La droite va de régression en régression ! Quant à la gauche…

20-07-2008 17:10 - 964 visites - Flux Tribune libre - Ecrit par fabien - Lire son flux RSS
Votes:  5 avis  

On utilise souvent le terme « conservateur » pour désigner le camp de la droite française. En réalité, c’est plutôt « réactionnaire » qui conviendrait le mieux ! Du moins en matière sociale, voire télévisuelle… Malheureusement, en face, du côté de la gauche démocratique, personne ne se révèle à la hauteur de ces coups de boutoir contre toute protection et toute régulation.
De régression en régression…

Rassurez-vous, je ne vais pas ici reprendre mon réquisitoire du mois de mars sur « ce qui pose problème » avec ce pouvoir. Depuis, il y a du nouveau ! Et notamment sur le temps de travail. Le ministre Xavier Bertrand a ainsi fait adopter par sa majorité un projet de loi qui mine un des fondements du droit social français : la hiérarchie des normes. Autrement dit, le fait qu’un accord dans votre entreprise ne puisse pas être moins favorable qu’un accord de branche ou que le code du travail. La durée légale du temps de travail, et la législation l’encadrant (heures supplémentaires, forfaits-jours…) pourront de plus en plus être contournées par des négociations se faisant entreprise par entreprise, voire de gré à gré entre l’employeur et le salarié, dans un rapport de forces totalement inéquitable, donc. Ainsi, l’employeur pourra désormais dépasser le contingent d’heures supplémentaires actuel (220h par an au max) sans organiser de repos compensateur comme il en a l’obligation. Avec les risques que cela comporte en termes de santé, et d’emploi, puisque l’embauche en cas d’augmentation de l’activité est de ce fait découragée. Pour les cadres, en utilisant toutes les possibilités du texte de loi, des accords pourront aller jusqu’à établir un plafond de 288 jours de travail (218 aujourd’hui). L’amplitude de la journée pourra s’élever jusqu’à 13 heures, ce qui « nous ramène, disons, entre 1919 et 1935 », selon Alain Vidalies (PS). Pas de quoi se réjouir, surtout quand on connaît l’augmentation régulière, depuis plusieurs années chez le personnel d’encadrement, du stress, des pressions, voire des tentatives de suicide.
Mais il y a d’autres sujets sur lesquels la droite organise la régression : prenez le logement social, par exemple. Après une première tentative sous le précédent quinquennat, le pouvoir cherche une nouvelle fois à remettre en cause la loi SRU (qui impose un quota de 20% de logements sociaux pour les grandes communes – 730). L’idée est de faire passer pour du logement social des habitations vendues à des foyers modestes, devenant donc propriétaires. Or, compte tenu de la situation actuelle, l’urgence est de développer l’offre locative, notamment pour ceux qui n’auront jamais les moyens de devenir propriétaires, même des nouveaux produits proposés par Mme Boutin (la ministre du logement).
En matière de télévision, enfin, c’est le retour à la mainmise de l’exécutif sur le secteur public. A côté de l’appauvrissement organisé de ce secteur, quoi qu’en dise ce faux-cul de Copé qui se rêve calife à la place du calife, mais se révèle souvent moins drôle qu’Iznogoud, le prince-président a décidé de nommer lui-même le président de France Télévisions. Certes, le système d’élection par le CSA avait sa part d’hypocrisie. Mais quitte à réformer, on aurait pu inventer un nouveau système avec davantage de garanties d’indépendance pour le président d’une entreprise publique pas comme les autres, puisqu’elle véhicule de l’information. Or, le prince-président Nicolas s’exclame : « puisque cette entreprise appartient à l’Etat, c’est le président qui nommera son dirigeant ». Autrement dit, l’Etat, c’est Sarko !, comme au temps de Louis XIV, ce monarque absolu du 17ème siècle auquel on prête la formule « l’Etat, c’est moi ». Lui, toujours lui, au centre de tout, lui, tout seul, tout-puissant, enivré d’être là, surjouant tous ses effets au moment de faire une annonce (il faut revoir la vidéo où il rend compte de ses décisions pour la télé publique)… Putain, quatre ans !

