurs engagements sur le désarmement formulés dans le TNP?

Le paradoxe principal de la situation actuelle autour du traité est que personne ne veut admettre qu'il a vieilli. Personne ne pose la question de l'élaboration d'un autre document sur la non-prolifération qui pourrait remplacer le TNP. Tout le monde souligne "son importance et sa grande valeur en tant que fondement du régime de non-prolifération des armes nucléaires". En même temps, tous (ou presque tous) admettent qu'il faut changer quelque chose à propos du TNP. Bref, on est sur ce point en présence d'une crise, comme l'avait souligné en son temps l'ancien secrétaire général de l'ONU Kofi Annan.

Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l'auteur.

Alter Info l'Information Alternative

Lire la suite : http://www.alterinfo.net/La-non-proliferation-en-question_a20970.html.

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ecolonews a dit:

Une réserve d'uranium arrive d'Irak au Canada dans le plus grand secret


Le dernier grand vestige du programme nucléaire de l'ex-président irakien Saddam Hussein, une énorme réserve d'uranium naturel concentré, est arrivé au port de Montréal, samedi.

Le navire transportant la réserve d'uranium a fait escale à Montréal, dans le cadre d'une opération américaine top secrète.

La réserve d'uranium a d'abord été transportée par avion, à partir de Bagdad, et elle a traversé deux océans.

Le retrait de 550 tonnes métriques de "yellowcake", un ingrédient de base à l'enrichissement nucléaire, a permis de franchir une étape importante pour mettre fin à l'héritage nucléaire de Saddam Hussein.

L'opération a également soulagé les autorités américaines et irakiennes.

Les deux pays s'inquiétaient de voir la réserve du dérivé d'uranium tomber entre les mains d'insurgés ou de contrebandiers qui l'auraient acheminé vers l'Iran, dont les ambitions nucléaires inquiètent la communauté internationale.

Le gouvernement irakien a vendu l'extrait d'uranium à un producteur canadien d'uranium, Cameco Corp. La compagnie aurait déboursé des dizaines de milliers de dollars pour l'acquérir.

Un porte-parole de Cameco, Lyle Krahn, a affirmé que le dérivé d'uranium sera transformé dans des lieux de gestion, en Ontario, et utilisé dans des réacteurs qui produisent de l'énergie.

"Nous sommes contents ... d'avoir retiré (le 'yellowcake') d'une région explosive pour le déplacer vers un territoire plus stable et produire de l'énergie propre", a indiqué M. Krahn.

L'entente est le résultat d'intiatives diplomatiques et militaires lancées il y a un an, mais qui avaient été tenues secrète pour éviter toute embuscade ou attaque contre le convoi une fois l'opération démarrée.

Le "yellowcake" ne pose aucun grand risque s'il est conservé et scellé convenablement.

Une exposition au dérivé d'uranium peut toutefois entraîner des risques connus pour la santé. Selon les experts, les risques sont semblables à ceux occasionnés par certains métaux lourds qui causent des dommages aux organes internes.
 
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