233130 avis
La Massai blanche : un livre , un film , une aventure .... |
|
| 03-05-2009 20:45 - 2651 visites - Flux Culture, Livres, Poésie - Ecrit par AWANEKKINNAN - Lire son flux RSS | |
L'histoire à l'époque où elle a été éditée, a eu un vif succès à travers le monde ...en 2004 elle retournera dans ce pays qu'elle considérait comme le sien en vue de tourner le film de cette aventure qui aurait pu rester merveilleuse et il est étonnant que le film soit totalement passé inaperçu en France malgré de bons acteurs et une bande son particulièrement réussie.
Le livre n'est pas spécialement bien écrit ,son langage est simple, sans recherche , sans envolée lyrique , sans mots qui émeuvent , ce n'est tout simplement qu'un carnet de vie avec des phrases courtes,des dialogues inexistants , mais pris par l'histoire et par "l'exotique" de l'aventure on en oublie les mots pour imaginer les
paysages , et la vie qui nous semble dépaysant et riche pour quelques jours de vacances (!)mais irréelle pour toute une vie .. Est ce la jalousie qui pousse le beau guerrier à boire comme le pense Corinne , est ce qu'une fêlure s'est produite dans l'esprit du massai par un jeu de circonstances ou l'aide des maléfices, est ce simplement son incompréhension face à une femme dont il ne saisit pas toujours les pensées , les réactions , les attitudes ... Ce livre est à lire aussi pour mieux comprendre que parfois le plus grand des amours ne peuvent résister à des éducations , des coutumes différentes . Nous y découvrons aussi , que le mythe du beau massai homme superbe , un peu le prince charmant des rêves de petites filles occidentales , n'existe pas parmi les kenyans des villes , plus ouverts vers le monde . Ils ont beau être magnifiques avec leur peau d'ébène et leurs corps musclés , les massai n'en restent pas moins des hommes d'un monde qui se meurt ,des guerriers qui comme les touareg essayent de s'adapter à la vie d'aujourd'hui sans rejeter leurs racines , qui se trouvent à la croisée de deux vies totalement différentes l'une pétrie de traditions et l'autre menée par l'instruction , l'argent ... Il est difficile d'admettre qu'une femme choisisse une vie aussi" rustique" alors qu'elle a été élevée dans le confort de la suisse , dur à imaginer qu'une femme occidentale d'une trentaine d'années paraisse aussi inconséquente en décidant de donner la vie à un enfant alors qu'elle côtoie maladie , disette ,bien sûr me direz vous c'est le choix de vie qui lui plaisait mais doit on entrainer d'autres que soi même dans de telles aventure ! Avec un tant soi peu de "jugeote" elle aurait réalisé que des désaccords interviendraient pour l'éducation de son enfant . Après seulement deux ans de vie commune alors qu'elle même a déjà découvert l'inclinaison de son époux vers l'alcool elle souhaite un enfant , leur petite fille naitra avant terme dans un hôpital de brousse.Elle peut être contente que tout finalement se soit bien passé , car elle savait qu'au Kenya l' enfant est à l'homme , elle n'a ni plus ni moins que kidnapper son enfant et lorsqu'on sait les conséquences de tels drames sur les gamins on peut être étonné qu'elle n'est pas pensé à ces possibilités !Elle était pourtant consciente de son acte puisque lorsqu'elle retournera au Kenya quelques années plus tard , leur fille n'étant toujours pas majeure elle ne m'emmènera pas voir son père de crainte qu'il ne la garde.
De belles histoires entre couples que la vie a réuni alors que rien n'aurait dû les rapprocher existent, et certaines de ces histoires durent ....Il y a quelques mois je vous parlais d'une jeune canadienne tombée follement amoureuse d'un chef touareg , elle est devenue nomade comme lui mais elle a mis au monde ses enfants dans le cadre aseptisé des cliniques canadiennes , ils sont canadiens autant que maliens et pourront choisir plus tard la vie qu'ils souhaitent .
Le début du livre est un beau conte de fée et à mesure que se tournent les pages, c'est le cruel constat d'un échec , mais pas seulement pour Corinne . Ne devrait on pas laisser la parole à ce guerrier, qui lui aussi par amour accepte l'impensable comme se retrouver marchand de farine de mais !lui qui a l'habitude de femmes soumises et effacées , partage sa vie avec une occidentale s'adressant librement aux hommes, les recevant chez elle en l'absence de son époux ....
Bien sûr pour nous occidentaux, il parait inconcevable d'imaginer qu'une jeune femme doive se faire exciser même encore de nos jours ou tout autre chose que vous découvrirez au fil du récit ...mais si elle avait amené son beau guerrier en suisse aurait elle accepté qu'il prenne plusieurs épouses et se ballade avec ses cheveux rouges et ses peintures guerrières?
Sa femme a fui le pays alors que le bébé n'avait que quelques mois , il ne la reverra plus pendant de très nombreuses années , se pose t- elle la question Corinne sur le chagrin qu'elle a imposé à cet homme et cette petite fille déchirée entre deux éducations opposées...
Je reste étonnée lorsque Corinne dit qu'elle a écrit son livre à son retour en suisse ,sur l'insistance de ses amis ...elle a pour le moins une mémoire effarante lorsque l'on songe qu'avec tout ce qu'elle a vécu elle peut vous donner le prix d'une batterie voiture ou d'un quintal de riz ... mais même si , encore au Kenya , elle a pensé partager avec d'autres son histoire , même si elle a pensé pouvoir gagner quelques sous dont probablement auraient profité la famille de son massai ....
Elle aide encore aujourd'hui la famille de son mari m'a t-on dit , mais qui revient d'Afrique sans "parrainer" une famille même si elle n'est pas sienne ! quelle importance peut avoir si elle a tout vécu comme elle le dit ou si elle a un peu enjoliver ou terni son "aventure" , pourvu que dans quelques années on ne découvre pas que comme le roman "vivre avec les loups " ce n'est qu'une belle fable .
Commentaires (1)
river* a dit:Ecrivez un commentaire
|
|||||
|
Entreprises & commerces: publiez vos communiqués sur C4N
|
Trouver un article publié sur C4N
Qui écrit sur C4N ?
|
Depuis 2007 un euro gagné par article exclusif publié sur C4N
|
Infos Reporters
les revenus publicitaires sont reversés aux reporters, commentateurs et à des associations humanitaires.
Date prévisionnelle de versement des droits d'auteurs du mois d'avril :
10 juin