Et pendant ce temps-là, à gauche…

Et pendant ce temps-là, que fait la gauche ? Certes, quelques-uns de ses représentants se fatiguent encore à batailler au Parlement, mais justement ! Leur travail, leur engagement sont minés par l’inaction et le silence des ténors, de ceux qu’on attend au tournant. Alors que les 35h, malgré tous leurs défauts, ont été une grande réforme de la gauche, qui a osé les défendre ? Au moment où les syndicats défilaient dans la rue pour dénoncer la trahison du gouvernement, qui a balayé l’accord entre CGT, CFDT et Medef sur la question, pour faire plaisir aux plus réacs de l’UMP, à ce moment-là, donc, où était François Hollande, premier secrétaire du PS ? Dans la rue ? Non, mais le soir il s’est rattrapé en intervenant à la télé…dans 100% Foot, pour commenter le match des Bleus ! Je cherche encore une explication rationnelle à ce qu’il pouvait bien foutre sur ce plateau. Le même semble aujourd’hui vouloir être au cœur de la prochaine majorité au sein du pari. Mais qu’il parte vraiment ! Qu’il s’efface pour de bon, celui qui publiait il y a quelques semaines dans Le Monde une série de dix questions à traiter par les socialistes. Au bout d’une décennie à son poste, on eût préféré qu’il ait 10 réponses !!! Quant à Ségolène Royal, pourtant bien entourée…croyez-vous que sa notoriété et le poids de sa parole lui aient donné l’idée de mettre au centre du débat toutes les régressions dont nous venons de parler ? Non, elle préfère se lancer dans une juste mais mesquine remarque à propos de la libération d’Ingrid Betancourt (effectivement, notre prince-président n’y est pour rien, mais tout le monde le sait !), et parler des « visites » suspectes dans son appartement.
Affligeant… et ce sont les mêmes qui vous parlent de reconquérir l’électorat populaire ! Là-dessus, ils ont zéro pointé. Non pas parce qu’ils appartiennent à un monde différent des classes populaires, mais parce qu’ils s’y ébattent sans se faire le relais de ces dernières, sans les accompagner physiquement dans leurs combats. On peut penser ce qu’on veut d’ Olivier Besancenot (j’en pense d’ailleurs beaucoup de mal) mais ce n’est pas un hasard s’il menace de devenir une des principales figures de l’opposition. Pas besoin de créer un comité dédié à la surveillance de son ascension au sein du PS : il suffit de s’opposer, vraiment, avant de proposer, très vite.




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Commentaires (7)

Dominique Dutilloy a dit:

...
Pour faire avancer les débats, je crois devoir rappeler les pouvoirs du Président de la République, en l’occurrence : Nicolas Sarkozy, tels qu’ils sont définis par la Constitution de la Vè République…

Les sources peuvent être consultées sur :
- le site de "Présidentielle 2007" (1)
- « Les Pouvoirs Publics », ouvrage édité par le Journal Officiel de la République Française, Paris, mars 1995.

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La présidence dans la Cinquième République est la plus haute fonction de l'État Français

Le chef de l'État est :
- le détenteur du pouvoir exécutif,
- le chef des armées françaises,
- le plus haut magistrat de France,
- le grand maître de la Légion d'honneur,
- le co-prince d'Andorre.

Ses principales prérogatives sont définies dans la constitution de 1958 et ses amendements :
- Le Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l'État. Il est le garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire et du respect des traités (Article 5 de la Constitution de la Vè République).
- Il nomme le Premier ministre et met fin à ses fonctions sur présentation par celui-ci de la démission du Gouvernement. Sur la proposition du Premier ministre, il nomme les autres membres du Gouvernement et met fin à leurs fonctions (Article 8 de la Constitution de la Vè République).
- Il préside le Conseil des ministres (Article 9 de la Constitution de la Vè République).
- Il promulgue les lois dans les quinze jours qui suivent la transmission au Gouvernement de la loi définitivement adoptée (Article 10 de la Constitution de la Vè République).
- Il signe les ordonnances et les décrets délibérés en Conseil des Ministres (Article 13 de la Constitution de la Vè République).
- Sur proposition du gouvernement ou des deux chambres, il peut soumettre une loi ou une ratification de traité à un referendum (Article 11 de la Constitution de la Vè République).
- Il peut, après consultation du Premier ministre et des présidents des assemblées, prononcer la dissolution de l'Assemblée nationale. Il ne peut être procédé à une nouvelle dissolution dans l'année qui suit la première (Article 12 de la Constitution de la Vè République).
- Il accrédite les ambassadeurs et les envoyés extraordinaires auprès des puissances étrangères (Article 14 de la Constitution de la Vè République).
- Il est le chef des armées. Il préside les conseils et comités supérieurs de la Défense nationale (Article 15 de la Constitution de la Vè République) .
- Lorsque les institutions de la République, l'indépendance de la nation, l'intégrité de son territoire ou l'exécution de ses engagements internationaux sont menacés d'une manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu, le Président de la République prend les mesures exigées par ces circonstances, après consultation officielle du Premier ministre, des présidents des assemblées ainsi que du Conseil constitutionnel. Il en informe la Nation par un message. Ces mesures doivent être inspirées par la volonté d'assurer aux pouvoirs publics constitutionnels, dans les moindres délais, les moyens d'accomplir leur mission. Le Conseil constitutionnel est consulté à leur sujet. Le Parlement se réunit de plein droit. L'Assemblée nationale ne peut être dissoute pendant l'exercice des pouvoirs exceptionnels (Article 16 de la Constitution de la Vè République).
- Le Président de la République a le droit de faire grâce (Article 17 de la Constitution de la Vè République).

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(1) - http://www.presidentielle-2007.net/pouvoirs.php
 
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21 July 2008 | url
Votes: +1

Moka a dit:

Tsss
"Régression", c'est le mot employé par l'opposition pour qualifier les réformes nécessaires de l'état.

La gauche, dans sa grande démagogie, promet toujours de distribuer de l'argent à tous les français (comme la promesse phare de Ségolène Royal concernant l'augmentation du Smic, qu'elle a ensuite qualifié d'irréalisable et de purement hypocrite).
La droite fait les réformes nécessaires pour redresser la France (réforme des retraites, suppression de postes de fonctionnaires...), en étant impopulaire.
Et la gauche récupère les mécontents...
 
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22 July 2008
Votes: +0

new reporter a dit:

...
Moi j'ai vu une interview de Jack Lang, il n'a pas été tendre avec ses amis.

S'ils l'ennuient un peu trop il pourrait faire exploser le PS.
 
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22 July 2008
Votes: +0

Dominique Dutilloy a dit:

@ Moka
Moka, ce que la Gauche ne voit pas, c'est qu'elle va, tout comme la Droite et le Centre, bénéficier des avantages de cette réforme... Bien sur, elle devra en supporter les inconvénients...
 
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22 July 2008 | url
Votes: +0

new reporter a dit:

...
Ce qui est surprenant, c'est que des députés de gauche déclarent qu'ils auraient bien voté pour mais qu'ils ont obéi à leur parti. C'est bien la peine de critiquer la droite sur la pression faite sur les députés.

Finalement le seul à avoir eu du courage à gauche est Jack Lang.

 
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22 July 2008
Votes: +0

VAUTIER a dit:

...
Qu'en est t-il de la modification des droits du président de la république sur l'armée , j'aimerais bien le savoir !!!!
 
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23 July 2008
Votes: +0

new reporter a dit:

...
J'ai relu votre article, je crois que la gauche actuelle a surtout un problème de renouvellement.

Avec Martine Aubry, on prend les mêmes et on recommence.

Les mêmes personnes, les mêmes solutions qui n'ont pas fonctionné.
 
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29 January 2009
Votes: +0

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